Houleymatou Baldé

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Devenir tech lead

Houleymatou Baldé

Ne rien lâcher

J'ai toujours su, quand je veux quelque chose, aller le chercher, mais surtout argumenter
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Le D.E.V. de la semaine est Houleymatou Baldé, ex-Tech Lead et fondatrice de Yeeso. Venue en France sans prérequis informatiques, Houleymatou raconte comment elle est devenue tech lead après un parcours semé d’obstacles, entre autodidaxie, doutes techniques, volonté de légitimer sa place, et surtout capacité à provoquer ses propres opportunités. Elle partage sans filtre ce que veut dire assumer sa trajectoire atypique, demander sa reconnaissance au bon moment, et transmettre le leadership aux autres femmes de la tech, via l’association Yeeso qu’elle dirige. Houleymatou insiste sur l’importance des modèles visibles, du mentorat, et de l’écoute des signaux faibles du quotidien. Un épisode concret pour comprendre que prendre le lead, c’est surtout oser demander et assumer sa position, pas simplement enchaîner les certifications.

Chapitrages

00:00:59 : Un long voyage vers la légitimité

00:07:16 : Le parcours d'Houleymatou

00:11:26 : Engagement et volonté d'agir

00:15:19 : L'importance de la représentativité

00:28:37 : Reconnaissance envers les mentors

00:28:54 : L'arrivée en entreprise et le décalage

00:35:30 : Évolution et apprentissage continu

00:39:19 : Devenir Lead Technique

00:39:47 : Changement de Carrière

00:41:31 : Intégration et Apprentissage

00:43:35 : Rôle et Leadership

00:46:09 : Apprentissage par Mimétisme

00:51:55 : Création de l'Association Yeso

01:03:24 : Leadership et Opportunités

01:11:33 : Inspiring Future Generations

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Un peu de patience ...
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Bruno:
Dans l'Odyssée d'Homère, c'est l'histoire d'un héros qui veut rentrer chez lui après la guerre de Troie, dix ans pour faire un trajet qui aurait dû durer au final trois semaines. Dix ans à affronter des sirènes, des cyclopes et des dieux capricieux. Et pourtant, à chaque épreuve, Ulysse apprend, encaisse et devient plus fort. Devenir Tech Lead, c'est parfois exactement ça. C'est un long voyage, des détours qu'on n'avait pas forcément prévus, l'impression d'être parti trois semaines en retard sur les autres, et à côté, jour après jour, une construction patiente d'une légitimité qu'aucun titre ne donne vraiment. Mais alors, comment devient-on tech lead quand on a allumé son premier ordinateur qu'à la fac ? Est-ce que le chemin compte plus que le diplôme ? Et surtout, peut-on vraiment déplacer des montagnes de backlog à force de passion ? Pour répondre à ces questions de trajectoire, je ne reçois pas Pénélope, mais elle s'y connaît en patience. Olymatou, bonjour.

Houleymatou:
Bonjour Bruno, mais quel lancement !

Bruno:
Alors, Oulématou, est-ce que tu peux te présenter pour les quelques personnes qui ne te connaîtraient peut-être pas ?

Houleymatou:
Alors, je suis Oulématou Baldé, je suis d'origine guinéenne, donc française de naturalisation. Et je suis maman de deux filles, épouse épanouie. Et surtout, je suis développeuse depuis 2015, il me semble. Et aujourd'hui, je suis directrice générale d'une association qui s'appelle Yeso et qui oeuvre pour la mixité dans la tech. Et à côté de ça, je suis conférencière professionnelle depuis plus de trois ans. Donc j'interviens sur plein de sujets différents au sein des entreprises ou des événements techs.

Bruno:
Ok, canon. Quand on s'est rencontrés, tu m'as évoqué effectivement un parcours où tu as su en fait très vite passer sur des rôles de lead devs. Mais ce qui est intéressant dans ce très vite, c'est que là où certains, entre guillemets, font très vite, c'est-à-dire que sortis d'école, ils arrivent très vite sur un rôle de l'IDEF. En fait, c'est qu'on oublie de mentionner tout ce qui s'est passé avant l'école, où en fait, il y a beaucoup de gens. Moi, j'en fais partie. Moi, j'ai eu la chance d'être dans un contexte socio-économique où très tôt, j'ai eu un ordinateur entre les mains. Très tôt, j'ai pu apprendre à coder. En fait, quand je suis arrivé en école lingerie, alors déjà, j'ai eu la chance d'arriver en école lingerie. Mais quand je suis arrivé en école lingerie, moi, j'avais déjà fait de la programmation. J'avais tout ce bagage-là avec moi. Là où toi, tu n'as pas du tout été la même limonade, comme on dirait. Donc toi, tu as eu un parcours réellement très rapide pour passer de vraiment junior à vraiment senior. Est-ce que tu peux nous raconter un peu déjà ce parcours pour commencer ?

Houleymatou:
En fait, ce parcours, je vais le commencer directement à la fac. Donc, je viens d'atterrir en France de la Guinée par la coopération française, voilà, qui un peu source les meilleurs dans les filières, notamment filières mathématiques en Afrique, enfin, anciennement colonisées. Et j'arrive, j'intègre l'université Lyon. Et il se trouve que j'arrive en retard en France. J'arrive au milieu de fin septembre. Donc, les cours avaient commencé. Donc, mon premier jour à l'université, c'était tout de suite un travaux dirigé, en fait, un TD. Donc du coup, si j'avais intégré dès le début, j'étais arrivée début septembre, j'aurais eu des cours magistraux, peut-être que j'allais m'adapter un peu. Donc j'arrive premier jour, 8 heures, un travaux dirigé, j'arrive dans une salle de TD, c'était une doctorante qui encadrait les élèves. Et donc elle me donne une fiche d'exercice et je m'assois devant un écran d'ordi. Et en fait pendant 10 minutes je suis assise et je ne sais pas quoi faire, Parce que sur l'écran, tu sais, l'écran, il était éteint. Donc, tu t'assoies et tout ça. J'alime l'écran. Mais moi, à cette époque-là, je ne savais pas qu'il y a un écran. Et l'ordi, c'est la tour sur tes pieds. Mais si tu ne sais pas, tu n'as même pas fait attention qu'il y a une tour en bas. Donc, pendant dix minutes, je suis assise et c'est marqué, logez-vous. Déjà, je ne sais pas ce que ça veut dire, se loguer. Puisque quand on a appris le français, il y a des mots que tu connais, puisque c'est dans les livres et tout ça, mais il y a des expressions que vous utilisez, enfin, qu'on utilise ici en France, qui ne sont pas familiers, en fait. Donc, pendant dix minutes, je ne sais pas, et je me relève, il y avait donc la dame et un autre monsieur. J'ai dit, messieurs, messieurs, il faut savoir que j'avais une prononciation, tout vraiment dedans. Et je dis, j'ai allumé l'ordinateur, mais ça ne marche pas. Et la dame, elle vient, elle dit, mais non, ça, ce n'est pas l'ordinateur, c'est l'écran. Donc, elle me montre comment allumer. Encore dix minutes pour savoir c'est quoi mon identifiant. Sauf que c'est sur la carte étudiante, évidemment. Donc, la galère déjà commence là. Et à la fin du TP, pendant tout le temps, je cherchais où se trouve la collade, où se trouve le point. C'est la première fois, tu vois, un ordi avec, tu vois, un clavier et tout ça. Et donc, du coup, la dame, elle clôture le TP devant la classe en disant, pour vous mademoiselle, ça va être compliqué et très franchement Brino, je l'ai pris à la lettre. Je me suis dit, ce n'est pas forcément une moquerie ou machin, même si tout le monde a rigolé. Mais par contre, cette dame a raison. Parce que c'est vraiment une réalité, ça va être compliqué. Donc, je rentre et mon premier emploi ici en France, parce que du coup, j'arrive en France, je n'ai pas de revenus. Moi, je suis issue d'une famille aussi modeste et tout ça. Donc, j'avais un emploi la semaine, j'étais nounou, baby-sitter la semaine. Et puis, le week-end, femme de ménage. Il se trouve que là, les parents des enfants que je garde, donc elle est dans le numérique et tout ça, donc du coup, elle voyait que j'essayais de m'exercer, d'apprendre des choses sur papier, tu sais, de l'algorithmie et tout. Et du coup, elle commence, elle me dit, elle me prête un truc, tu sais, pour m'expliquer et tout ça. Elle finit par comprendre que, en fait, je ne comprenais pas ce qu'elle m'expliquait parce que j'avais zéro prérequis. À cette époque-là, on est en première année à l'université. Je ne sais pas ce que ça veut dire Word. Je ne connais pas l'Excel. Je ne sais même pas faire une formule. Rien du tout. Sauf qu'à l'université, souvent, pour les admissions, ils regardent souvent tes notes en maths, tes notes en machin. Ils ne regardent pas vraiment, pour aller en informatique, est-ce que tu as les prérequis de base ?

Bruno:
En fait, on part du principe que la majorité des gens qui arrivent dans ces filières-là, ils ont déjà manipulé ces outils-là. Donc, on voit cela, ça fait partie du...

