Bruno:
On devient dev un peu pour une raison un peu magique, transformer un fichier texte en quelque chose qui n'existait pas. Et puis on arrive sur le terrain et on découvre que le vrai métier, c'est qu'au final c'est plus de réparer ce que d'autres ont bâti, désamorcer des stacks legacy et courir après des besoins clients qui changent plus vite que nos propres outils. Il existe même un titre maintenant pour ça, c'est le Forward Deployed Engineer. A l'origine, c'est du jargon militaire, ce sont les unités qu'on envoie au plus près du front, loin de la base, là où ça s'ajoute vraiment, pas pour observer la bataille mais pour la faire s'adapter au terrain et improviser avec ce qu'on a sous la main. Mais alors, le vrai métier du FDE, est-ce que c'est d'écrire du code ou de décoder ce que le client veut vraiment ? Est-ce qu'on invente ce métier au fur et à mesure ? Et surtout, est-ce qu'à force de tout déployer avant que ce soit vraiment prêt, est-ce qu'il faut ajouter le rouleau de scotch à la stack technique officielle ? Pour répondre à ces questions d'adaptation, je ne reçois pas à Géo Trouve Tout, mais elle s'y connaît en invention géniale. Léa, bonjour.
Léa:
Bonjour, j'adore cette intro.
Bruno:
Alors Léa, est-ce que tu pourrais te présenter pour les quelques personnes qui ne te connaîtraient peut-être pas ?
Léa:
Oui, alors moi j'appelle Léa BND, je suis Forward Deployed Engineer chez Adobe et à côté de ça, je suis influence au stake sur les réseaux sociaux.
Bruno:
Ok, alors et avant de creuser ce qu'est ce rôle de FDE, de Forward Deployed Engineer, est-ce que tu pourrais nous dire ce que déjà toi, ce qui t'a amené, qu'est-ce qui fait que tu t'es dit j'ai envie d'être développeuse ?
Léa:
Alors moi, pour le coup, mon histoire n'est pas celle de quelqu'un qui a découvert le PC à 12 ans, qui a craqué son premier logiciel avant de savoir écrire. Je suis rentrée dans la tech relativement tard. J'ai toujours aimé les sciences, j'ai toujours adoré les maths, j'ai adoré la logique. Mais parce que je n'avais pas forcément d'ordinateur chez moi ou parce que dans la famille, ce n'était pas trop trop répandu, ce n'est venu qu'à mon premier cours de Python en école d'ingé. J'ai choisi un peu l'école d'un jeu informatique par hasard, pas forcément plus par passion mais juste pour continuer à faire des sciences, Et en fait, quand j'ai découvert ce premier cours où en écrivant quelques lignes, on arrive à faire quelque chose, j'ai trouvé ça absolument magique. Et à partir de là, ça m'a pris et ça ne m'a pas lâché. Ça fait comme une addiction.
Bruno:
Je pense qu'on revient tous dans ce métier-là un peu pour ça. Enfin, en majorité, je sais que c'est aussi un métier que des gens pratiquent parce que c'est un métier comme un autre et que ça peut s'apprendre. Et que pendant longtemps, ça a été un métier qui payait bien. Mais je pense que pour beaucoup, on rejoint ce métier parce que le fait de pouvoir construire quelque chose avec nos mains, il y a quand même quelque chose d'un peu magique.
Léa:
Il y a un côté artisanal aussi et de créatif, je pense que c'est un métier qui est profondément créatif, peut-être on ne le mentionne pas assez, mais le fait de juste penser toujours à des idées innovantes et des moyens un peu nouveaux de résoudre des problèmes, c'est profondément créatif.
Bruno:
Alors j'ai effectivement beaucoup d'invités qui venaient ici dire que le dev était un métier d'artisan, moi j'avais souvent tendance à dire que c'était plutôt un métier d'artiste parce qu'on a un côté d'inspiration que parfois t'as une panne d'inspiration et tu produis du code qui est absolument pourri et puis d'un coup t'as une espèce d'épiphanie et tu vas coder pendant une heure d'affilé exactement. Et du coup, il y a deux ans, c'était sur l'été 2024, j'ai fait une série d'épisodes spéciaux qui étaient « Est-ce que le dev est un métier d'artisan ou un métier d'artiste ? » et j'ai reçu des artisans et des artistes pour nous parler de leur métier et essayer de comprendre si c'est plutôt un métier de quel les deux on se rapproche. J'ai reçu Yannick Hélèneau, le chef étoilé, j'ai reçu une meuf dans le... La création de céramique, pardon. J'ai reçu une maroquinière, j'ai reçu un humoriste, j'ai reçu un chanteur, j'ai reçu une peintre. Et c'était absolument passionnant. Et ce qu'il en ressort, c'est qu'on fait un peu des deux. Et que ça dépend de l'intention que tu mets derrière. Et je vous recommande à tous d'aller écouter cette série. Parce qu'elle est assez sympa.
Léa:
Super intéressant.
Bruno:
Avant d'arriver sur ce rôle de FDI, ça a été quoi un peu ton parcours ? Qu'est-ce qui t'a permis, dans ce parcours-là, d'arriver sur ce rôle de forward deployment engineer ?
Léa:
Alors moi, j'ai commencé à vraiment apprendre à coder en 2017, on va dire à peu près 2017. J'ai commencé mes études, donc à ce moment-là, on était très, très, très, très loin de l'écosystème qu'on a aujourd'hui autour de la tech et de l'IA. Donc voilà, je me suis dit, voilà, je vais devenir, à l'époque, j'ai commencé d'abord comme Dev Frontend, j'ai fait une première mission en freelance quand j'étais encore en études. Ensuite j'ai un peu touché au monde de la blockchain en montant une startup avec des amis un peu plus tard, je me suis vraiment formée en mode full stack avec un petit peu de connaissances sur du smart contract en rejoignant une startup qui était dans le web 3 aussi donc pour moi le plus innovant pour moi était le web 3, et puis je me suis dit je vais devenir dev full stack, balèze de fou bosser dans une gaffe femme j'en sais rien et puis faire du software coder toute la journée et m'éclater Sauf que 2021-2022, CHGPT est arrivé, ça tombait vers la fin de mes études, donc je m'étais déjà engagée en stage et en expérience dans une ESN comme développeur. Et puis, j'ai vu le monde un petit peu changer, comme tout le monde, je pense. J'ai vu la tendance changer, tout d'abord dans les médias, les réseaux sociaux, évidemment. Et puis, dans la vraie vie, entre guillemets, dans les projets qui tombaient de nos clients, où de plus en plus, on voyait de la demande pour, voilà, je veux mon propre chatbot, je veux mon propre chat GPT, comme tout le monde. On commençait à parler de rague, on parlait d'agentique. Et en fait, au début, je pense qu'encore une fois, comme tout le monde, j'anticipais la vague comme étant une tendance passagère. Mais plus je voyais les investissements monter plus je voyais le besoin un peu se préciser plus je me suis dit ok là il y a un truc à faire il faut que je monte dedans donc j'ai un peu orienté mon parcours par rapport à ça en me formant aussi de mon côté énormément, avec des rudiments de data science machine learning etc mais aussi dans tous les fondements de data, data analyse, de manipulation de données etc, Pour après me positionner sur des projets vraiment IA. Et c'est un peu suite à ça que j'ai fait mes trois ans vraiment à me spécialiser comme AI engineer. Et après, le métier de FDE est arrivé. Je pense qu'on va rentrer plus en détail sur ce que c'est. Mais voilà, j'ai continué à chercher à m'orienter de plus en plus vers l'IA en restant un peu attentive au marché, aux technologies qui devenaient entre guillemets à la mode sur lesquelles me former pour toujours être un peu réactive au marché.
