Julien Briault

344

Cloud du coeur

Julien Briault

Pas de cloud sans casserole, bricoler pour 35 000 utilisateurs

Quand tu arrives à mêler la passion plus le fait d'aider, c'est le combo gagnant.
Suivre IFTTD =>

Le D.E.V. de la semaine est Julien Briault, lead infra bénévole chez les Restos du Cœur. Il raconte comment l'association a bâti son propre cloud en réutilisant du matériel récupéré auprès d'entreprises, pour servir des milliers d'utilisateurs tout en respectant la fameuse règle du "1 euro = 1 repas". L'aventure oscille entre débrouillardise, innovation technique et quête de sobriété, avec des choix radicaux pour maximiser l'impact humain. Julien détaille aussi l'organisation de l'équipe, l'importance de l'open source, et le lien direct entre tech et solidarité. Un épisode qui prouve que l'on peut faire du dev d'envergure même sans moyens colossaux.

Chapitrages

00:01:00 : Introduction au Cloud du Cœur

00:03:06 : Nécessité de Construire le Cloud

00:06:19 : Transition vers une Infrastructure Régionale

00:08:49 : Développements et Mutualisation

00:11:14 : Passage à l'Échelle Nationale

00:17:29 : L'Engagement Personnel et Bénévolat

00:20:13 : Devenir Opérateur et Autonomie

00:23:40 : Réduire les Coûts pour Aider

00:34:15 : Meilleures Pratiques et Structure

00:46:05 : Innovation sous Contrainte

00:49:57 : Dépendance à la Communauté Open Source

00:55:14 : Conclusion et Appel à l'Engagement

Cet épisode n'a pas encore été compilé !
Un épisode est généralement refactoré 3 ans après sa diffusion !

Un peu de patience ...
Pas d'extraits disponible :(
Bruno:
Le cloud, c'est souvent une histoire de moyens colossaux, de data centers si vastes qu'on pourrait y garer une gare TGV en entier, et des budgets qui feraient palire n'importe quel PME. Mais imaginons un peu une infra montée avec des serveurs récupérés, optimisés au tournevis et où chaque heure au gagné, c'est un repas distribué en plus. Mais alors, comment héberger 35 000 utilisateurs sans jamais rogner sur la solidarité qui se prend les pieds dans la dette technique ? Jusqu'où peut-on pousser le bricolage sans tomber dans la bricole ? Et surtout, comment transforme-t-on un entrepôt en data center capable de tenir tête à AWS ? Pour répondre à ces questions de service, je ne le reçois pas à Coluche, mais il sait chanter comme un enfoiré. Julien, bonjour.

Julien:
Salut Bruno.

Bruno:
Alors Julien, est-ce que tu veux te présenter pour les quelques personnes qui ne te connaissent peut-être pas ?

Julien:
Oui, ça va être assez rapide. Je suis Julien Brio. En tant que salarié, je travaille chez Deezer, la plateforme de musique que tout le monde connaît. Et puis, sur mon temps libre, je me suis pris l'idée de monter un cloud. Et donc, ce cloud a donné naissance à un projet au sein des restos qui s'appelle le Cloud du cœur. Et donc c'est un truc dont je m'occupe depuis maintenant quasiment 5 ans je l'ai lancé il y a 5 ans là ça a vraiment explosé ces derniers temps, avec le contexte géopolitique il y a plein de choses comme ça qui rentrent en compte mais globalement ça nous a quand même pas mal aidé à ce que justement on grossisse malheureusement, et ça fait 6 ans que je suis au resto parce qu'en fait avant au resto du coeur quand je dis resto c'est pour resto du coeur j'allais te demander de préciser justement.

Bruno:
Mais très bien tu l'as fait dans le...

Julien:
Ça fait 6 ans que je suis au resto, en fait j'ai commencé par de la maraude, la distribution de nourriture aux personnes qui sont principalement sans domicile fixe, ce genre de choses. Et donc après depuis l'endiguë je suis arrivé à faire de l'infra, mais version resto du cœur avec le cloud du cœur.

Bruno:
Ok, pourquoi est-ce que, c'était quoi la nécessité de construire ce cloud du cœur pour les restos ?