Houleymatou:
C'est ça. C'est ça. En fait, on se base sur l'étudiant français. Sauf que dans les universités et même dans les écoles d'ingénieurs, il y a beaucoup d'étrangers. Peut-être que ça aurait été intéressant que dans le process d'admission, qu'on t'envoie ne serait-ce qu'une fiche de prérequis, même si tu ne les as pas, ça t'oblige à apprendre déjà pour commencer. Donc, c'est comme ça que Elodie, qui était ma patronne, commence à m'expliquer c'est quoi la différence entre un dossier et un fichier avec, tu sais, les tiroirs de sa cuisine, les quiers, c'est des fichiers, le tiroir, c'est le dossier et tout ça. Elle commence à m'expliquer ça. Donc, je démarre une première année avec ça. Évidemment, j'échoue, mais je pense même que je n'ai même pas eu, peut-être j'ai eu cinq ou six, j'étais très bonne en maths, donc ça complétait. Mais une informatique, zéro.

Bruno:
Donc je travaille ce qui est assez fascinant, C'est qu'en fait, on pourrait se dire, mais du coup, comment tu es arrivé là ? Mais ce que je trouve assez fascinant dans ton parcours, c'est que tu n'es pas arrivé à la fac à Paris par hasard. C'était vraiment un choix volontaire de ta part. Tu avais une envie très dans ce monde-là, mais que tu n'avais jamais forcément fréquenté avant. Tu vois, d'où te vient ce déclic, cette envie de travailler dans ce milieu-là ?

Houleymatou:
En fait, cette envie de travailler dans ce milieu-là vient d'un engagement, d'une volonté dès l'enfance. En fait, moi, j'ai grandi dans un petit village au nord de la Guinée, un village Peul, donc de l'ethnie Peul. Et j'ai été orpheline très tôt. Donc, j'ai grandi, j'ai été élevée par mes frères et sœurs, dont mon grand frère qui était... J'avais six mois, en fait, quand on a perdu nos parents. Donc, du coup, j'étais un peu le bébé, mais la princesse de toute la famille, tu vois. Donc, mon frère, quand je voulais quelque chose, il était là et tout ça. Donc, j'étais orpheline, mais j'avais cette chance de, justement, c'est terrible de dire ça. Être orpheline m'a permis d'être élevée par des frères et soeurs qui sont très éloignés de la culture. C'est-à-dire, ils ne sont pas assez mûrs pour se dire que la culture, c'est important. Donc, quand je voulais quelque chose, évidemment, ils étaient à l'écoute. Donc, moi, quand j'étais enfant, tu sais, j'apprenais à pitié déjà, j'étais enfant. Je disais à mon grand frère, moi, je veux être ministre plus tard, je veux être ceci. Et lui, il applaudissait, ouais, tu vas le faire alors que j'avais, voilà. C'est en gros tout ce que je voulais ou que j'avais envie de faire, on ne m'a jamais montré que c'était impossible. Donc déjà ça part de là et puis je me rends compte qu'autour de moi, il faut savoir qu'en Afrique, en tout cas dans mon village, les femmes portent toujours. C'est-à-dire que les femmes, c'est des vrais leaders, par contre, de l'ombre. C'est-à-dire qu'elles portent tout, elles portent la stratégie, elles portent les décisions, mais quand il faut mettre ça en avant, elles disent que c'est le mari, ou bien c'est le papa, ou bien c'est le grand frère, ou bien ce machin. Et je pense que, je ne me souviens même pas quand est-ce que ça m'est arrivé, mais je pense que j'ai toujours été révoltée contre ça. C'est-à-dire que moi je voulais, dès enfant, j'avais une envie folle qui me suit toujours, c'est que je voulais avoir une voix qui compte. Et avoir une voix qui compte à cette époque-là, comment est-ce que ça se traduisait ? Ma maman adoptive, pour écrire des lettres à une de nos demi-sœurs qui est à la capitale, elle allait loin dans le village, un monsieur qui est instruit, qui lui écrit les lettres pour qu'il l'envoie. Et donc, une de mes façons, en tout cas ma façon d'avoir une voix qui compte, je voulais savoir lire et écrire pour lui écrire les lettres. Et donc, c'est comme ça que j'atterris à l'école par du militantisme quelque part, mais je t'épargne les détails, donc je suis scolarisée très tard. Sauf qu'au départ, c'était juste apprendre à lire et à écrire. J'ai adoré ça et je me suis rendu compte qu'aussi j'étais bon, en fait, bon élève. Et donc, du coup, et aussi les félicitations de mes frères qui sont trop fiers que je sais lire et écrire. C'est comme ça que j'atterris au collège, collège à des kilomètres de mon village, mais pour te dire, j'étais vraiment motivée et cette envie d'avoir une voix qui compte, d'être un peu l'île de ma vie. En arrivant au collège, je tombe sur une troupe de théâtre qui œuvrait contre l'excision dont moi-même je suis victime, pour la scolarisation des enfants, notamment des filles auxquelles il y a vraiment pas mal d'enfants pas forcément scolarisés. Et puis le troisième sujet, la lutte contre le mariage précoce. On est au collège, les filles commencent déjà à se marier. Donc j'intègre cette troupe de théâtre. Au départ c'était juste pour accompagner les copines Sauf qu'en fait, Cette troupe de théâtre m'apprend Les conséquences de l'excision M'apprend le pourquoi du mariage précoce M'apprend l'importance de l'école Alors que au collège J'étais juste, je me félicitais d'être au collège Donc quand j'ai compris ça, Je me suis dit mais ce rêve Que j'avais d'aller de l'avant D'avoir une voix qui compte En fait je peux. Je ne peux rien que derrière cette troupe. Donc, je fais tout possible pour déjà mieux jouer, être un peu un personnage principal. Mais pour mieux jouer, en fait, tout ce que j'ai appliqué en France, je l'ai commencé dès le collège avec cette troupe. Parce qu'en fait, j'ai compris que je ne m'expliquais pas forcément bien à l'époque. Je ne viens pas d'une famille d'instituts. J'avais une histoire particulière. Je viens du village alors qu'on est un peu en ville, machin. Donc, pour mieux jouer, je commence à regarder des séries, en fait, avec des copines. On va dans des clubs, ça s'appelle des clubs, des vidéoclubs, en fait, des vidéoclubs, voilà. On commence à aller voir des films pour mieux interpréter des rôles. Et c'est comme ça que je tombe sur une série américaine qui s'appelle 24 heures chrono. Et je pense que ma vie a changé ce jour-là. puisque c'est une série. Où on cherche des terroristes et le personnage principal sur le terrain c'est Jack Boer et puis il y a un personnage à l'ombre mais sans elle rien ne fonctionne rien ne marche, il s'appelle Chloé et donc Chloé elle jouait l'experte informatique dans la série et en fait, c'était pas forcément du fait qu'elle était derrière un ordi qui me plaisait c'était son leadership, c'était le fait qu'elle avait une voix qui compte, sans elle la série ne tourne pas et puis le fait que, en fait, quand elle ne savait pas, elle savait écouter, mais qu'est-ce qu'elle savait argumenter quand elle avait raison ? Et surtout, tout le monde l'écoutait. Je me suis dit, c'était la première fois. Je voyais une leader, une femme, leader, mais qui assume. Parce qu'autour de moi, il y avait plein de leaders, mais souvent qui attribuent ça à quelqu'un et tout ça. Et donc, je me dis, moi, je veux être Chloé. Et pour être Chloé, il faut être experte informatique. Et donc, c'est comme ça que j'ai découvert ce métier auquel on me dit, pour faire informatique, il faut faire science-mathe. J'ai fait ça pour être experte. Il faut aller dans des universités comme la France. En fait, ça a alimenté toute ma trajectoire jusqu'à aujourd'hui, tout simplement.

Bruno:
Ce qui montre du coup aussi l'importance de la représentativité, d'avoir des modèles qui sont visibles, parce que ça peut créer des envies à l'autre bout du monde.

Houleymatou:
Exactement. Exactement. Le rôle des médias, des presses, des contenus comme celui que tu fais, on sous-estime en fait, parce que souvent quand tu crées un contenu là, tu ne sais pas le nombre de personnes à qui ça touche. Mais même si c'est deux personnes, si ça se trouve parmi les deux, il y a une personne à qui ça changera la vie. Moi, ça a été mon cas. Et d'où du coup mon engagement autour de tout ça.

Bruno:
— Je reviens du coup à cet arrivé à la fac où tu as du coup cette prof qui te dit « Pour vous, madame, ça va être compliqué ». Ce que je trouve intéressant, j'ai reçu il y a quelque temps sur ce podcast le créateur de VLC. Qui, au détour d'une conversation, me dit que l'encodage vidéo, c'est un sujet qui est et complexe et compliqué. Et moi, naïvement, je ne connaissais pas la différence, la nuance entre complexe et compliqué. Et il me l'a expliqué. Et du coup, je trouve ça intéressant qu'elle ait choisi ce mot compliqué, parce que quelque chose de complexe, c'est quelque chose qui est unitairement... Enfin, oui, tu as peu de choses à faire, mais chaque chose que tu as à faire va être complexe, va être dure à faire. Alors que compliqué, c'est que tu as des choses unitaires qui ne sont pas forcément dures à faire, mais que t'en as beaucoup à faire. Et je trouve ça intéressant parce qu'en utilisant ce mot compliqué, c'est qu'effectivement, t'as énormément de savoir à rattraper, mais au final, c'est juste du savoir, entre guillemets, à rattraper. Il suffit juste de taffer. Mais toi, à aucun moment, tu t'es dit que le volume de retard que t'avais sur les autres, à aucun moment, tu t'es dit ça va m'arrêter.