Bruno:
Sur cette période de formation et d'apprentissage on va dire sur tous les aspects d'IA ça a été quoi ton focus ? C'est de te dire comment je fais pour intégrer de l'IA dans les features c'est comment est-ce que je fais pour utiliser l'IA pour développer des features ou c'était carrément je vais aller essayer d'entraîner des modèles de construire des modèles moi-même ?
Léa:
En fait mon positionnement était assez simple c'est que je voulais me dire que si demain, un client arrive avec une demande qui concerne de près ou de loin de l'IA je veux être la personne à qui on pense donc je veux que dans l'ESN on se dise ok Léa, elle, l'IA elle connaît on la positionne dessus que ce soit pour un peu le texte storytelling et pouvoir décortiquer le besoin parce qu'il y a une grosse problématique par rapport à ça déjà, mais aussi pour être force de proposition sur de l'architecture parce que c'est des technologies qui sont tellement récentes qu'il faut y dédier un petit peu du temps pour comprendre quelles sont les limitations quelles sont les possibilités et donc c'était très important pour moi de pouvoir, apporter vraiment de la valeur dans les réponses. Pas juste rester en surface, mais pouvoir poser les bonnes questions et puis, proposer des solutions qui sont vraiment pertinentes et qui apportent vraiment de la valeur. Pas juste mettre de l'IA pour mettre de l'IA. Donc, je n'utilisais pas trop finalement d'IA pour coder à ce moment-là. C'est assez récent. L'IA, j'étais très réticente à l'idée de l'utiliser pour coder. Mais par contre, c'est implémenter vraiment des pipelines qui intègrent des modèles d'IA pour nos clients.
Bruno:
Après, c'est vrai que le codage avec l'IA, ça a vraiment explosé avec l'arrivée de Cloud Code fin 2025. Donc c'est hyper récent en fait on a l'impression que maintenant ça paraît une évidence pour beaucoup mais c'est effectivement hyper récent tout.
Léa:
À fait et puis même là c'est jusqu'à là depuis début 2026 je pense que j'utilise vraiment l'IA pour.
Bruno:
Coder avant.
Léa:
Ça j'étais une des dernières à adopter c'est assez contradictoire parce que c'est tout mon métier mais j'étais encore très hands-on dans tout ce que j'implémentais jusqu'à il y a peu.
Bruno:
Alors d'ailleurs j'en profite parce que je pense jamais à le faire suffisamment tôt mais en fait le petit disclaimer classique quand on parle des sujets d'IA on enregistre cet épisode en mai 2026 donc en fonction du moment où vous l'écoutez il y a peut-être beaucoup de choses qui ont changé mais qu'on ne connaissait pas forcément au moment où on enregistrait avec Léa, donc c'est arrivé sur ce rôle de Forward Deployed Engineer est-ce que, est-ce que tu as découvert ce métier et tu t'es dit ok je veux le faire et tu as trouvé un endroit où le faire ou est-ce que ça t'est arrivé au final parce que tu avais justement réussi à acquérir cette position de Léa, Léa elle connait Non.
Léa:
En fait j'avais découvert la fiche de poste, je ne sais pas trop comment on s'était tombé, je pense que j'étais tombée sur un poste LinkedIn d'une personne que je suivais qui elle était partie chez OpenAI dans ce rôle de forward deployed engineer depuis à la base un poste de développeur. Et en fait, j'avais vu ce mot, je me dis, mais qui est-ce que... Enfin, comme n'importe qui à qui je dis mon nom de poste, ils me disent, mais de quoi tu parles ? Qu'est-ce que tu racontes ? Donc, je suis allée chercher et j'ai lu la description. Je me suis dit, mais Léa, c'est toi, quoi. Enfin, vraiment, c'est la première fois de ma vie que je ressentais vraiment ce truc de... Je lis la description. En fait, jusqu'alors, je pense que je faisais déjà, d'une certaine manière, ce rôle parce que j'ai une approche qui est très... Très produit et très orientée, vraiment besoin. J'aime beaucoup être proche du client. j'aime beaucoup être même chez le client si je peux proche du métier pour comprendre vraiment l'usage à chaque fois des utilisateurs finaux donc ce côté aussi vulgarisé ce que je fais aussi à travers mes réseaux sociaux, expliquer la technologie, trouver une solution mais aussi coder, parce que j'aime bien avoir les mains dedans c'est un truc que je me suis un peu construite naturellement mais j'avais pas vraiment de nom de poste qui correspondait et finalement quand j'ai lu ça je me suis dit mais c'est parfait en fait c'est moi donc suite à ça je savais en tout cas que c'était vers ça que j'avais envie de m'orienter absolument Bon.
Bruno:
Du coup, tu nous as déjà un peu révélé ce qu'est ce rôle. Donc, en fait, on est vraiment sur un rôle où tu es chez le client de solution plutôt orientée IA, c'est ça ? Est-ce que tu peux le décrire déjà chez qui tu le fais ? Parce que c'est quand même aussi une très belle référence. Et effectivement, en quoi ça consiste au quotidien ?
Léa:
Je suis chez Adobe actuellement, l'éditeur de logiciels de la suite créative Adobe, Photoshop, Premiere, etc.
Bruno:
Je pense que les gens connaissent.
Léa:
On ne sait jamais, je ne reviens jamais. Donc voilà, chez Adobe, qui du coup, justement, il y a, je ne vais pas me tromper sur les dates, mais il me semble un peu plus d'un an, ont sorti une suite vraiment avec un énorme focus IA, parce que c'est une nécessité, je pense, qu'aujourd'hui pour beaucoup d'éditeurs. Et donc mais mon rôle le rôle d'AVD existe chez quasiment tout le monde chez Palantir chez OpenAI chez Anthropik chez Mistral enfin tout le monde a sa suite de Forward Deployment Engineer d'ailleurs OpenAI a récemment même construit une entreprise entière dédiée en fait au Deployment Engineer. Donc c'est un peu le métier en vogue en ce moment et puis mon rôle effectivement consiste à non pas forcément toujours aller chez le client enfin, pas aller vivre, être chez le client au quotidien, comme je serais dans une ESN, mais plutôt de vraiment, en fait, sur toute la... Enfin, j'ai bien parlé de design thinking, donc vraiment d'avoir du logiciel qui part vraiment d'un besoin identifié et qui est vraiment travaillé sur une phase de discovery assez importante. Et en fait, j'agis sur toute cette chaîne-là. Au lieu d'être juste dans l'implémentation, entre guillemets, il y a toute la partie, dès le début, un peu comprendre, justement, quand on achète une licence ou des tokens, Peu importe chez quel provider, c'est une chose de les acheter. Après, qu'est-ce que tu en fais ? C'en est une autre. Très peu de clients aujourd'hui ont vraiment la capacité de manière indépendante, de vraiment savoir comment tirer de la valeur à partir de ces outils qu'on met à disposition. Mon rôle est de celui-là. Dès le début, essayer de comprendre le client, son contexte, ses usages actuels, voir comment est-ce que nos outils IA peuvent apporter de la valeur, l'explorer avec, de manière assez itérative, tester, faire de la démo, faire du test avec les utilisateurs, etc. Jusqu'à l'implémentation et le déploiement à échelle que je fais aussi. Donc c'est assez complet.