Julien:
Alors la nécessité en fait elle n'est pas arrivée, enfin déjà je me suis pas dit tout de suite il faut que je monte un cloud, en fait ce qui s'est passé c'est que je suis arrivé au resto il y a 6 ans, je faisais de la maraune mais c'était pas du tout fait pour moi dans le sens où c'est quand même hyper dur de donner de la nourriture à des gens, où toi tu rentres après chez toi, tu viens de donner à manger à quelqu'un où il fait moins d'eux, voire même des fois beaucoup moins que ça, et tu rentres chez toi, t'es au chaud, voilà, d'un point de vue psychologique c'était hyper dur, et j'avais quand même envie de continuer à aider les restos mais je savais que par contre ce truc là je ne pouvais pas continuer, et moi je suis originaire de Tours à l'origine mais j'habite sur Chartres maintenant, et le président de l'association départementale de Rayloir est venu me voir en me disant, Julien je crois que tu es informaticien ça tombe bien, on en cherche un. Et donc il m'a dit, est-ce que tu ne voudrais pas reprendre un peu ce qui a été fait ce que j'ai fait bien évidemment alors quand je suis arrivé il y a eu, d'ailleurs ma conférence quand je parle de ce projet là je présente le truc en mode je suis arrivé il y avait le fameux PC qui traîne dans un coin c'est le truc purement associatif et donc je me suis dit, qu'est-ce qui va tourner sur ce truc là comment l'améliorer et puis en même temps à côté de ça l'association départementale avait plein de besoins qui n'ont jamais été couverts parce que il faut voir que les restos c'est une structure qui est très pyramidal dans le sens où tout en haut en fait on a l'association nationale qui récolte les dons, qui essaie d'amener une forme de gouvernance pour toutes les associations départementales. Et après, on va retrouver une association départementale par département. Donc elle a fourni un ensemble de services Mais elle ne peut pas tout couvrir Parce que forcément ils ne sont pas suffisamment nombreux Ils n'ont pas forcément toutes les ressources pour y arriver Et donc moi je me suis dit Ça tombe bien mon métier c'est l'infrastructure Alors pourquoi pas monter une petite infra. Et donc je suis allé récupérer du matos Un peu à droite à gauche Je suis allé à Lille chercher une baie Chercher 2-3 serveurs Je suis allé à Lyon pour aller chercher des switches Par le biais de 2-3 contacts, Et puis et donc on en est arrivé à ce que j'ai appelé moi à l'époque le DC au WC parce qu'en fait pour la petite anecdote c'est dans l'entrepôt des restos de Railware le seul local qui était disponible pour nous c'était en fait l'ancien WC de l'entrepôt, d'ailleurs qu'on installait la baie de serveurs, bon l'eau était coupée tout était condamné mais il y avait encore le WC.

Bruno:
Ça aurait pu servir pour le.

Julien:
Refroidissement c'est ça il y avait encore le WC en fait situé à l'arrière de la baie et donc c'est pour ça qu'on l'appelait le DC au WC donc ça ça n'a pas duré très longtemps mais ça a permis de déployer un peu plus d'une trentaine de services pour tout le département, les restos c'est toujours une affaire de chiffres donc là pour le département c'était 400 utilisateurs je vais dire 150 à peu près actifs au quotidien mais au total 400 utilisateurs. Et ensuite après ce qui s'est passé c'est que la région centre Val-de-Loire s'est dit Fulien c'est bien ce que t'as fait alors quand je dis AD28 c'est Au resto, on dit « Association départementale du 28 ». Donc, on a beaucoup d'acronymes au resto. On adore les acronymes. Et donc, c'est bien ce que tu as fait à l'association de Réloir, à ce que tu ne voudrais pas le faire pour toute la région. Ce n'est pas tout à fait la même chose, parce que là, on passe de 400 utilisateurs à presque 5000. Donc forcément, de faire tenir ça sur quatre pauvres serveurs qui se battent en duel, c'est un peu compliqué. Et donc, ce qui s'est passé, c'est que je me suis dit « Ok, j'ai encore deux ou trois contacts, je pense qu'il y a encore du matos qui part à la poubelle, je vais passer des appels aux dons, notamment sur ex-Twitter, sur BlueSky, sur LinkedIn ». Et il y a pas mal, en fait, de sociétés qui ont répondu présentes en disant, bah, ok, j'ai des serveurs, de toute façon, qui partent à la poubelle. Autant que ça serve. Autant que ça serve. Et nous, comme tu l'as dit, en fait, dans l'introduction, un euro, un repas. En fait, ça, c'est notre métrique de base. C'est un euro, un repas. Donc, comme on calcule comme ça en permanence, on est obligé de sélectionner des... Enfin, faire en sorte, entre guillemets, que ça coûte le moins cher possible.