Houleymatou:
En fait, à aucun moment, j'ai dit ça va m'arrêter. Pourquoi ? Parce qu'au final, la difficulté, je ne l'ai pas connue en France. C'est depuis toute ma vie, rien ne m'a été donné en fait, dès l'enfance déjà. Donc du coup, j'étais habituée et puis j'ai été élevée par le meilleur coach du monde de mon grand frère en fait. C'est vraiment le meilleur dans le sens qu'en fait, il m'a appris que de l'échec ça n'existe pas. Donc, voilà, c'est toujours, tu as appris quelque chose et puis il faut savoir rebondir, il faut savoir saisir les opportunités. Et puis, il faut aussi apprendre à mettre son énergie sur ce qui est important pour nous. Donc, à l'université, quand la prof, elle m'a dit, mademoiselle, vous, ça va être compliqué, déjà, je l'ai pris à la lettre. J'ai trouvé juste ce qu'elle disait. Donc, je ne me suis pas focalisée au rire des gens ou machin. Je me suis dit, OK, comment je vais faire? Je vais peut-être faire step by step, un peu de étape par étape en se disant par quoi je vais commencer. La rencontre avec Elodie, d'où du coup, je te dis, saisir les opportunités, c'est important. La rencontre avec la maman des enfants que je gardais a été aussi une opportunité à saisir parce qu'elle m'a permis déjà de savoir c'est quoi le prérequis que je n'ai pas. Parce qu'en fait, il faut savoir que quand je pars à l'idée de comment alimer un ordinateur, je ne savais pas à l'époque que pour apprendre déjà l'algorithme, il faut déjà que je puisse créer un fichier pour un C ou un fichier tout simplement. Si je ne sais pas la différence entre un dossier et un fichier, comment je peux créer un projet pour le faire compiler ? Donc du coup, elle m'a fait comprendre à son niveau, Je sens qu'elle n'est pas développeuse. C'est qu'en tant que Française, en tant que sortant du lycée, qu'est-ce qu'on doit savoir ? Elle m'a permis de découvrir le site, ça s'appelait site du zéro à l'époque, Open Classroom. Et je tiens à faire une parenthèse, je félicite les personnes qui sont contributeurs à ce site parce qu'il y a un humour déjà, il y a une accessibilité à l'information, il y a une façon de détailler. Et en fait, ils m'ont tout appris. Ça veut dire que j'étais nounou en semaine, je ratais des cours et puis je revenais à l'université, j'essayais de rattraper les TP, mais je me suis construite en une liste de cours à faire en parallèle. D'accord ? Donc, la première année, au final, pourquoi je te parle, l'échec à mon humble avis n'existe pas, c'est que je savais que j'allais rater l'année. Mais par contre, c'est comment faire pour que l'année d'après, je ne la rate pas. Donc, ce que je faisais, tout ce qu'on donnait en cours, j'essayais d'être à jour. C'est-à-dire, je notais tout, les TP, j'essayais de faire de mon mieux, je sens que je finissais jamais. Mais par contre, je donnais le maximum sur le rattrapage que moi j'ai à faire. D'accord ? Donc, du coup, j'ai rattrapé comme ça. Et puis, tout l'été, j'ai continué à expérimenter depuis le site Open Classroom et à revoir mes TP parce que j'ai tout gardé, à relire mes cours. Et puis, la deuxième fois que j'ai fait la première année, je ne te dis pas, j'avais des excellentes notes, mais j'étais assez préparée parce que je savais déjà de qu'est-ce que je ne sais pas.

Bruno:
En fait.

Houleymatou:
Donc voilà, une des parties qui m'a aidée, en tout cas dès mon arrivée, c'est d'identifier ce que je ne sais pas. Savoir avec qui m'entourer, donc en classe ceux qui sont, c'est pas parce qu'on est copote ou on s'entend bien que je vais m'asseoir à côté de toi. Si t'es pas quelqu'un qui écoute bien ou qui a envie d'avancer, très franchement on bavarde en récréation mais je m'asseyais toujours devant. Les profs qui étaient ultra sexistes parce que j'en ai eu, j'essayais de prendre ce qui me semble important de ce qu'ils ont dit et tout le reste, je laissais de côté. Puisque j'avais cet avantage, que j'ai travaillé ça depuis mon enfance. C'est-à-dire le sexisme, l'inéquité, je ne l'ai pas connu en France. Je l'ai connu de différentes échelles. On ne va pas dire que la France est meilleure qu'en Guinée ou que la Guinée est meilleure qu'en France. Mais je sais qu'il y a toujours des personnes, c'est parfois, même pas par méchanceté, mais toujours des personnes négatives. Et ces personnes négatives, tu vas beau faire des trucs, ben eux, ils sont dans leurs trucs négatifs. Et moi, ça, ça ne m'intéresse pas. Donc, je travaillais, j'essayais de rattraper le mieux que je peux.

Bruno:
Est-ce que du coup, c'est cette détermination et du coup, tout ce travail phénoménal que tu as dû... C'est-à-dire qu'en fait, tu as pris un rythme de travail qui était supérieur que tous tes camarades de classe. Et du coup, j'imagine que c'est aussi en maintenant ce rythme supérieur aux autres que tu as pu aussi vite accéder à un rôle de lead dev. Mais ce qui est marrant, c'est que dans ce que tu décris, tu choisis aussi à côté de qui tu te mets en classe parce que tu vois aussi en fonction de ce dont tu as besoin. C'est aussi important quand tu cotais sur des rôles de lead dev de savoir identifier à qui faire appel à quand en fonction des problèmes. C'est un ensemble d'expertises que tu avais déjà développé depuis longtemps.

Houleymatou:
Oui, c'est un ensemble d'expertises que j'avais développé, je pense peut-être depuis la Guinée. Ça s'est accentué à l'université parce qu'ici, finalement, j'étais perdue, je suis toute seule et puis je suis dans un domaine, c'est mon rêve ultime, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas la possibilité de penser que je ne vais pas y arriver. Je veux y arriver puisque ma famille s'est sacrifiée quelque part pour que je vienne en France pour me suivre dans ce projet. Et puis, j'étais assez persuadée que ça allait me donner la voie qui compte dont je rêvais enfant, en fait. Donc, il y avait ça. Et puis, deuxième chose, ça a continué même dans le monde du travail. En fait, savoir s'entourer, c'est un élément central. En fait, savoir s'entourer, ce n'est pas forcément d'être opportuniste, c'est en fait savoir qui pinguer. Au moment venu, en fait. Donc ça, c'était important. Et puis, l'autre chose aussi, j'avais identifié des profs, pas forcément, tu vois, pas forcément une femme ou un homme, mais des profs que j'avais l'impression ont partagé les mêmes valeurs. C'est-à-dire, c'est des profs, tout le monde pense qu'ils sont durs, mais j'ai capté que c'est des profs qui cultivent le mérite. C'est-à-dire, tu sais, je ne sais pas dans ton parcours si tu as eu, parfois des profs que tout le monde a peur, machin, mais c'est des profs, ils sont passionnés de ce qu'ils font. Et puis, quand tu fais bien, franchement, en fait, ils s'en foutent de qui tu es, mais ils sont à fond, ils prendront le temps. Parfois, ils dépassent même leurs heures pour mieux t'expliquer parce qu'ils ont compris que tu n'as pas compris le sujet, mais tu as la volonté de comprendre. Donc, ils vont te pousser. J'avais identifié ça, notamment sous une de mes enseignantes qui s'appelle Carole Knib, qui est aujourd'hui enseignante toujours à l'INSA et qui faisait aussi Lyon. Et en fait, à la fin de chaque cours, j'avais déjà essayé de faire les TP, les machins et je listais toutes mes questions, même les plus naïves. Je listais tout ça et je venais la voir et je disais, j'ai essayé, je suis bloquée, et j'avais leur dit tout préparé à tout près. Et en fait, elle me refaisait le cours, quelque part, en essayant juste de répondre à ma question. Elle se rendait compte qu'il y a un concept que je n'ai pas compris, supposons, je ne sais pas, moi, on parle d'Eritaz, elle comprend que je n'ai pas compris le polymorphisme, elle fait un écart, tu vois. Elle m'a réexpliqué le truc et en fait figure-toi on était un promarané. Donc, l'été passe, la deuxième année, dès le début de la deuxième année, elle vient me voir, elle dit, je sais comment faire pour pouvoir t'aider. Je vais monter une convention, je sens qu'en deuxième année, le stage, ce n'est pas obligatoire. Je vais monter une convention de stage et tu vas venir faire ton stage. L'été, tu fais quoi? Je dis, je devais aller en vendange et tout ça. Elle me dit, normalement, un stage de deux mois, l'entreprise ne paye pas. Mais par contre, je vais essayer de voir avec le labo pour voir si c'est possible pour mon cas, sans qu'ils me connaissent et tout ça, si c'est possible de me payer. Donc, dès la deuxième année, elle me prend en stage, sauf que ça déclenche tout. Parce que ce stage, c'était un stage avec elle. Elle y avait, tu sais, noté dans la convention, je dois faire ci ou ça. Je faisais ça un peu le matin. Tout l'après-midi, elle me faisait refaire les TP. De son cours. Donc, elle donne un cours de C++, et très franchement, si tu es très bon en C++, tous les langages, tout se décompte.

Bruno:
En fait.