Bruno:
Ce que je trouve assez intéressant, c'est qu'on pourrait se dire que ça ressemble beaucoup à des rôles de solution engineer qu'on avait déjà avant. Mais dans la description que tu en donnes, ce que je trouve un petit peu différent, c'est que... De ma perception, le solution engineer, il est surtout là pour aller corriger la manière, corriger des bugs qu'il pourrait y avoir chez le client pour s'assurer que leur usage de la solution est fonctionnel. Là où j'ai l'impression que toi, ce que tu décris, c'est plus que les gens vont prendre une licence AI chez Adobe et autres. Et en fait, ils ne savent pas comment vraiment l'utiliser, comment tirer pleinement parti. Et que ça crée aussi un effet déceptif pour le fournisseur de la solution. Parce que les gens se disent bah ouais mais en fait j'arrive pas à refaire la démo que toi t'as fait sur scène.
Léa:
C'est ça et.
Bruno:
Donc c'est pas fou c'est ça en fait donc t'es vraiment là pour aider les gens à en tirer pleinement parti quoi.
Léa:
C'est ça en fait on peut reproduire l'expérience assez facilement en demandant, à nos amis à nos voisins comment est-ce qu'ils utilisent ce HGPT donc beaucoup on veut utiliser ce HGPT avec le chat écrire des messages etc et s'arrête là mais le potentiel, pleinement qu'on peut en tirer c'est-à-dire le fait de créer des agents créer des skills enfin Enfin, toutes les automatisations, les intégrations qu'on peut y ajouter, ça, 90% des gens, soit ne savent même pas que ça existe, ou alors ne sauraient pas le faire eux-mêmes ou pensent qu'ils ne peuvent pas le faire eux-mêmes. Et donc là, on est un peu dans un changement de paradigme où c'est aussi à nous d'accompagner et de montrer comment, parce qu'il y a une part d'acheter et d'investir dans de l'IA, et il y a l'autre part qui est créer de la valeur avec de l'IA et avoir un retour sur investissement. Et nous on est un petit peu là pour faire le pont quoi entre les deux et pour montrer voilà au delà de voilà prendre les licences etc, dépenser de l'argent il y a aussi comment est-ce que ça peut concrètement vous apporter de la valeur donc effectivement il y a un côté un peu plus ouais créer quelque chose de nouveau quoi pas uniquement régler les problèmes mais plutôt ouais les aider et accompagner quoi.
Bruno:
Ton propos me fait penser à un truc j'ai discuté avec un invité il n'y a pas très longtemps, qui expliquait que... Alors il y a effectivement un côté, comme tu le dis, déceptif de l'IA, c'est-à-dire que les gens, en fait, tu vois à la télé ou sur les blogs que les gens, en fait, ils sont en train de dire que ça va changer le monde. Et puis toi, tu testes. Et puis en fait, tu as l'impression que c'est sympa, mais tu ne vois pas forcément le usage direct. Mais il me disait aussi que ce qui est compliqué au niveau des entreprises, c'est que la majorité du gain apporté par l'IA a été capté par les individus et non pas par l'entreprise. Et qu'en fait, ça permet aux gens de travailler plus vite et du coup, au final, de passer plus de temps à, entre guillemets, rien faire parce qu'en fait, ils travaillent plus vite et ils en profitent pour aller flâner à côté. La captation de la valeur n'a pas été faite au niveau de l'entreprise. Est-ce que tu vois à peu près les mêmes choses sur le terrain ou pas forcément ?
Léa:
Bien sûr, parce qu'il y a des chiffres très intéressants aussi quand on regarde, pas mal d'entreprises font des surveils en interne sur l'usage de l'IA. Et donc, même si beaucoup d'entreprises ont pris du temps à donner des licences chez GPT, par exemple, à leurs employés. Tous les employés ont leur propre JGPT à côté, sur leur téléphone, sur leur ordi perso, etc. En allant à l'encontre de toutes les règles de sécurité qui existent, mais ils le font quand même. Pourquoi ? Parce qu'il y a une curiosité aussi individuelle et il y a beaucoup d'intelligence qui vient des individus aussi parce que chacun explore de son côté ces outils-là. Et je pense que pour la première fois depuis très longtemps dans la tech, on a de la tech qui est finalement très complexe et deep, mais qui est à la disponibilité de tout le monde. Enfin, vraiment, absolument tout le monde, à tous les âges et tous les niveaux. Donc, il y a une difficulté qui est entre les usages individuels, qui, comme tu disais, peuvent varier en productivité et en gains pour l'entreprise, et créer des solutions, comme on le faisait jusqu'à aujourd'hui, qui sont globalement adoptées par tous les employés. Et donc, c'est là où c'est important de capitaliser un peu des deux, Parce que je pense que du coup, chacun a aussi ses idées à apporter qui parfois peuvent être super surprenantes quand on découvre des usages d'individus ou même moi, des fois, je découvre des trucs parce que je n'y aurais jamais pensé. Mais en même temps, c'est vrai que c'est très important pour les entreprises de partir du terrain pour vraiment concevoir des solutions qui aident. Parce que d'en haut, imposer le chatbot global, mais qui aide personne, ça n'a souvent aucun intérêt.
Bruno:
Et donc, du coup, dans ton métier, tu as aussi une nécessité de très bien comprendre le métier de ton client. Parce que tu ne peux pas adapter Adobe de manière identique auprès de tout le monde.
Léa:
Absolument, on travaille avec des clients dans le retail des clients dans la santé dans le luxe, dans la beauté chaque client vient avec ses propres codes, en tout cas moi c'est la partie que je trouve la plus intéressante parce que ça fait un peu penser au métier de détective d'enquêteur, moi j'adore parce que j'apprends énormément de choses et je pense que ce que ce métier m'a appris en tout cas jusqu'à maintenant et même avant Adobe des dernières années, c'est que Vraiment, il faut laisser toutes ces a priori et assumptions à la porte. Et à chaque fois, voir les choses avec un œil frais. Il y avait un cas qui m'avait vraiment appris une grosse leçon d'humilité qui était justement avec une population qui était des ingénieurs sur le terrain, une moyenne de 50 ans à peu près, qui avait l'habitude de toujours travailler avec des manuels papiers, etc. Et où je me suis dit, avec mon arrogance de fan d'IA junior, en me disant on va faire un chatbot ça va trop bien les aider avec un indexage ils pourront retrouver hyper facilement ce dont ils ont besoin, Au final, ils m'ont tout chié à la gueule. Ils m'ont dit, en fait, pas du tout, on n'a pas besoin de ça. Même l'usage même d'un chatbot n'était pas du tout familier pour eux. Donc, en fait, ils tapaient dans le chatbot comme un moteur de recherche, ce qui ne marche pas, du coup, parce qu'on n'a pas assez de contexte, on n'a pas de questions réellement à décortiquer. Et donc, c'était super intéressant. Évidemment, ils étaient très gentils, on a pu travailler ensemble. Mais ça m'a aussi appris qu'à chaque contexte, à chaque utilisateur, à chaque entreprise, à chaque secteur, sa solution. Et il n'y a pas de one size fits all en disant bah voilà on vous donne vos licences et puis débrouillez-vous il faut vraiment s'adapter à chaque contexte.