Bruno:
Juste, parce qu'en fait, sur le passage du niveau départemental au niveau régional, j'entends que c'est effectivement un gros changement en termes de scale, mais vu que tu avais déjà une baie avec déjà quelques serveurs 400 users en fait je pense que c'est quand même une petite goutte d'eau par rapport c'était quoi le type de service que tu faisais tourner déjà au niveau départemental ?

Julien:
En fait il y avait plein plein de choses ça allait du l'équivalent de WeTransfer parce qu'on avait besoin de pouvoir transférer des données sans que ça les données soient entraînées par l'intelligence artificielle donc c'était plutôt pour des contraintes de sécurité. Mais il y a aussi tout le stockage des données locales, on va dire, de tous les utilisateurs. Tu avais les caméras, puisque les entrepôts sont filmés pour la grande majorité. Il fallait pouvoir stocker toutes ces données. Tu avais le système d'inscription. J'ai arrêté la maraude à ce moment-là, mais on avait quand même une application pour, stocker les différentes informations sur tel prénom, parce qu'en fait, on ne stocke que le prénom pour la maraude, aurait besoin, par exemple, d'un duvet pour la prochaine fois qu'on va le voir. Donc il y a vraiment beaucoup d'informations qui étaient stockées et il y a surtout beaucoup de lectures et écritures qui étaient faites en permanence. Donc les serveurs en eux-mêmes, côté CPU, on n'a jamais été au taquet, c'est vraiment en fait sur les IOs et sur le réseau. Et donc c'est pour ça qu'on a eu besoin assez rapidement de pouvoir scale et puis surtout de pouvoir faire des sauvegardes de manière un peu plus efficace.

Bruno:
Mais parce que jusque-là, c'était fait papier-crayon ou il y avait déjà des outils qui étaient en place mais hébergeait ?

Julien:
Il y avait des outils en place, les outils nationaux ont historiquement été hébergés sur des gros cloud providers, principalement américains. Donc ça c'était pour les outils que fournit justement l'association nationale, mais encore une fois elle avait pas possibilité de répondre à tous ces outils là donc ce qui s'est passé c'est qu'il y a aussi quelques développements spécifiques qui ont été faits justement l'application pour la maraude c'est un truc que j'avais développé pour mobile justement, lorsque j'étais justement de maraude il y a aussi plein d'autres applications comme ça qui ont été développées et en fait surtout ce qui s'est passé c'est qu'on s'est rendu compte au niveau de la région qu'une personne avait développé une application pour un département puis une autre pour un autre département ce qui fait que sur 5 départements pour la région, t'avais 5 fois l'application qui faisait exactement la même chose mais c'était 5 utilisations, identiques mais avec des applications différentes, donc on s'est dit là c'est l'opportunité aussi de mutualiser toutes ces informations et donc...

Bruno:
Je me permets aussi, parce qu'il y a aussi je sais pas si ça a été le cas mais moi un truc qui m'aurait fasciné c'est de me dire ok en fait on a, 5 personnes, parce qu'à priori on peut considérer que c'est les apps qui ont été faites par une seule personne t'as 5 personnes qui ont répondu aux mêmes besoins avec des choix d'implémentation forcément différents, ce serait marrant d'aller creuser en fait.

Julien:
C'est exactement ce qui s'est passé parce que justement, progressivement on est arrivé de plus en plus à une infrastructure qui se rapprochait à un cloud parce qu'on s'est dit ok, héberger une association départementale ça se fait bien, par contre en héberger 112 c'est tout de suite beaucoup plus compliqué surtout quand elles ont elles aussi, besoin de pouvoir consommer du service et pas aller le chercher forcément chez d'autres cloud providers.

Bruno:
Parce que dans la région il y a 112.