Houleymatou:
Tout est plus facile. C'est là aussi que j'ai eu l'amour de l'algorithmie. Parce qu'elle refusait de m'expliquer du C, quelque part. Elle m'expliquait l'algorithmie, comment faire et tout ça. Parce que je pense que derrière tout ça, aujourd'hui, on est en contact. Je pense qu'elle ne voulait pas m'aider pour sa matière. Elle voulait me préparer, en fait, pour toute la suite. Ça m'a aidé à comprendre déjà l'algorithmie, ça m'a aidé à. Comprendre que les bugs ce n'est pas forcément un problème négatif mais c'est par les bugs que tu apprends à comprendre le concept derrière, que tu apprends à lire la documentation, tout ce que je ne savais pas faire. Que si tu sais utiliser une documentation, peu importe la problématique que tu as, très franchement tu peux t'en sortir. C'est là où j'ai appris à aller sur Stack Overflow, même s'il y a des conseils évidemment qui ne sont pas forcément bons, mais en tout cas, il y a de tout là-dessus. Et surtout, le fait qu'elle m'ouvre ce premier stage, j'ai jamais eu de problème de stage dès la deuxième année jusqu'à la fin. Pourquoi? Parce que j'étais en avance, elle avait renversé mon retard. C'est-à-dire que quand je suis arrivée en première année, j'étais en retard par rapport à tout le monde. Quand on est arrivés à la licence 3 où le stage était obligatoire, j'étais en avance par rapport à tout le monde parce que j'avais déjà un stage que j'ai validé en plus d'un labo et en plus avec lettres de recommandation et en plus tous les profs à côté que j'ai eu en cours, elles me, conseillaient d'aller voir tel prof pour dire comment je suis bon en logique ou comment je suis bon en tel truc et donc mon premier stage je l'ai trouvé rapidement, Et c'est comme ça que je suis arrivée, quand j'ai fini mes études, je suis arrivée dans le monde du travail. J'ai trouvé mon emploi, et ça c'est une anecdote folle, j'ai trouvé mon premier emploi, CDI, à moins de 24 heures.

Bruno:
Pas mal.

Houleymatou:
Et très franchement, il y avait tous ces stages, mais il y a plein de tips que j'ai appliqués aussi qui m'ont aidée. Et très franchement, merci à Carole Knib, merci à Nathalie Guen qui était ma prof référente pédagogique qui m'a vraiment aidée dans le sens qu'elle faisait en sorte que les profs me fassent des cours, l'emploi du temps un peu adapté puisque moi l'après-midi à 16h je dois récupérer des gamins. Donc, voilà. Et de comprendre aussi que quand j'avais 9,99, il faut me répécher parce que j'ai 5 000 vies. Donc, sans ces 5 000 vies, peut-être que j'aurais eu 12, tout simplement. Donc, merci à tous ces profs. J'ai cité que deux, mais il y en a eu plein qui ont été extraordinaires à côté de... Qui ont éclipsé tout ce qui ont été des vraies barrières, quoi, dans ma position.

Bruno:
— OK. Canon. C'est fou de voir aussi cette reconnaissance envers les personnes. Parce qu'au final, on pourrait dire que tu as eu un parcours où tu as eu tellement de difficultés et d'obstacles que tu pourrais dire « fuck it, j'ai pas besoin de remercier personne ». Mais tu prends quand même le temps de remercier des gens. Donc je trouve ça assez fou. On arrive du coup maintenant à ton arrivée en entreprise. Donc tu commences à découvrir le métier de développeur et de développeuse en entreprise ? – Forcément, je suis obligé de demander, tu avais découvert ce métier en regardant Chloé dans 24 heures avec Jack Bauer, tu arrives en entreprise à Lyon, j'imagine qu'il y a un léger décalage quand même entre les deux expériences. Comment est-ce que tu as vécu ce décalage ?

Houleymatou:
– Déjà, non seulement il y a un décalage entre ce que je la voyais, la comédienne tapait sur un clavier, il y a des cartes qui s'affichaient, déjà ça j'avais compris ce décalage-là déjà à l'université, parce que je me suis dit, mais Chloé ne m'a pas dit que c'était aussi dur et aussi difficile et aussi complexe. Je ne sais pas si c'est le bon mot. Mais voilà, donc il y avait eu ce décalage-là, je l'avais compris à ce niveau-là. Mais je pense que ce qui s'est accentué pendant déjà la formation à l'université, c'est ma passion pour le domaine. En fait, en intégrant un cursus informatique, tu vois, ça aurait pu être quelque chose qui te passe. Tu vois genre tu voulais faire ça après tu te rends compte que ça reste une série et que c'est pas vrai moi ça s'est accentué, j'ai adoré ça j'ai adoré tu sais, ne pas savoir et après avoir un bug et après crier victoire à la fin, c'est comme si c'était de l'adrénaline en fait c'était vraiment quelque chose qui m'aidait à faire des nuits blanches en fait tout simplement donc par contre le décalage avec l'entreprise. Là, j'irai même plus loin, c'est le décollage entre ce que tu apprends à l'école et ce qui se passe en entreprise. En fait, à l'école, on t'apprend. En fait, si tu veux, on ne te dit pas dans tout l'apprentissage ce qui est vraiment important. C'est-à-dire, tu arrives, moi c'était mon cas, tu arrives, tu es dans la formation, tu es dans le but d'une note, on te dit, fais un projet, tu fais un projet. Mais je pense que je ne me posais jamais la question de pourquoi je faisais ça, pourquoi je fais ce projet. Mais dans telle matière, qu'est-ce qui est vraiment important comme concept à apprendre ? Je suivais juste des chapitres et puis j'essayais de deviner lequel des chapitres va tomber à l'évaluation, donc j'essayais d'apprendre ça. Arrivé en entreprise, je me rends compte déjà qu'on ne passe pas la vie à coder. En fait, il y a plein de réunions. C'est que je ne savais pas, en fait, déjà, puisque jusqu'à présent, j'avais fait des stages et tout ça. Je n'ai pas eu de soucis, mais j'étais souvent dans des labos. Et puis, un des stages en entreprise, c'était une petite entreprise. Là, ma première mission, je suis dans un grand groupe où l'équipe, déjà, on était une équipe de 12 personnes. Je suis la seule fille. Et donc, du coup, je vois déjà, on est dans une mode d'agilité. Et puis, on a un lead technique qui est, aujourd'hui, je dirais, qui était très dur. Mais je pense qu'avec l'auricule, je me dis juste que ce n'était pas un bon lead technique, en fait. À l'époque, je pensais juste qu'il était très dur avec moi. Mais je pense que c'est quelqu'un qui ne jouait pas forcément collectif. Donc, très franchement, j'arrive, j'ai un niveau très bas, puisque j'ai toujours à l'université, peut-être bon élève en maths et tout ça, mais très moyen niveau notes, voilà. Et puis, j'arrive, même quand tu es meilleure à l'école, quand tu arrives en entreprise, tu es vraiment le niveau est bas. Donc, j'arrive. On évolue dans une stack technique Java avec du Spring Boot, de ma veine et tout ça. Déjà, je ne comprends même pas comment tout ça interagit. Et je pense que dans l'équipe, il y avait beaucoup de bons, en fait. Et il n'y avait pas forcément de niveau bas comme moi. Donc, je pense qu'au début, c'est juste que j'ai dépassé ça vite. C'est comme si quand tu posais une question ou quand tu ne sais pas quelque chose, toute la journée, on bloque sur ça. C'est une moquerie mais l'avantage que j'avais moi j'ai jamais été complexée en fait par ne pas savoir, en fait ça m'a jamais passé par la tête donc quand je savais pas je le disais évidemment ils se moquaient mais toi tu sais pas ça ou on m'engueulait et puis je restais. Tard je sens que je suis mariée à l'époque je restais tard au travail rien que pour comprendre et tout ça Et j'ai compris aussi que la méthodologie agile, elle est bien pour avancer, mais parfois elle retarde dans le sens que le lendemain, dans le délit le matin, il y a dans certaines entreprises plus tard, j'ai compris, quand tu es bloqué, tu le dis pendant le délit et puis après, quelqu'un prend tout de suite le lead, soit le lead, soit il délègue quelqu'un, qui vient te débloquer ou autre. Moi, à l'époque, quand tu le disais, c'est comme si tout le monde t'accuse d'être en retard. Si on est en retard dans le sprint, c'est à cause de toi. Et en fait, on te laisse un peu te démerder. Sauf que jusqu'à présent, ce qui m'avait fait avancer, c'est Open Classroom. Mais sauf que là, c'est décalé. Il faut connaître déjà le contexte métier. Il faut connaître le projet. Tu ne vas pas non plus poster les bouts de code dans Stack Overflow. il te faut quand même une compréhension architecturale en fait. C'est là, en fait, que je me suis souvenue que j'avais un de mes camarades d'université qui était ultra bon, techniquement. Donc, je commence, on était aussi amis, je commence à lui expliquer. Lui, il ne connaît pas le contexte métier, mais par contre, il avait des tips. Par exemple, quand c'est lui qui m'a dit, peu importe le projet ou l'est, apprends à utiliser le débuggeur, tu deviens meilleur, en fait. Pour utiliser le débuggeur. Parce que si tu sais utiliser le débuggeur, moi je ne peux pas t'aider puisque je ne suis pas de l'entreprise et puis je ne peux pas lui montrer les données de l'entreprise. Et je commence à faire des titos juste du débuggeur, je te jure Bruno. J'apprends ça, mais ça a changé ma vie. Parce qu'en fait, à chaque fois que j'avais un souci, j'avais appris avec ma prof d'utiliser la documentation. Mais évidemment, on était sur Eclipse. Je n'avais pas appris le débugger et tout ça. Donc, ce copain-là, Maxence, il me débloque en me disant, il faut apprendre à utiliser le débugger et tout ça. Et c'est comme ça que je commence à évoluer petit à petit et à me construire des projets persos qui sont sur la techno qu'on évoluait. Donc, évidemment, je n'ai pas le contexte terrain. mais par contre si je mets découper les technos un projet java je peux trouver sur open classroom du du spring je peux trouver l'explication du maven je peux et tu vois je, récoupé un petit peu comme ça et en plus j'ai commencé à être toutes les pauses j'essayais de vraiment passer du temps avec les architectes. De l'entreprise, parce que c'est un grand groupe. Et donc, du coup, j'essayais de poser la question, mais pourquoi il y a eu le choix de machin ? Pourquoi ta ta ta ? Et du coup, dans mon débagage, parfois, quand j'atterrissais à des classes, puisque c'est un gros projet, donc l'entreprise travaille pour la SNCF. Donc, on travaille pour SNCF Voyageurs avec des web services et tout ça que je ne connaissais pas. Donc, du coup, plus je discutais avec eux, plus je comprenais les choix, plus ça poussait c'était pas que ça me rende bonne développeuse mais ça créait de la curiosité chez moi que quand je remontais dans mon débagage je disais ah oui là c'est parce que ça appelle machin et tout et donc je peux pas te dire j'ai été bonne développeuse moi et c'est assumé d'ailleurs de dire ça à l'audience ou à toi j'ai jamais été. J'ai jamais cherché même à l'être par contre Je refuse de faire quelque chose que je n'ai pas compris. Je refuse d'aborder un sujet auquel je n'ai pas assez découpé, assez rentré dans le pourquoi du comment. Et du coup, mis bout au bout, en fait, ça revient aux exercices de l'université au final. Puisque nos méthodes au final, dans le code, que ce soit un gros projet ou autre, quand tu reviens à méthode par méthode, Ça revient au concept qu'on a appris. Par contre, l'encapsulation peut-être du projet et comment c'est appelé et le fait qu'on injecte des données métiers, ça, c'est différent. Et ça, évidemment, les meilleures copines dans les équipes tech, il n'y a pas de femmes, mais par contre, chez les fonctionnels, les consultants fonctionnels, c'est souvent des femmes. Eh bien, je suis très copine avec elles et du coup, elles m'expliquaient pourquoi le client a dit telle contrainte, pourquoi machin, et puis je... J'ai appris très tôt à faire des tests sanitaires, j'ai appris très tôt à essayer de faire bien ce que je fais et de ne pas forcément me comparer en me disant tout simplement, tu es parti de zéro, donc tu vas à ton rythme et puis tu ne loupes pas une opportunité, c'est tout.