Bruno:
Donc c'est pas que bien comprendre le métier de ton client c'est aussi comprendre ton client en tant que tel parce qu'effectivement.
Léa:
Il y a des usages qui.
Bruno:
Sont très différents d'un endroit à un autre.
Léa:
Totalement et puis je pense qu'on a aussi cet abagame je sais pas si on peut c'est un abagame mais ce raccourci quand on est déjà dans le monde de la tech et qu'on est baigné dans ces technologies où ça nous paraît évident en fait et où, Toutes ces solutions-là nous paraissent, oui, je ne vais pas dire triviales, parce que ça reste très très nouveau, mais où on ne se rend pas forcément compte aussi de la violence que ça peut représenter, d'avoir soudainement ces outils introduits qui sont parfois hyper puissants, ça secoue en fait aussi l'industrie, notre manière de travailler, et pas tout le monde, ou du moins il faut un vrai accompagnement avec beaucoup d'empathie et d'humanité pour amener des personnes vers des nouveaux usages.
Bruno:
Tu nous as donc expliqué aussi que avant d'arriver sur ce rôle là t'as fait tout un travail perso d'implication dans ces sujets d'IA pour bien comprendre les tenants et les aboutissants est-ce que du coup en arrivant chez Adobe, t'étais à peu près au niveau sur les trucs ou de par le fait de rejoindre une boîte comme Adobe alors en fait t'as découvert que c'était à des années de lumière de ce que t'avais potassé jusque là en.
Léa:
Fait il y avait deux aspects il y a le premier qui est franchement quand je suis arrivée je me suis dit mais tout le monde est tellement balèze. Qu'est-ce que je fous là ? C'est le fameux syndrome d'imposteur aussi, tu vois, où tu te dis à chaque fois, franchement, ouais, tout le monde est tellement chaud, moi j'ai encore tellement à prendre et tu vois juste ce gap, en fait, parfois qui est juste d'expérience. Objectivement, quelqu'un qui fait ça depuis dix ans de plus que moi, bah ouais, il est chaud, quoi. J'espère aussi, moi, dans dix ans, avoir évolué, donc c'est normal. Donc forcément, il y avait ce côté où j'étais très impressionnée par des profils qui viennent de boîtes exceptionnelles, qui ont tellement à m'apprendre et qui m'apprennent tous les jours de nouvelles choses et c'est vraiment enrichissant, une fois que cette première peur initiale est passée il y avait le côté vraiment excitant de me dire franchement ouais je vais apprendre énormément de choses mais il y avait une part quand même que j'apportais moi et où je me sentais finalement quand même bien à ma place qui était qu'au final la problématique finalement est la même partout, c'est qu'on a un premier problème qui est l'identification du besoin qui souvent et compliqué parce qu'en fait on confond souvent avec l'IA la technologie et le besoin. C'est qu'on dit il faut de l'IA, il faut de l'IA. Non, des fois, il ne faut jamais de l'IA. Il faut résoudre un problème et l'IA peut faire partie de la solution. Donc cette question-là, je peux la transposer chez Adobe, mais partout au final. La qualité des données d'entrée, ça c'est toujours la même chose. C'est-à-dire que moi je peux, on dit toujours bullshitting, bullshit out. Je ne peux pas faire de la magie avec des données qui ne sont pas qualitatives. Donc ça aussi, c'est un travail à part entière que j'ai amené et qui est le même dans ce que je fais aujourd'hui. Et après, ça reste un métier qui est constamment élevolutif. Donc ce que je faisais aujourd'hui, il y a une bonne partie qui n'existait pas il y a six mois, qui n'existait pas il y a un an. Donc, dans tous les cas, il y a une énorme part à apprendre un peu en permanence.
Bruno:
Tu as évoqué effectivement le fait que tu as des gens qui disent il faut l'IA, il faut l'IA, il faut l'IA. Il y a quand même effectivement une énorme hype autour de l'IA. Comment est-ce que toi, tu es quand même en plein dedans, tu es vraiment forward d'épanouissement, tu es sur le terrain en plein avant. Comment est-ce que tu vis cette hype ? C'est-à-dire que ton rôle, c'est d'alimenter cette hype ou au contraire de redescendre ?
Léa:
En fait, moi, ce que j'aime bien dans mon rôle, c'est que je ne suis pas forcément sales. Moi, mon rôle, c'est de faire en sorte que ça marche et de délivrer de la valeur. Donc, c'est un rôle où, au final, les attentes sont très hautes parce qu'on est au-delà de la hype. Une fois que j'ai succombé à la hype, que j'ai acheté, maintenant, je veux de la valeur. Et donc, en fait, on retombe dans quelque chose de très, très, très concret. Je vais, un exemple tout bête mais rien que par rapport à la qualité des résultats, la qualité des outputs, c'est quelque chose qu'on ne peut pas laisser au hasard en fait, c'est-à-dire qu'il y a ce que tu peux faire en t'amusant sur Nano Banana, sur GPT sur Firefly, ce que tu peux faire de ton côté et puis il y a ce qu'il faut en production en résultat à la fin de la journée qui vraiment fait gagner du temps, fait gagner de l'argent, et donc pour atteindre ce résultat-là, finalement l'IA est souvent qu'une brique, c'est-à-dire que ce qu'on oublie, ou finalement dans mon métier... Ce n'est pas juste faire un wrapper d'API et fini. C'est que c'est souvent un énorme travail de processing de la data, de réfléchir aussi à la pipeline qui est existante aujourd'hui, à comment les process sont mis en place chez clients actuellement, challenger potentiellement même ça. Et puis, même dans ce que je faisais avant, il y avait l'effet démo, le rag en 20 minutes, il y a ça. Et puis après, il y a la réalité qui est souvent bien plus complexe et on peut aller sur des choses vraiment très intéressantes. Donc non, ce n'est pas du tout alimenter la hype, c'est justement comment redescendre sur Terre et faire quelque chose qui est vraiment utile et utilisé.
Bruno:
Mais du coup, dans cette action de redescendre sur Terre, est-ce que la problématique, c'est que les clients ne sont pas prêts pour passer à cette époque de l'IA ? Et donc, tu as un travail de... D'acculturation à faire auprès d'eux ou est-ce que c'est aussi qu'il y a trop de hype et qu'en fait les outils que vous vendez ne sont pas au niveau de ce que les gens espèrent pouvoir en retirer ?