Julien:
Non, sur toute la France c'est après dans l'histoire en fait où ça s'est étendu sur toute la France mais donc du coup ça commençait à faire 112 associations 113 si on compte l'association nationale et donc, Dans les services qu'on s'est mis tout de suite à mettre à disposition, c'est une forge, c'est un GitLab, qu'il a fallu maintenir avec la CICD, qu'on maintient d'ailleurs toujours, mais c'est en fait toutes ces bonnes pratiques qui n'existaient pas au resto. En fait, ce qui se passait, c'est que les gens, soit poussaient ça en FTP sur un pauvre serveur, qu'ils avaient le WSHU VH, ça fonctionne, mais jusqu'au jour où la personne est partie, ce qui a été d'ailleurs tout le problème quand je suis arrivé. Le fameux PC qui traînait dans un coin, j'avais pas de doc, j'avais rien, donc c'était pour ça qu'il a fallu repartir au propre. Et l'autre partie c'est il y a aussi beaucoup de codes qui étaient stockés sur Github en public avec tous les crêtes écrits en clair toutes les mauvaises pratiques de sécurité on les a au resto, et donc toutes ces applications là on a cherché à les tuer progressivement pour les fusionner et les stocker dans notre forge et donc comme ça tout le code maintenant, on essaie au maximum de stocker le code dans cette forge et puis voilà de pouvoir comme ça, essayer de prendre un peu les bouts intéressants de chaque application puis voir comment en fait on peut en faire une application unique pour les 113 associations.

Bruno:
Et donc une fois que tu passes sur ce niveau régional du coup tu as besoin d'augmenter ton infra.

Julien:
Pour qu'il y ait un peu plus de puissance on a eu de la chance parce qu'à ce moment là dans les locaux parce qu'on est toujours dans l'entrepôt on devrait les voir c'est dans un endroit où d'habitude on stocke de la bouffe, on est toujours dans l'entrepôt et donc il y a eu une pièce qui s'est libérée c'était en fait les archives si tu veux, et donc cette pièce s'est libérée et on s'est dit pourquoi pas essayer de l'adapter pour pouvoir mettre trois vrais baies, donc on a eu une société qui a fait faillite et puis, qui mettait ses baies à la poubelle et donc c'était l'occasion rêvée ça fait 3000 repas d'économiser si on compte 1000 euros par baie donc on est allé les chercher avec notre, camionnette et puis donc on a installé ces trois baies dans la salle, mais après il a fallu aussi gérer toute la climatisation, il a fallu gérer aussi Tout le refroidissement parce qu'on a une part de climatisation mais uniquement pour les périodes où il fait très chaud mais sinon d'habitude on vient juste choper l'air de l'extérieur qu'on filtre et on injecte dans la salle serveur. Mais il a fallu aussi avoir toute la partie électrique, toutes ces choses-là. Et puis maîtriser surtout la consommation, parce que les serveurs, ce n'est pas magique, mais ça consomme de l'électricité derrière.

Bruno:
J'imagine qu'à un moment, il se pose la question de ta connexion...

Julien:
La connexion à Internet aussi, exactement. Alors, on a un gros avantage, c'est que c'est un ancien bâtiment, si tu veux, de la Glowchart, de la ville. Donc, c'est un bâtiment qui était déjà câblé en fibre noire. Et on avait la possibilité on a pu faire venir en fait d'autres opérateurs donc on avait en plus physiquement on a deux fourreaux qui sont complètement séparés donc quand tu cherches à faire un data center et que tu cherches à éviter le coup de pelle, le fameux coup de pelleteuse c'est génial c'est parce que du coup les tuyaux sont pas du tout au même endroit et donc on a comme ça deux opérateurs qui arrivent avec deux fibres dédiées dans deux tuyaux complètement séparés pour l'électricité c'est pareil comme c'était, un bâtiment qui était utilisé, enfin il a servi pendant un moment d'usine, on a un groupe électrogène à l'extérieur qui est resté, et donc on a eu de la chance c'est que Enedis a pendant un moment cherché un peu à renouveler son parc on va dire de groupe électrogène et il y en a un qui nous ont laissé donc en fait on a remplacé l'ancien qui était très très vieux qui consommait beaucoup par un truc beaucoup plus récent donc.

Bruno:
Vous avez une installation en fait.

Julien:
D'un data center on peut le dire et ça nous a coûté zéro puisque c'est que de la récup à chaque fois et c'est vraiment l'objectif qu'on s'est donnée, c'est encore une fois un euro à repas, bah là mine de rien c'est 10 000 repas qu'on économise juste en faisant ça par, de la récup qu'on a pu faire à droite à gauche.