Bruno:
Tu as mis combien de temps avant de passer du coup l'EatDev ?

Houleymatou:
Donc, en fait, l'IDDEV, je l'ai eue fin 2022, chassant que j'ai commencé vers 2015. Donc, je ne sais pas, c'est 7 ans, 6-7 ans.

Bruno:
Un petit 6-7 ans.

Houleymatou:
Oui, un petit 6-7 ans.

Bruno:
Ça a été quoi, tu penses, les deux, trois, cinq, sept éléments qui t'ont permis d'arriver sur ces rôles-là ? Qu'est-ce qui fait que toi, tu as réussi à arriver sur ces rôles-là ?

Houleymatou:
En fait, là, ça nous fait un décalage avec le début de carrière dont je t'expliquais où on était sur un projet de Java. Là, on est sur 2021. Donc, avant le début de ma carrière jusqu'à 2021, j'ai fait des sociétés de service. Pourquoi? Parce que moi, à l'université, on m'avait dit pour monter plus vite en compétences, il faut faire une société de service parce que tu changes de projet, parce que machin, parce que nanana, tu vois. Donc j'avais appliqué ça. Et vers 2021, 2021, je sens que je suis déjà maman de deux filles et en plus je commence à prendre confiance en termes de leadership technique. J'avais déjà un cadre technique et donc du coup, j'intègre une entreprise spécialisée dans la digitalisation de documents. C'est aussi une entreprise qui fait tout ce qui est gestion documentaire, même physique en fait. Donc, j'arrive dans cette entreprise en tant que consultante d'une société de service. On fait les premiers mois, en fait, au premier mois de ma mission, ils étaient sur du C++, chassant que jusqu'à présent, j'ai fait du Java. Donc, j'arrive dans cette entreprise. Pourquoi il m'avait pris ? C'est parce que déjà, en fait, je pense que le décideur, il adorait mon côté algorithme. Il avait compris aussi pourquoi je voulais changer de techno. Moi, je voulais voir plein de choses. Donc, il m'avait validée sur papier comme ça. Il se trouve que j'arrive dans cette entreprise et j'avais un lead technique extraordinaire qui s'appelle Romain Bala et qui était très bon, mais vraiment très bon dans son domaine. Donc, j'intègre cette DSI et lui, il était en freelance. Et en fait, non seulement on s'entendait bien humainement, mais c'est quelqu'un aussi qui me fait penser au prof dont je te parlais, les gens qui sont passionnés et tout ça. Donc, quand je ne comprenais pas quelque chose, il m'expliquait. Et en plus, il y avait cette blague où il se moquait du Java. C'est-à-dire que tout ce que je n'arrivais pas, il mettait sur le dos du Java. Vous êtes nul, les développeurs de Java et tout ça. Donc, lui, il en sait plus, plus, c'est meilleur. Donc, en fait, je monte vite en compétences sur le côté métier déjà et technique avec lui. Au bout de quelques mois, on change de DSI et je ne t'apprends rien. Il y a parfois des nouveaux directeurs qui arrivent. S'ils ne connaissent pas la techno, ils s'en foutent. Est-ce que c'est bien pour l'entreprise? Est-ce que c'est performant? Ils changent tout, tout simplement parce qu'ils veulent être dans l'air truc qu'ils connaissent. Donc je sais pas c'est qui s'est passé mais on découpe le service un service dsi et service intégration moi on met enfin nous notre équipe on la met sur le service intégration d'accord et il décide de changer de techno on passe de c++ à chez sharp. Évidemment, on perd plein de collaborateurs, des gens qui étaient internes qui démissionnent parce qu'ils ne se retrouvent plus, parce que machin. Et puis, ce Leal Tech que j'adorais, qui est freelance et qui est spécialisé en C++, évidemment, on l'éjecte. Et donc, du coup, on se retrouve dans cette équipe réduite avec du C Sharp. Mais j'avais un petit avantage, c'est que j'avais fait du Java pendant longtemps. Et ce que je ne savais pas quand on a changé, c'est que C Sharp, c'est du Java à Microsoft, en fait. Donc du coup, et puis on avait dans l'équipe architecte, Michael Houillon, un meilleur encore lead, qui était du côté DSI, qui est l'architecte du machin. Et donc du coup, qui dit, écoute, vous voulez avec l'équipe, je vais vous accompagner déjà à structurer les projets. Nous, on s'occupe de tout ce qui est automate de livraison. En fait, on est sur la fin de la chaîne. Donc je vais t'accompagner et tout ça. Et très vite, dans les échanges, je deviens son interlocuteur principal de l'équipe. Donc, du coup, il avançait avec moi et moi, je revenais expliquer les décisions architecturales et puis les choix et puis machin. Et petit à petit, il me formait sur des trucs et petit à petit, je lui pose 5000 questions à chaque fois. À chaque fois qu'il me voit venir, il se cache en gros. Et donc, du coup, au bout de quelques mois, en fait, je me rends compte, mais personne ne me l'a dit. J'avais le poste de l'IT. Mais c'est juste que personne ne l'a dit et puis personne ne l'a donné en fait. Donc au sein de l'équipe, j'ai tous les rôles, je suis l'interlocuteur, même les recrutements de nouveaux profils pour arriver à l'équipe, je fais partie du recrutement pour la partie technique et tout ça. Et en fait, dans une discussion, un jour, il y avait des personnes qui parlaient de rôle, de technicité. et tout ça. Et je commence à m'interroger en fait, c'est quoi déjà être le lead technique, c'est quoi être situé, c'est quoi être développeur, advocate à cette époque. Je m'intéressais beaucoup d'ailleurs à ce sujet-là. Et donc du coup, on me dit, ouais, ça, si on fait ça. Tu accompagnes l'équipe dans les choix stratégiques, dans l'avancement du projet. Et en fait, on pitchait ce que je faisais. Et donc du coup, je demande tout de suite rendez-vous dans les prochains jour rendez-vous à mon directeur. Et je reviens, avant d'aller voir le directeur, je viens parler à Mickaël, en fait. Je lui explique. Moi, je trouve que c'est injuste. Il me dit, mais attends, est-ce que tu as demandé en fait ? Parce que je pense que j'allais me dégonfler avant le rendez-vous parce que si je suis allée demander à Mickaël, c'est que tu vois, j'avais des doutes et tout ça. Et parfois, quand tu veux venir demander quelque chose, « Vaut mieux pas avoir de doutes avant de venir. Vaut mieux déjà avoir une posture qui est légitime et puis d'avoir les arguments de préparer. » Donc du coup, quand je lui en parle, il me dit « Mais déjà, en fait, t'as le poste. Et puis surtout, pourquoi tu me demandes ? C'est que t'as des doutes. » En fait, il savait poser vraiment des questions. Petit aparté, souvent quand je venais lui poser une question technique, il me disait, non là j'ai pas le temps, reviens à ton poste, tu me formules par Teams, tu formules la question. Je te jure, un coup sur deux, jusqu'à présent il se moque quand on se parle. Quand je me mettais à formuler ma question, je lui réécrivais, je disais, ah non je connais, j'ai la solution. Parce que souvent, j'avais commencé à prendre la facilité de courir à chaque fois à le voir. Et parfois, c'est juste que je n'ai pas formulé ma question. Je ne me suis pas posée vraiment pour voir ce que je sais faire.