Léa:
Alors, sur les deux points le premier point, oui les clients sont souvent c'est vrai qu'ils ne sont pas prêts pour l'IA mais l'adoption est toujours la partie la plus critique à mon sens de l'IA et jusqu'à aujourd'hui, on le voit il y a énormément de projets et d'initiatives qui se sont abandonnés en cours de route, pas parce qu'il ne fonctionne pas, parfois c'est des solutions qui sont absolument fabuleuses mais juste parce qu'elles ne sont pas adoptées parce que l'adoption c'est pas juste, faire une session obligatoire de formation pendant une heure avec tous les employés ça passe par vraiment. De l'awareness au quotidien je dis toujours dans une salle de réunion s'il y a une personne qui ne comprend pas c'est déjà perdu en fait parce que cette personne là elle ne va pas oser le dire, elle ne va pas oser poser des questions et donc cette incompréhension elle la perpétue dans son équipe et puis c'est comme ça qu'on perd une bonne partie de l'usage. Donc l'adoption, c'est une énorme problématique. Et l'autre partie, ce n'est pas qu'on ne livre pas ce qu'on promet ou que les clients se font des faux espoirs sur la technologie. Mais c'est plutôt que, je pense que parfois, on sous-estime tout ce qui va derrière. Il n'y a pas de solution magique encore. Je dis toujours, on attend les world models, peut-être que ce sera encore autre chose. Mais pour l'instant, on n'a pas de solution magique qui répond à tous les besoins à tout moment. Donc, il faut quand même toujours avoir cette rigueur de zoomer vers des use cases concrets, vers des problèmes concrets à résoudre un à un avant de s'imaginer le méga orchestrateur qui fait tout. Ça, pour l'instant, le Jarvis d'Ironman, on ne l'a pas encore. Donc, c'est plus dans ce sens-là, en fait. Je pense qu'il y a énormément de puissance dans ces outils, mais il faut y investir du temps, il faut de l'ingénierie, il faut, je pense, plus de travail que les gens se doutent.
Bruno:
Oui, je pense qu'effectivement, moi, j'ai beaucoup de clientes. J'ai l'impression qu'il y a vraiment deux extrêmes. C'est soit des gens qui disent l'IA, ça ne marche pas, ça ne sert à rien, machin. Soit des gens qui te disent ça, on a qu'à le faire avec de l'IA et ça va marcher. Et puis, en fait, non, ce n'est pas si simple. L'IA, elle ne peut pas tout faire. Tu vois qu'effectivement, il y a assez peu de gens. Alors, je vais dire en dehors de la tech, parce que je pense que beaucoup de développeurs et développeuses, eux, commencent un peu à beaucoup plus à maîtriser ces sujets-là. Mais quand tu parles à des clients, soit ça ne marche pas, soit on peut tout faire avec.
Léa:
C'est ça. Un exemple intéressant, c'est, je travaille sur le cas d'un réceptionniste avec de l'IA, donc, car c'est typique, un agent IA qui répond au téléphone pour des questions de support. Donc, dans le principe, c'est très simple, on entend dans les démos, on voit GPT qui a une voix, qui parle, on a EvenApps qui fait des voix absolument fabuleuses, donc on peut s'imaginer, voilà, on connecte ton IA, on fait une pipeline RAG pour récupérer les bases de données ou dans, en Salesforce, les informations sur le ticket, sur le client, et puis on répond aux questions comme ça. Donc ça, c'est l'image idéale qu'on se fait dans notre tête, en 20 minutes, je te fais la démo et ça marche très bien. Maintenant, savoir que ce même client, en fait, il appelle toutes les semaines, c'est monsieur Bertrand, en fait, il a juste besoin de parler au téléphone, c'est pour ça qu'il appelle à chaque fois, donc il a juste besoin un peu de compagnie. Ou alors, l'autre cliente qui, elle, devient vite impatiente quand dans la seconde, on ne comprend pas tout de suite le contexte, donc c'est pour ça qu'elle, ça l'énerve de parler qu'il n'y a, parce qu'elle a envie d'avoir ce truc où on la connaît limite à sa voix. Et puis il y a l'autre où il y a tellement... En fait, toutes ces connaissances tacites qu'on accumule en tant qu'humain par rapport à des individus ou des situations, c'est des choses qu'on ne peut pas répliquer avec de l'IA aujourd'hui, très difficilement. Et donc, dès qu'on rentre dans tous ces edge cases qui sont finalement très, très, très, très fréquents, c'est là où c'est des vrais casse-têtes. Donc, on ne se doute pas. L'IA, c'est extrêmement puissant, oui, pour plein de choses, mais il y a toujours des problématiques à résoudre. Je ne parle même pas encore des limitations avec des billets qu'on peut retrouver, etc. Mais rien que dans des use cases finalement simples en apparence, il y a toujours des nuances qu'il faut adresser individuellement.
Bruno:
Est-ce que toi, du coup, aussi, en tant que FDI, tu subis, d'une certaine manière, cette hype ? C'est-à-dire que, du coup, soit t'es perçu par des gens comme étant celle qui va détruire tous les emplois parce que tu viens déployer de l'IA, soit on se dit que, de toute façon, tu fais partie d'une hype. Est-ce que ta perception, quand tu arrives chez les clients, est altérée par ce métier ?
Léa:
Non, au contraire, parce que je pense que justement, je dis qu'il y a quand même un engineer dans le mot, donc on me voit comme quelqu'un qui va apporter des solutions quand même. Donc, que ce soit vers l'extérieur ou chez les clients, mon but, et en tout cas je l'adresse dès le début, n'est pas de remplacer qui que ce soit, puisque d'ailleurs c'est la personne qui a le besoin que je vais adresser directement. Mon but est toujours au plus vite d'avoir les utilisateurs finaux entre les mains parce que c'est eux, finalement qu'ils connaissent le mieux la situation, qu'ils connaissent le mieux le problème et que si je n'ai pas eux comme sponsor, je peux passer complètement à côté de la problématique. Donc c'est très très très important que je sois aussi rassurante sur ce point-là et c'est là où ça revient à connaître son client aussi. C'est-à-dire que si j'arrivais avec un discours, moi je vois tous les jours des vidéos, des posts LinkedIn, ouais Claude va détruire tel métier, Claude vient de détruire tel truc. Si j'arrivais avec cette attitude-là, forcément, ça marcherait moins bien. Donc en tout cas j'essaye de toujours avoir cette humilité et de toujours me mettre limite vraiment en retrait par rapport au métier parce que c'est eux qui détiennent la valeur au final donc j'ai pas vraiment eu l'impression d'être perçue comme ça mais plutôt comme quelqu'un qui essaie de rendre concret quelque chose qui jusqu'à maintenant pour beaucoup est quand même très abstrait.
Bruno:
Dans cette hype, il y a aussi l'impression que tous les métiers qui sont faits avec de l'IA sont mieux que ceux qui sont faits sans IA. Est-ce que du coup, vous, les développeurs et développeuses AI, vous êtes aujourd'hui les cool kids du monde du dev ? Il y a eu pendant un moment les développeurs sécurité ou les développeurs embarqués, ce qui était une espèce d'élite. Est-ce que c'est vous aujourd'hui l'élite des développeurs et développeuses ?
Léa:
Non, je ne pense pas. parce qu'au final on l'a bien vu pendant tu faisais référence à l'épisode justement sur le SQL que j'avais écouté avant de venir, je pense qu'il y a encore énormément de cas la majorité j'ai envie de dire des cas des énormes solutions qu'on utilise tous au quotidien qui ont besoin d'experts d'experts bien plus que je ne le serai jamais, dans des technologies ou des besoins très très précises j'ai fait une vidéo il n'y a pas longtemps aussi sur ma chaîne sur les développeurs COBOL, parce que je travaillais avec une assurance justement et où il y a une énorme pénurie de développeurs COBOL parce que malheureusement c'est quelque chose qui ne s'apprend plus tant en cours et qu'on a un manque de renouvellement aussi de passation de connaissances, vers des développeurs moins seniors, et donc il y a ces technologies-là qui seront partout quoi en fait et qui le seront je pense au moins le temps que moi je serai en vie encore, donc non non, cool kids, non je pense qu'il y a un besoin partout, par contre ce que je ne peux que conseiller à n'importe quel développeur et surtout à des personnes qui sont encore juniors ou en études, c'est par contre de développer. Cette pluridisciplinarité quand même, parce qu'en tout cas, de ce que je vois du marché aujourd'hui, c'est quand même quelque chose qui est relativement, si ce n'est demandé, en tout cas bénéfique, surtout dans un marché qui est compliqué pour les juniors. Je pense qu'être pluridisciplinaire, de pouvoir être mobilisable tant dans des discussions vraiment très techniques que dans des discussions qui sont plus vis-à-vis du client. Je pense qu'avant, c'est quelque chose qui était réservé plutôt des gens plus seniors qui ont l'expérience aujourd'hui c'est quelque chose qui est demandé un peu à tous les niveaux un peu partout tout le temps donc ça ne peut que être différenciateur.
Bruno:
Alors toi, effectivement, t'es plus junior aujourd'hui, parce que ça fait quand même déjà un petit moment que tu fais ce métier. Mais au final, je vais presque dire que t'es passé entre égoutes. C'est-à-dire que t'as quitté le stade junior au moment où l'IA a commencé à exploser dans nos métiers. On voit qu'effectivement, là, depuis quelques mois, peut-être même à peu près un an, un an et demi, pour les juniors, le secteur est devenu très compliqué. C'est quoi, toi, ta perception ? Parce que t'as appris, du coup, à coder beaucoup plus récemment que ce que moi, j'ai pu faire. C'est quoi ta perception de comment est-ce que les juniors aujourd'hui devraient apprendre à coder ? Est-ce qu'il faut leur interdire l'accès à un cloud code, à un cursor et autres ? Est-ce qu'au contraire il faut leur dire essaye de faire ce métier sans jamais créer la moine ligne de code ? Comment est-ce que toi tu vois ça ?
Léa:
Je pense que s'il y a un point qui est important, au-delà de parler d'interdire ou pas interdire l'IA, le danger avec le fait d'apprendre quoi que ce soit avec l'IA, que ce soit codé ou autre chose, c'est que ça court-circuit notre curiosité et notre capacité de recherche et de rester concentrée longtemps sur une tâche. Moi, si je repense à quand j'ai vraiment appris au tout début à coder et même toujours aujourd'hui, les choses que j'ai apprises qui sont le plus ancrées dans mon esprit sont celles sur lesquelles j'ai galéré le plus longtemps. Et vraiment j'ai creusé dans le fin fond de Stack Overflow pour trouver quelque part une réponse de 2010 qui répond à mon problème et parce que c'est en fait tellement j'ai passé du temps à chercher que ça s'est ancré dans ma mémoire et dans mon esprit et malheureusement quand on utilise l'IA en fait l'instantanéité de la réponse fait que on va se retrouver tous les jours à poser la même question sans jamais que ça rentre dans notre cerveau, donc qu'est-ce que je conseillerais j'ai toujours peur de paraître, outdated je sais pas à quoi va ressembler le métier de demain je vais être tout à fait honnête, je n'ai aucune idée si même le fait de coder à la main ne va pas être complètement. Outdated en quelques années quelques mois, tout ce que je peux dire par contre c'est que comprendre comment fonctionne. Un logiciel, dans la manière la plus basique du terme, comprendre quelles sont les composantes importantes, on parlait de sécurité tout à l'heure avec les ORM, mais rien que le fait d'avoir cette opinion là, je l'ai parce que j'ai été confrontée à ces problématiques, et j'ai été confrontée parce que j'ai trimé l'histoire, j'ai rencontré des problèmes, etc. Et donc si on délègue tout ça à clôt de code lorsqu'on est en train d'apprendre, ça ne va jamais rentrer dans le cerveau. En tout cas, en études, ce n'est pas que je déconseille d'utiliser l'IA. Je pense que j'irais en deux panels. Moi, ce que je conseille toujours, et surtout à mes abonnés qui sont parfois un peu plus jeunes, je leur dis, écoutez, faites vos projets, essayez de faire sans IA. Pas sans moteur de recherche, chercher sur Google c'est toujours très bien, creuser dans les forums, trouver des solutions mais essayer de faire sans IA, quitte à ce que la génération du code même vous faites avec de l'IA mais au moins les problèmes que vous rencontrez, essayer de, chercher par vous-même des solutions que vous pouvez prompter par la suite si vous le voulez mais juste d'avoir ce côté résolution de problèmes un peu plus artisanal et manuel mais d'un autre côté, l'autre point que je conseille pour être compétitif à mon sens aujourd'hui, en tout cas c'est ce que moi j'aurais fait si j'étais vivante aujourd'hui, c'est d'utiliser ces outils-là pour aller beaucoup plus loin que ce que nous, on était capables de faire. C'est-à-dire que moi, en étude, avec le temps que j'avais à disposition, je faisais mes projets sur le côté et j'ai pu aller très, très loin. Mais aujourd'hui, avec le même temps, on peut faire tellement plus de choses. Moi, si j'étais en étude aujourd'hui, je ne sais pas, je lancerais mon SaaS. Je découvrirais un peu le marketing autour, comment ça fonctionne, comment ça se passe quand tu as tout d'un coup 10 000 personnes dessus et que ça crache. Toutes ces situations-là, on peut s'y confronter, on a la chance de pouvoir s'y confronter beaucoup plus tôt, en études et je trouve ça dommage que je trouve trop peu de gens le font moi avec les mêmes outils à disposition j'aurais eu la curiosité de me dire mais mince jusqu'à où je peux aller parce qu'aujourd'hui tu peux, faire ton propre tout en étant tout seul dans ta chambre et je trouve ça génial donc ça à mon sens, on peut être plus exigeant avec soi-même aujourd'hui même en étant en études pour être plus compétitif.
Bruno:
C'est vrai qu'on fait un métier où on a beaucoup appris dans la douleur c'est à dire qu'en.
Léa:
Général les.
Bruno:
Meilleurs apprentissages c'est que tu as une mise en prod qui est foire foireuse, il y a une attaque qui passe ou ce genre de choses. Mais en même temps, il y a pas mal de travaux de recherche sur la notion d'apprentissage chez l'être humain qui montrent que quand tu as appris quelque chose d'une certaine manière, tu considères que c'est la seule manière de l'apprendre. Nous, dans notre métier, on a appris effectivement dans la douleur avec des mises en preuve foireuse. On a tendance à considérer que c'est comme ça qu'on apprend, que c'est comme ça qu'on progresse. Mais au final, c'est peut-être pas comme ça. C'est peut-être pas ça la meilleure façon d'apprendre. Et c'est vrai que pour moi, il y a un vrai questionnement en ce moment de comment... Comment faire pour apprendre ce métier-là en sachant que, je pense que les juniors d'aujourd'hui vont devenir les seniors de demain, mais que les seniors de demain n'auront pas le métier que les seniors d'aujourd'hui ont, en fait. Donc c'est difficile de leur dire comment apprendre, alors qu'on ne sait pas vers quoi ils se dirigent. Parce que, tu vois, tu parlais des développeurs cobol tout à l'heure, où effectivement, ils ne sont plus très nombreux sur Terre. Ce sont des orfèvres, on va être sincères. Et peut-être que demain ceux qui écrivent leur propre ligne de code ce seront les développeurs COBOL d'aujourd'hui donc ces petits orfèvres qui viennent sur des trucs très spécifiques mais que peut-être que plus personne écrira la moindre ligne de code demain C'est vrai.