Bruno:
Parce qu'on ne t'avait jamais expliqué le principe du rubber duck ?

Houleymatou:
Non, parce qu'en fait, comme je t'ai dit, moi, j'ai grandi dans la tech par mimétisme. Donc, si dans tout mon parcours, je n'ai pas rencontré une équipe où les gens le font, je ne le sais pas. Donc il y a plein de choses que j'apprends sur le tard que j'aurais pu avoir avant parce que je n'ai pas eu l'opportunité de voir. Du coup, il me faisait ça et quand je lui ai parlé de ce post-Litec, il a refait la même chose qu'il fait la partie technique. Posé plein de questions. Sauf que les questions qu'ils me posaient à préparer mon entretien. Je suis arrivée à ce rendez-vous-là où ils pensaient que je veux une augmentation et tout. Je leur explique écoutez, aujourd'hui j'ai le poste de lead technique mais c'est pas formalisé. Et il y a Jules, donc mon chef qui dit mais en fait il n'y a pas débat où es-tu là? Je dis ouais ok, pose-toi d'abord je l'ai mais moi je ne veux pas que tu me dises que je l'ai. Je veux déjà un avenant, je veux le titre pour que je puisse déjà me dire que je l'ai et puis en plus la revalorisation de mon salaire. Chassant ce que je ne t'ai pas dit, malgré mon niveau que je t'ai dit, très bas, nul, limite à l'entrée du monde du travail, jusqu'à ce poste de tech, dans un open space, j'étais souvent l'une des meilleures payées. Quand je discutais avec les gens. Parce que ça, c'est quelque chose qui est propre, pas seulement qu'en France, en fait. J'ai toujours su, quand je veux quelque chose, j'ai toujours su aller le chercher, mais surtout argumenter. Donc, je peux avoir un doute technique ou autre, mais je n'ai jamais eu un manque de confiance en moi-même. Donc, du coup, quand je suis venue, je lui ai expliqué. Il m'a dit non, mais tu as déjà le poste. Je dis non, il va falloir provoquer un rendez-vous avec les RH, mais moi, je veux un vrai truc acté. Il se trouve, à la même période, j'étais nommée ambassadrice de l'égalité des chances de l'entreprise, donc il fait tout en un cours, lead technique et autres. Et après, arrive comment légitimiser le fait que j'ai le poste et que les collègues à côté ne l'ont pas, même si j'avais sur le papier tout ce que je faisais, ça pouvait légitimiser ? Et bien pourtant, quand tu as vraiment le poste, il y a des gens qui s'opposent en fait. Et donc comment aller changer ça et tout ça, ça c'est un autre sujet.

Bruno:
À quel moment tu as réalisé que tu étais passée de celle qui posait plein de questions à celle à qui on posait plein de questions ? Parce que côté l'île d'Ève, du coup c'est aussi ça qui change.

Houleymatou:
Oui, oui. En fait, je l'ai su déjà quand je te disais, avant même que j'arrive dans cette entreprise, déjà là où j'étais pendant des années, j'avais compris, tu sais, à chaque fois qu'il y a des nouveaux recrues, même s'ils sont bons techniquement, au début, ils ne connaissent pas le métier, ils ne connaissent pas les choses. Donc, au final, aussi, quand tu restes longtemps dans un projet, au final, tu maîtrises, en fait. Déjà, comme je t'ai dit, moi, je suis très bon en débégage. Donc, forcément, ça aide aussi. Donc, j'avais déjà remarqué qu'en fait, on me posait des questions. Et puis, tu sais, on est en agilité. Il y a l'époque Air Planning, il y a l'estimation et tout ça. Et j'étais très pertinente déjà à l'époque. Et puis, moi, j'adore prendre la parole, parler et tout ça. Donc ça, ça aide aussi à monter en compétence parce que j'adore parler, mais je n'aime pas non plus ne pas être pertinent. Donc du coup, ça me pousse à, parce que je sais que je ne peux pas être timide, donc ça me poussait à travailler le truc avant même l'heure. Et malheureusement, du coup, je dépense beaucoup plus d'énergie que les collègues. Mais quelque part, c'est moi ça, en fait. Non seulement c'est assumé, mais c'est même obligatoire chez moi parce que j'apprends peut-être lentement. J'apprends, je n'ai pas de prérequis comme tout le monde. Et donc, du coup, dans ce poste lead technique, ce qui était génial, c'est que le fait que j'étais une développeuse moyenne et finalement nulle, Je pense que ça m'a permis d'être bon litée. Parce qu'en fait, il n'y avait pas une question que je jugeais non pertinente. Parfois, ça me rappelait quand j'étais à ce niveau-là. Et puis, je partageais parfois des tips personnels. Qu'aujourd'hui, d'ailleurs, ces personnes-là me font des retours, que ça leur a aidé à prendre confiance parce que du coup, je leur disais mais en fait, arrête de dire que tu ne vas pas savoir le faire. Moi, il y a telle année, je donnais une anecdote et tout ça et tout de suite, ça a allumé une lumière sur la personne en se disant, ok, si elle a pu faire tel projet dont elle a parlé et tout ça, peut-être que moi aussi, je peux aller. Et troisième chose, c'est que j'utilisais beaucoup aussi ce que disait Michael, c'est-à-dire j'essayais à ce que la personne réformile, j'essayais à ce que la personne analyse l'algorithmie du truc avant même de se poser sur le code, j'essayais à ce que ce soit du vrai TDD, c'est-à-dire que la personne prépare tout avant même de coder. Donc au final, ça faisait plaisir déjà de voir... J'arrivais à porter le rôle en étant juste moi, en fait.

Bruno:
Ouais, canon. Et donc, pour terminer, c'est que non seulement tu as fait tout ça dans des temps quand même très courts, mais tu décides en plus après de créer une association qui s'appelle Yeso, pour aller aussi défendre les autres femmes qui sont dans la taille. Donc, tu as créé ça il y a trois ans, c'est ça ?