Léa:
Après le point que je garde quand même toujours en tête ou en vigilance c'est de se dire tous les gros cerveaux derrière, les technologies qu'on utilise aujourd'hui c'est des gens avec des, diplômes quoi, enfin avec des professorats dans des maths appliquées quoi et qui pour le coup il n'y avait rien qui était fait que de l'IA là-dessus et d'ailleurs de manière assez paradoxale c'est une observation que je me suis faite il n'y a pas très longtemps en parlant avec mes anciens camarades d'école, ceux que je connais en tout cas dans la tech et encore plus les profils vraiment brillants que j'ai pu rencontrer au fur et à mesure de mes expériences finalement beaucoup d'entre eux ont un usage très très limité de l'IA dans leur vie personnelle, quand je pense à l'éducation, des enfants etc souvent ils éduquent leurs enfants assez loin de la technologie ou alors dans un cadre vraiment assez, limité et je pense pas que c'est bon il y a une part de bon on travaille dessus toutes les journées donc pas envie de ramener ça à la maison non plus mais moi aussi tu vois dans mon expérience personnelle. J'applique au travail beaucoup de choses mais chez moi je suis assez tu vois très papier livre etc donc c'est là où voilà il y a une part de moi aussi qui me dit, Et est-ce que ceux qui lead quand même toujours ce marché et qui vont continuer de le leader dans les prochaines années, même Mark Zuckerberg lui-même, il expliquait que ses enfants, pareil, grandissent très très loin de la technologie. C'est peut-être une raison pour ça aussi. Et je me demande, est-ce qu'il n'y a pas une part de l'apprentissage même en tant qu'être humain qui doit rester artisanal pour intégrer ces notions ? Je ne sais pas, c'est vraiment une question ouverte, je suis assez curieuse des prochaines années.
Bruno:
Ça va être particulier. et du coup toi aussi qui es dans ce milieu là est-ce que tu vois une différence dans la manière dont les outils d'IA sont approchés par des gens plutôt seniors versus des gens plutôt juniors.
Léa:
Alors oui après c'est marrant parce que jusqu'à maintenant j'avais une opinion sur cette question mais ça a beaucoup changé depuis que j'ai rejoint Adobe parce que j'ai, une équipe qui est assez hétérogène en termes d'expérience de seniorité et il y a un mec dans notre équipe senior mais le mec il est chaud de fou, chaud bouillant je le trouve vraiment impressionnant dans la tech depuis, bien avant que je sois un projet d'existence, et qui du coup lui par passion je pense vraiment profonde pour la technologie a très très vite pris le pli de l'IA vraiment très très early adopter sur l'IA dans le code et qui lui l'utilise d'une manière bien plus avancée que ce que moi-même je pourrais, je pourrais même de loin m'en apprécher il a tout automatisé avec des agents qui tournent sur le cloud pour machin pour monitorer des trucs de dingue que je n'aurais jamais pensé à faire. Donc effectivement, selon les niveaux de seniorité, je pense qu'il y a une approche un peu différente. Je pense que profil plus senior de manière générale, mis à part cette ovni. Je pense qu'il y a plus de... Si ce n'est que crainte, c'est un minima un petit peu de réticence ou de méfiance potentiellement de se dire bah ouais mais demain, et c'est légitime, si demain j'ai un problème dans mon code et que j'ai tout généré avec l'aude, bah comment je le retrouve quoi ? Autant mon code que j'ai créé à la main, je sais exactement qu'est-ce que j'ai mis où, donc même sur une stack énorme je sais me retrouver. Un truc qui a été complètement écrit par quelqu'un d'autre c'est comme quand on intègre une nouvelle entreprise c'est que quand tu découvres une stack il y a le temps de creuser, de comprendre, tu peux perdre un petit peu la main donc je pense qu'il y a un peu cette crainte de perte de main et de peut-être changement de paradigme de comment notre métier fonctionne aujourd'hui. Mais de plus junior j'en rappelle quand j'ai recruté des premiers stagiaires il y a aussi parfois un excès de confiance dans l'IA qui peut être un peu terrifiant en tout cas pour moi, c'est eux qui ont raison c'est eux qui vont l'idée dans tous les cas demain mais je me dis ouais des fois c'est un peu le côté bon on voit ce que Claude fait et puis Claude on laisse faire ses commandes bash tranquillement dans, PC et moi je me suis dit oula je me sens pas du tout aujourd'hui de laisser, n'importe quel agent agir dans mes fichiers directement ou sur le cloud directement d'ailleurs ça me terrifie complètement et donc voilà je pense qu'il y a deux approches un peu qui clashent quoi donc ça va être assez intéressant de voir les deux interagir.
Bruno:
J'avais vu un humoriste il y a quelque temps. Qui faisait un petit morceau, un petit bit où il disait que toute technologie qui sort avant tes 15-16 ans à peu près, pour toi c'est la norme, parce qu'en fait t'as grandi avec, tu l'as vu arriver, pour toi c'est normal. Toute technologie qui sort après tes 15-16 ans, c'est une révolution. Et toute technologie qui sort après tes 35 ans, c'est le diable. Et dans ce que tu décris, alors certes bien évidemment tu vas trouver des seniors qui l'adoptent pleinement et qui font plein de trucs avec, mais t'as quand même décrit aussi pour certains un peu de réticence de voir un métier changer dans.
Léa:
Mes commentaires aussi de mes vidéos j'ai toutes sortes de profils, c'est super intéressant j'ai la chance d'avoir 50% d'hommes et 50% de femmes ce qui pour moi dans la tech, une énorme victoire c'est pas mal, très cool j'en suis très loin c'est pas évident mais, ça me fait très très plaisir d'avoir les deux justement de même pas avoir juste des femmes mais aussi d'avoir des hommes et donc j'ai parfois ces retours qui me disent ouais moi j'utilise pas du tout d'IA parce que, moi des vraiment seniors depuis 25 ans moi je suis toujours plus rapide à la main que avec Unia etc, dans certains cas je suis certaine que c'est vrai je vais même pas me mettre ça en question mais on sent cette réticence un peu une sorte de vouloir s'accrocher absolument à une réalité qui pour moi aujourd'hui n'est juste plus, dans la majorité des cas évidemment il y a toujours j'espère que dans la banque par exemple ou dans certains cas ils sont encore à la main et qu'ils laissent pas tout avec le code en indépendant parce que ça me ferait très très peur, Mais je pense que dans la majorité des usages, l'IA au moins peut apporter beaucoup et que c'est un petit peu dommage d'être en opposition. La méfiance est toujours bien, à mon sens, surtout dans le logiciel, mais la réticence, je pense que c'est dommage.