Houleymatou:
Oui, en fait, officiellement, au niveau de l'État, il y a trois ans, mais ça s'est créé vraiment il y a deux ans parce qu'il y a trois ans, j'étais salariée et c'était trop compliqué de faire ce projet pendant le salariat. Mais tout s'est accéléré il y a deux ans et quelques. Depuis juillet 2023, j'ai démissionné de mon entreprise pour me lancer en freelance et construire ce projet-là qui, aujourd'hui, a tellement grandi que ça a dépassé tout ce que j'espérais. Donc, pour revenir à ta question, en fait, ce projet est une continuité de tout mon parcours. En fait, moi, si je suis arrivée dans la tech, c'est via le rôle modèle, le concept de rôle modèle, c'est-à-dire rendre visible le champ des possibles. Donc, ça, c'était important pour moi. Deuxième chose, si je suis là aujourd'hui en France ou tout ça, c'est parce que non seulement j'ai fait des belles rencontres, mais j'ai eu beaucoup d'aide. Et donc, en fait, j'ai eu un moment de mal-être après que j'ai pris le poste de Lead Tech. Il faut savoir que, je t'ai dit tout à l'heure, j'étais ambassadrice de l'égalité des chances de l'entreprise, Lead Technique. Et en plus, en parallèle, je commençais à donner des conférences parce que pour, encore dans cette idée de faire de la veille technologique, donc j'allais en conférence et je me suis dit, mais pourquoi pas moi monter sur scène ? Et puis, en fait, je tente des trucs et il se trouve que ça marche. Donc, j'avais commencé déjà ça et je me suis rendu compte quand j'allais en conférence, même dans le public, il n'y a pas beaucoup de femmes. À plus forte raison sur scène. Et deuxième chose qui m'avait marquée, et ça c'est dans un lycée, du coup, j'étais allée intervenir dans un lycée sur cette idée de l'égalité de chance. Et donc, du coup, je me suis rendue compte qu'à chaque fois, que ce soit les femmes adultes, que ce soit les enfants, quand elles me posaient des questions, c'était tout le temps, comme par hasard, c'était des questions que je me t'ai posées. Ou bien quand elles avaient une posture, tu sais, où tu sens vraiment que c'est elles-mêmes, elles se mettent des barrières, et bien, je suis passée par là. Et je me suis dit, en fait, ça, ça a commencé déjà à germer et il se trouve qu'à la même période, je suis maman de deux filles et on a décidé d'avoir que deux enfants. Donc, je me dis, OK, la vie de femme que j'ai eue, plus les filles que je veux avoir, que j'ai, il faut que je fasse quelque chose. Et il se trouve aussi, je suis épanouie dans l'idée de rendre ce qu'on m'a donné. Parce que si je suis arrivée en France, c'est la cotisation de plein de personnes que je connaissais, même pas parfois, qui ont mis de l'argent pour que j'ai le visa, pour que je vienne en France. À l'université, c'est tous ses profs, tous les collègues, même ceux qui se manquaient, ils ont participé. Et puis dans le monde de l'entreprise, j'avais toute cette difficulté, mais j'avais une chance énorme quand même, c'est que j'ai toujours été bonne copine et puis j'ai toujours... Il y avait des gens vraiment, si tu veux, négatifs et tout ça, ou qui sont un peu racistes et sexistes. Mais c'était anecdotique par rapport à toutes les personnes que j'ai rencontrées qui m'ont beaucoup appris. Donc, je me suis dit, je vais lancer un projet. Et j'avais l'idée, quand j'étais en Guinée, que quand je ferais des études en France, je vais rentrer en Guinée pour lancer un projet contre l'excision, contre le CECI ou cela. Je me suis dit, maintenant que je vis en France, qu'est-ce que je peux faire ? Ces six gènes ne sont pas d'actualité. Et heureusement, en France, je me suis dit, le thème que je connais, c'est la tech. Et puis, l'inclusion dans la tech, que ce soit la diversité en termes de couleurs de peau, en termes de jarres et tout ça, ça, c'est des sujets qui m'intéressent, mais que je maîtrise aussi. Pourquoi je les maîtrise ? C'est que moi-même, je suis passée par là. En tant que femme, dans la tech, noire, étrangère, tout ce que tu... En fait, je coche tous les points du parcours. Je me suis dit, je vais lancer ce projet-là avec un objectif simple. Ce n'est pas remplacer les assos qui existent. Des assos entre guillemets féministes ou progressistes ou d'égalité des chances, il y en a plein. Par contre, je vais lancer une assaut qui part de ce qui a marché pour moi. Ce qui a marché pour moi, c'est apprendre à aller de l'avant. Peu importe ce qui se passe, apprendre à aller de l'avant, ça inclut s'entourer, ça inclut se projeter, ça inclut essayer de saisir les opportunités. Ça implique aussi se challenger soi-même, se remettre en question, d'écouter des personnes, parfois des personnes qui nous disent des choses qu'on n'aime pas entendre ou qui sont fausses parfois. Donc apprendre, avoir cet esprit critique, en fait, ça, ça m'a permis d'aller où je suis. Maintenant, deuxième point qui m'a permis aussi, c'est qu'en fait, rendre visible le champ des possibles, ça aide la personne déjà qui le fait. Mais qu'est-ce que ça peut changer la vie de plein de personnes? Moi, ça a été mon cas. Si je n'avais pas vu cette série, je n'aurais pas fait. Et puis, le troisième point, c'est que je me suis rendu compte que s'il n'y a pas de femmes dans la tech en France, souvent les gens parlent du sexisme. Oui, il y a peut-être du sexisme, mais ça, c'est un élément, ça arrive plus tard. Pour moi, s'il n'y a pas beaucoup de femmes dans la tech, c'est que vous et moi, tout le monde, on a manqué au niveau éducation dès le bas âge. C'est-à-dire, c'est qu'on se dit une fille peut faire et c'est qu'on dit à un garçon. Souvent, à une fille, on la prépare à un monde de bisounours. Quand tu tombes, il ne faut pas pleurer. Enfin, il faut pleurer, mais un homme, il faut faire ci, il faut faire ça. Sauf que dans le monde de la tech, ce n'est même pas seulement méchant. C'est un monde vraiment dur et compliqué à résister. Donc, si tu n'as pas appris dès le bas âge de toute cette complexité, c'est très compliqué. Et puis, deuxième chose qui est très propre à la France, Parce que nous, en Guinée, je ne peux pas te dire qu'on est en avance au niveau patriarcat, ce n'est pas le cas. Mais par contre, quand tu vas dans un lycée scientifique, il y a presque, je dirais, ou moi c'était mon cas, autant de garçons que de filles. Donc ça veut dire qu'au niveau de la France, il y a quand même cette kilt de case. C'est-à-dire que quand tu déclares que tu es tel, on te met tout de suite à telle case. Donc l'idée reçue que quand tu es une fille, tu n'es pas bon amante. Et ça, le point commun de tout ça avec Yeso, c'est de se dire le constat. Qu'il y a l'iniquité dans la tech, il est fait. Maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour aller de l'avant ? D'où le nom de l'association qui s'appelle Yeso. En Pearl, ça veut dire aller de l'avant, ça veut dire avenir. L'avenir de la tech avec les femmes. C'est se dire, si on veut changer ça, parce que dans les années, il y a longtemps, il y avait plus de femmes que d'hommes dans la tech. Donc, on sait faire. S'il y a eu moins de femmes, c'est qu'il y a eu, à un moment donné, une culture médiatique, une culture patriarcale qui a fait croire à des femmes qu'elles ne sont pas faites pour la tech. Donc, comment résoudre ça en jouant la même chose à l'inverse ? Donner la parole aux femmes de la tech qui ne montent pas sur scène pour dire qu'elles sont victimes de sexisme ou autre, ça ne veut pas dire on nie ça, ça ne veut pas dire on excuse ça, mais monter sur scène, dire leur kiff, pourquoi elles sont là, quel est leur parcours personnel, quel est leur parcours professionnel, qu'est-ce qu'elles aiment faire, mais surtout, quelle est leur importance au sein de l'équipe. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, de créer cet engouement qui était moi dans mon parcours, comme je t'ai dit, ça s'est inspiré de mon parcours, de l'entraide. D'où le mentorat. Parce qu'un des chiffres qui fait qu'il y a une femme sur deux qui quitte la tech, c'est qu'en fait, il y en a beaucoup qui se sentent seules. En fait, on va beau aimer les hommes ou aimer le bon enfant de l'équipe et tout ça, parfois quand tu es la seule femme, c'est quand même compliqué en tant que, même si c'était un homme en tant que seul homme, ça peut être compliqué. Donc créer une sororité et de l'entraide et ce mentorat, que ça ne soit pas fermé aux hommes. Tous les bénéficiaires, c'est des femmes, mentorat technique de leadership de tous les sujets, mais des hommes et des femmes qui viennent de parcours pas forcément techniques. Parce que pour préparer des entretiens, là, en ce moment, on fait ça, préparer la négociation de salaire ou des entretiens, c'est souvent des RH et parfois des hommes. Donc, cette entraide-là, le créé. Troisième point que fait l'association, c'est-à-dire que si on veut agir vraiment sur le long terme, c'est-à-dire que d'ici 10 ans, 20 ans, on est moins la question, il faut agir dès la maternelle. En faisant intervenir les professionnels comme toi et moi, hommes et femmes, notamment dans chaque groupe qu'il y ait des femmes et parfois souvent majoritairement de femmes, Faire intervenir dans les écoles et le collège en expliquant c'est quoi nos parcours, nos métiers, les spécialités de nos entreprises pour peut-être dans cette classe qui est mixte, susciter de l'envie d'une jeune fille. Pourquoi aller jusqu'à la maternelle ? C'est qu'avant de parler métier, il y a quand même ce concept d'équité. Il y a quand même ce concept de s'autoriser quelque chose. Il y a aussi ce côté d'aller au-delà de ce que la famille dit, la société dit. Je suis un garçon, je ne peux pas porter un tee-shirt bleu. Pourquoi ? Mais pourquoi ? C'est juste le marketing. Je suis une fille, il se trouve que nous, on est à Lyon, l'Olympique lyonnaise, des filles, elles sont number one, donc pourquoi pas jouer au foot ? C'est tous ces sujets-là et aujourd'hui, je suis fière parce que cette association cartonne, il y a les deux ans-là, exponentielle. Au mois de février, on était à l'INESCO pour représenter la place des femmes de la Tech. Donc, on a un livre que j'ai sorti au mois de mai qui a été top 1 des ventes sur Amazon qui met en lumière le portrait de 52 femmes de la TEC, des articles avec une contribution de plus d'une centaine de personnes dont la ministre, ex-ministre Elisabeth Moreno. Mais c'est plein de sujets comme ça. Moi, ce qui m'importe, ce n'est pas ce qui ne va pas. Ce qui m'importe, c'est comment mettre en avant ce qui va bien, comment valoriser ce qui va bien. Et ça, c'est mon côté africain. Je m'enthousiasme de peu, tout simplement.

Bruno:
— Très bien. Dans ce que t'expliques sur cette association qui est basée sur ton parcours, tu nous as parlé effectivement de la représentativité, de pouvoir que les jeunes filles voient des femmes qui pratiquent ce métier-là, de savoir s'entourer, c'est de la signification. T'évoque pas, parce que moi ce que j'entends dans ton parcours aussi, tu vois le fait que tu rentres dans le bureau de ton chef en disant, écoute mon coco en fait je suis lead dev donc je veux le salaire qui va avec, il y a aussi un moment où t'as quand même, et sur beaucoup de choses quand tu t'es astreint à faire énormément de choses à beaucoup de rattraper tout ce retard là, tu as provoqué aussi toutes ces opportunités, t'es allé la chercher ta chance quand même mine de rien, est-ce que c'est quelque chose que t'arrives à transmettre aussi dans cette asos ?

Houleymatou:
Oui, c'est quelque chose qu'on arrive, ça n'est même une squad à part entière, c'est-à-dire le leadership et saisir les opportunités, c'est un élément central, parce que là, quand on parlait de sensibilisation, c'est dès l'enfance, comment éviter. D'être une adulte qui ne saisit pas les opportunités, ou comment éviter d'être une adulte qui n'a pas l'esprit critique ou qui court au sexisme quand il n'y en a pas, ou qui pardonne le sexisme quand il y en a, tous ces sujets-là. Donc, en fait, ça, on le fait à travers le mantra, Déjà, il y a un mentorat dédié sur le leadership. Donc là, c'est tout ce qu'on saisit. Un des exemples que je te disais qui a fait que ça, ça existe, c'est que moi, avant que je lance ESO, j'avais un biais sur le fait que, tu sais, il y a vraiment un pourcentage très faible de femmes d'SI en France. Très, très faible. Et en fait je t'ai révolté dans le sens je vois jamais de l'ITEC des femmes, je vois jamais de DSI et tout le tort était mis sur les entreprises en fait et maintenant que je suis sur le terrain que j'ai agi, J'ai compris que c'est quand même partagé, en fait, ce tort-là. Parce que le nombre de fois où j'invite, parce que ce leadership, donc il y a via le mentorat, mais il y a aussi via les conférences. Donc aujourd'hui, quand j'ai lancé, j'ai lancé vraiment sur le terrain il y a deux ans sur Lyon, on était à Lyon. Aujourd'hui, on est dans huit villes de la France, dont Paris. Là, hier, par exemple, j'étais à Strasbourg pour le lancement. Donc plusieurs villes, dont Toulouse et tout ça. Dans les conférences, en fait, chaque événement, c'est des sortes de meet-up. C'est juste que c'est au format entre presque 100 personnes. Donc, c'est quand même une vraie audience. Et donc, c'est à chaque fois qu'on donne la parole à deux femmes de la tech. Donc, une qui parle sur un sujet technique avec un objectif de déconstruire l'idée reçue que quand on est une femme, on n'est pas bon techniquement. Et à chaque fois, un deuxième sujet, pris aussi par une femme de la tech, sur le leadership, sur la mixité, sur l'inclusion. Donc, comment traiter le syndrome d'imposteur, comment traiter quand c'est du sexisme et quand c'est vraiment une critique constructive, comment... En fait, on traite le sujet de posture. Et ça, ça se présente vraiment un peu partout. Donc si je te prends un exemple de quelque chose qu'on partage, que ce soit en masterclass ou en conférence ou en mentorat, c'est le nombre de fois où j'invite des femmes à nos interviews ou à témoigner et tout ça et qu'elles me disent mais en fait moi je ne suis pas légitime, je ne sais pas quoi dire. Ou alors elles te disent ok mais finalement elles déclinent. Très vite le fait qu'on a imposé que toutes nos conférences il y a un sujet technique et social et que social c'est très facile on le trouve technique jamais alors enfin je dis pas jamais puisqu'on en trouve mais c'est souvent les mêmes qui tournent, tout simplement et d'ailleurs je m'inclus sur ça je fais beaucoup plus de sujet social et autres parce que je suis envahie par ça mais, En tout cas, les femmes, il y a le fait que sur papier, on ne nous voit pas. C'est-à-dire que quand on pense à recruter un lead tech, on pense toujours à un homme. On pense toujours plutôt blanc, plutôt beau-parleur. Pas forcément technique, mais voilà, qui sait défendre les trucs. Donc, sur le critère déjà, dès le recrutement, on ne nous voit pas. On est exclu. Et maintenant, à côté de ça, si nous, on ne nous voit pas et que nous, le peu de fois où l'opportunité s'affiche, on ne la saisit pas, ça ne changera jamais en fait. Donc, une des choses aussi à faire parmi les actions à mener, déjà, c'est faire en sorte que les offres, on voit, enfin, la culture générale, les présigés évoluent. Mais on ne va pas attendre que ça. Il faut qu'on fasse évoluer, nous, de notre côté en tant que femme, notre façon de voir les choses. C'est-à-dire que si on a envie d'avancer, ce n'est pas tout le monde qui aime faire des carrières, je respecte. Mais si on a envie de faire une carrière plutôt technique, il va falloir saisir les opportunités quand elles arrivent. Et parfois, elles n'arrivent pas. Moi, ça n'a pas toujours été une opportunité. Parfois, c'est à toi de la provoquer. Et pour pouvoir la provoquer, ça revient au podcast qu'on a écouté tout à l'heure, il faut cultiver l'esprit critique, il faut apprendre à s'entourer, il faut apprendre à se poser les bonnes questions, il faut aussi apprendre à où tu veux aller. Parce que très souvent, chez nous, les femmes, j'ai l'impression quand même, il y a beaucoup d'entre nous qui s'y bis seulement. En fait, elles s'y bis, elles s'y bis et elles ne prennent pas forcément le temps ou elles n'ont pas le temps parfois de s'asseoir et dire le pourquoi. Pourquoi tout ça et qu'est-ce que je veux vraiment moi ? Et ça, il faut que ça s'arrête parce qu'au final, je pense que les personnes inéquitables, il y en a un. Mais celles qui sont justes sont beaucoup plus nombreuses, c'est juste que ceux qui sont équitables font beaucoup de bruit. Donc, ça veut dire que si tu as compris ça, créer de l'opportunité, c'est facile parce que tu pars du postulat qu'on t'écoutera. Même si ce n'est pas le cas. Tu pars du postulat qu'on t'écoutera, tu construis ton argumentaire et tu viens poser. Et si ce n'est pas créer l'opportunité, c'est une opportunité qui sorte, il faut qu'on apprenne à faire ce que font les hommes. Pas être des hommes, mais ce que font les hommes. Les hommes, j'ai remarqué, les hommes en général, je ne dis pas toi forcément, ils bluffent. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui arrive, ils ne se posent pas la question, est-ce que je sais faire, est-ce que machin, ils tentent. Et peut-être parfois ça marche, parfois ça ne marche pas, il passe à autre chose. Nous, chez nous, les femmes, il y a même une étude, je ne sais pas d'où, je ne peux pas la citer, qui dit que pour qu'un homme se sente espéré, il lui faut trois ans, une femme, il lui faut neuf ans, multiplié par trois. Donc, il faut peut-être qu'on arrête aussi à se poser ces questions de est-ce qu'on est légitime, est-ce qu'on ne l'est pas, est-ce que machin. L'exemple du podcast que j'ai écouté tout à l'heure, évidemment, j'ai trouvé le mec bon. Mais en fait, j'ai moi aussi quelque chose à partager. Je me sens ultra top à mon niveau, d'accord? Et je sais que c'est important pour moi de faire avancer ce qui me ressemble, c'est-à-dire les femmes, c'est-à-dire parfois des personnes qui ont de l'accent, parfois des personnes qui sont arrivées là juste en quête de destin, en fait, destin autre. Donc voilà, je pense que c'est important et ça commence par des podcasts comme le tien. Je ne sais pas si c'est ton cas, mais très franchement, il y a un vrai travail à faire chez nous les femmes, d'arrêter de se sentir illégitime et d'arrêter aussi parfois d'être sur le constat et de passer à l'action tout simplement parce qu'au final. C'est tellement triste d'être victime et d'être consommé aussi en fait quelqu'un qui te fait une discrimination, déjà c'est méchant et en plus si tu restes sur ce constat, si tu restes sur les machins ça veut dire tu lui alloues encore du temps, Tu lui donnes du temps à cette personne que tu trouves inéquitable, qui a été injuste, tu lui alloues du temps. Donc à un moment donné, je pense qu'il faut qu'on passe à autre chose, qu'on avance et qu'on reste positive. Ça va aller et de toute façon, si ça ne va pas, on escalade les barrières et si ça ne va toujours pas, on casse le mur. Et moi, je fonctionne comme ça et j'espère qu'il y aura des personnes qui vont être comme ça parce que c'est par ça qu'on va inspirer d'autres futures générations. Et c'est par ça aussi qu'il y aura des alliés parce que des alliés, il y en a beaucoup, mais parfois qui ne savent pas quoi faire pour aider. Et des gens inéquitables parfois tout simplement parce que ils sont du mauvais côté de la force et parfois rien qu'en n'expliquant, ils reviennent au bon côté et voilà.

Bruno:
Merci beaucoup Lématou pour toute cette discussion. J'aurais deux dernières questions pour toi qui sont les questions rituelles du podcast. La première c'est est-ce qu'il y a un contenu que tu souhaiterais partager avec l'ensemble des auditeuristes ?

Houleymatou:
Je vais me faire une autopromo. on a une chaîne YouTube où on partage, des parcours de femmes de la tech qui est une chaîne récente, la chaîne elle cartonne, on a deux abonnés, donc deux abonnés mais dites-vous qu'elle cartonne avec deux abonnés donc j'espère qu'il y aura des personnes qui viendront écouter des parcours techniques de femmes, partantes de développeuses, j'ai eu des sitios, j'ai eu différents trucs différents types de profils et donc c'était quoi ? C'était un média, un contenu à partager, donc la chaîne s'appelle Yeso et IT Human Network comme le nom de notre compte dans tous les réseaux sociaux et c'était quoi l'autre question ?

Bruno:
La première question c'était sur le contenu c'est peut-être ce que tu veux, c'est peut-être un film, une série un livre, un truc que t'as envie de partager avec tout le monde.

Houleymatou:
Pourquoi pas avec 4 heures chrono, ça a mal vieilli ça a mal vieilli mais j'étais coup d'oeil parce que vous allez vous rendre compte de pourquoi j'ai fait la tech ça marche.

Bruno:
Et la dernière question qui est la plus importante de ce podcast Oulimatu, est-ce que tu es plutôt espace ou tabulation ?

Houleymatou:
Je pense tabulation vraiment.

Bruno:
Très bien, merci beaucoup Oulimatu de rien.

Houleymatou:
Merci à toi.

Bruno:
Et merci à tous d'avoir suivi cet épisode. Voilà un parcours forcément intéressant avec des éléments clés pour devenir lead dev qui s'applique bien évidemment à tout le monde. Mais on vous incite, mesdames, si vous avez un rôle qui ressemble comme un poste de lead dev, n'hésitez pas à suivre l'exemple de l'ématou et d'aller toquer à la porte de votre manager en disant maintenant, il faut le salaire qui va avec. De mon côté, je vous remercie toujours de partager ce podcast autour de vous. Je vous souhaite une très bonne fin de semaine. Je vous dis à la semaine prochaine. Et d'ici là, codez bien.