Bruno:
Pour continuer ou terminer sur cette évolution du métier, tu as évoqué tout à l'heure qu'OpenAI, ils ont même carrément créé leur propre ESN. Ce qui est amusant, c'est qu'ils ont annoncé ça, je crois, le lundi 4 mai. Je ne peux pas être exactement ça, mais c'est dans ce truc-là. Et en fait, le même jour, Anthropic a annoncé la même chose. Ils ont tous les deux créé une ESN en même temps. Il y en a un qui a mis 1,5 milliard, l'autre qui a mis 10 milliards. Les chiffres sont absolument démesurés. mais ça montre effectivement qu'ils sont en train de redéfinir le métier de créer leurs propres ESN qui vont pratiquer ce nouveau métier, est-ce que d'une certaine manière c'est pas ton rôle de FDI qui est en train de prendre une ampleur de se généraliser d'une manière assez folle est-ce que c'est ton métier qui est notre avenir au final ?
Léa:
Honnêtement, mon métier en complémentarité avec plein d'autres parce qu'on peut pas non plus tout faire Je pense notamment à tout ce qui est relations clients, etc. Il y a toujours une bonne partie qui doit être... C'est déjà un métier qui est tellement pluridisciplinaire qu'il faut quand même savoir comment répartir son temps dans sa journée. Mais effectivement, je pense qu'en tout cas, le métier de développeur en tant que tel va tendre d'une manière ou d'une autre vers ce métier-là. Ça, j'en suis assez persuadée parce qu'on le voit, en fait, même si ce n'est pas ce terme-là, cet intitulé de poste, On voit quand même dans la description qu'on demande aux développeurs de plus en plus d'autonomie, de plus en plus de main en fait, parfois dans le design. Le métier de développeur à mon sens est en train d'évoluer vers ça. Je parlais du fait qu'à la base je voulais faire développeur front-end. Aujourd'hui, la norme, là où avant la norme était vraiment de segmenter, parce qu'à raison, il fallait de l'expertise dans chacun des parties du software. Mais aujourd'hui, la norme est devenue le full stack. Et puis demain, la norme sera full stack IA. Et puis après, demain, ce sera la norme full stack IA, produits, users, comme ce que je fais, comme elle vous dit. Donc, je pense qu'on tend quand même vers un métier de développeur pluridisciplinaire, comme ce que peut être mon métier.
Bruno:
Ok, canon. pour terminer j'ai reçu il y a pas très longtemps quelqu'un de chez Alan où ils ont lancé, une méthode de Everyone Can Build donc l'idée c'est que tout le monde peut shipper du code et il racontait que certaines personnes côté produit ou côté design en fait ont shippé des trucs que lui pensait être impossibles ou en tout cas trop long, est-ce que toi aussi dans des choses que tu as pu voir chez des clients, tu as pu voir des trucs où tu t'es dit waouh what the fuck je pensais pas qu'on pouvait aller, on pouvait faire tout ça.
Léa:
Ah oui bien sûr j'ai vu des choses même faites dans l'autonomie par des personnes qui sont même ni du design ni du produit ni de l'IT tout court mais qui dans leur coin en fait en bricolant en essayant de résoudre leurs problèmes à eux ont développé des choses absolument fabuleuses et impressionnantes et je pense que c'est pour ça le message pour moi est toujours important de dire que la technologie est accessible à tout le monde tout ce que j'ai appris, tout ce que je sais faire dans mon métier aujourd'hui est disponible sur internet gratuitement dire que n'importe qui pourrait se former à faire ce que je fais aujourd'hui, pas pour enlever mes compétences mais c'est juste objectivement, on a de la chance dans la tech et dans le dev d'avoir, probablement le métier le mieux documenté sur internet, accessible à tout le monde ou derrière le PC, tu sais pas si t'es un gamin de 12 ans ou un mec qui bosse chez Google on ne sait jamais vraiment finalement, et l'IA a encore plus démocratisé ça c'est pour ça que je trouve ça super important de toujours continuer de donner ce message de, et ce que je trouve ce podcast fait très bien, de dire en fait, restez là, n'ayez pas peur, parce que n'importe qui aussi qui a, ne serait-ce que cette curiosité, cette envie d'apprendre et de résoudre des problèmes, peut... Peut le faire en fait, peut apprendre à le faire et c'est pas si impressionnant que ça en fait c'est qu'une fois qu'on se met dedans, finalement tout le monde peut prendre le pli et surtout quand on parle des équipes design et produit, au final moi je, pareil si j'étais designer ou si j'étais product manager ou quoi, je me formerais au plus vite à l'IA et à la technologie parce que derrière, si j'ai les idées et que j'arrive à les mettre en forme et que je sais comment résoudre les problèmes des personnes et si je suis forte en UX design, la dernière prix qui manque, c'est la technologie. Et la technologie, pour moi, aujourd'hui, n'est plus le bottleneck que c'était avant. Aujourd'hui, c'est quelque chose qu'on peut maintenant résoudre et surmonter sans de gros investissements dans un développeur pour au moins avoir un premier quelque chose qui montre que ça marche. Donc c'est pour ça, moi, j'encourage tout le monde à tester et à s'y mettre parce qu'on peut aller très, très loin.
Bruno:
Merci beaucoup, Léa, pour toute cette discussion. J'aurais deux dernières questions pour toi qui sont les questions rituelles de ce podcast. La première, c'est est-ce qu'il y a un contenu que tu serais partagé avec l'ensemble des auditeuristes ?
Léa:
Alors absolument, c'est le livre de mon amie Alexandra qui s'appelle, je vais juste le citer exactement pour être sûre, qui s'appelle... « Affirmer vos compétences à l'ère de l'IA », qui est un livre justement qui aborde tous ces points-là et encore plus pour le grand public, de savoir comment est-ce qu'on peut continuer d'apporter de la valeur et être compétitif avec l'IA, pas en avoir peur, mais vraiment l'utiliser pour booster ses compétences.
Bruno:
On mettra bien évidemment un lien en description. Et la question la plus importante, Léa, est-ce que tu es plutôt espace ou tabulation ?
Léa:
Moi, au risque de paraître très très peu d'Eve, tabulation, j'avoue. Voilà, jusqu'au bout. Et d'ailleurs, tu mentionnais, on ne parle pas d'IA, mais moi jusqu'aujourd'hui, à la main, je mets mes tabulations. Parce que je trouve que c'est le plus simple pour se retrouver d'une idée à l'autre.
Bruno:
Très bien. Merci beaucoup, Léa.
Léa:
Merci beaucoup.
Bruno:
Et merci à tous d'avoir suivi cet épisode. Voilà, le rôle de FD est effectivement un rôle qui est en train de se généraliser dans beaucoup d'entreprises. Donc, si ça vous intéresse, j'espère que vous avez chopé un peu plus d'informations. Si vous ne connaissiez pas, j'espère que ça vous a peut-être même donné envie de faire ce rôle et je rejoins l'EA sur le fait que notre métier de développeur et développeuse va potentiellement changer de plus en plus vers tout ce rôle de FDI comme elle nous l'a décrit donc de bien comprendre le démarche client, d'apporter des solutions parfois avec de l'IA, parfois sans parce qu'au final c'est juste un outil de plus dans notre besace. De mon côté je vous remercie comme toujours de partager ce podcast autour de vous je vous souhaite une très bonne fin de semaine, je vous dis à la semaine prochaine et d'ici là, codez bien.