Bruno:
Puis j'imagine que pour toi il y avait peut-être aussi un... Parce que de par ton métier, aujourd'hui toi tu travailles dans des contextes plutôt hyper industrialisés, et j'imagine que t'as rarement l'occasion d'aller mettre réellement toi-même, d'aller réellement raquer ton savoir toi-même de faire réellement tes branchements, et donc là tu as pu retrouver un peu un contact avec le bare metal comme on dit C'est.

Julien:
Une excellente transition parce que je parlais du fait qu'on ait récupéré des serveurs un peu à droite à gauche mais arrivé un moment où en fait ce qui s'est passé c'est que Deezer, donc mon employeur se séparait d'un certain nombre de machines et plutôt que de les mettre à la poubelle, ils ont entendu parler de ce que je faisais au resto, ils se sont dit, ok, pourquoi pas, justement, est-ce que tu puisses les récupérer pour les restos ? Donc, on a récupéré une grosse partie de l'infrastructure de Deezer, physique, parce qu'on a une bonne partie on-prem. On a récupéré ses serveurs physiques, donc là, par contre, c'était quand même quasiment 10 tonnes de machines, donc à bouger, à bout de bras, enfin, mon dos s'en souvient encore. Donc, on allait chercher...

Bruno:
10 tonnes de machines, c'est colossal !

Julien:
Parce qu'en fait, il y a à la fois les serveurs, alors, il n'y avait pas les disques, pour des contraintes purement légales, mais il y avait les serveurs, les alimentations il est complet le serveur si tu retires les disques on avait de la chance parce que les disques c'est ce qui fait que le serveur est très très lourd aussi quand il est blindé de disques c'est imbougeable mais donc ça fait un peu plus de 270 machines, tout confondu entre les serveurs et puis la partie réseau c'est génial parce que nous c'est de l'or et c'est ce qui a permis justement de lancer le cloud du cœur, donc on avait nos 3 B maintenant on a eu les machines justement qu'on a pu récupérer et c'est là où on s'est dit ok maintenant on va commencer à construire et on va se dire on va commencer à essayer de penser, l'infrastructure pour qu'elle soit la plus ouverte possible pour que les gens puissent contribuer, nous on veut pas être une dépendance en fait comme les cloud providers tu vas pas demander à AWS par exemple de déployer ton service nous c'est un peu le même principe on s'est dit on va prendre la même logique que le cloud public, mais appliquée au sein de l'association parce qu'on a un peu plus de 300 informaticiens répartis sur tout le territoire et que je ne me voyais pas déployé pour 300 informaticiens des services, donc c'est pour ça, on s'est dit tout de suite on va chercher à monter une plateforme de cloud histoire d'avoir quelque chose où les gens sont autonomes.

Bruno:
Je suis assez fasciné par ce niveau d'innovation. Après, c'est normal, parce que tu es quand même dans une démarche, déjà, tu t'engages auprès de ce genre d'association, tu es déjà dans une démarche de rendre service et de permettre à des gens de faire des choses. Mais je trouve ça assez fou de se dire, de vouloir aller rendre des services au niveau de ce que peut faire un WS, un Azure, ou je ne sais quoi.

Julien:
C'est après j'ai un rapport avec les restos qui est particulier j'ai de la famille qui a bénéficié des restos j'ai de la famille qui bénéficie d'ailleurs toujours des restos et les restos ça a toujours fait partie de ma vie en fait d'une certaine manière parce que j'étais pas contributeur enfin je ne participais pas à cette, magnifique association, avant que je les rejoigne. Et pour moi qui travaille dans un milieu l'informatique globalement je pense qu'on fait partie des milieux où on est quand même plutôt privilégié on a beaucoup de chance et c'est un peu ma manière à moi entre guillemets de remercier si je puis dire la vie, de m'avoir permis justement de m'en être sorti et voilà c'est ma contrepartie justement à ce que la société puisse continuer de fonctionner et que mine de rien tout ça ça a permis de débloquer, un gros nombre de repas et ça va continuer d'ailleurs en débloquer pas mal, toujours dans cette logique à 1€ un repas puisque. Plus on déploie de services dessus plus on va faire des économies ça peut paraître bizarre dit comme ça parce que dans la logique d'un cloud public plus tu déploies plus tu paies mais là nous comme nous on ne paie pas l'électricité on ne paie pas les humains, on ne paie pas les machines, finalement il y a juste du temps mais le temps il est gratuit puisque c'est des bénévoles, qui y contribuent en fait c'est tout bénef, le plus dur c'est de faire en sorte que ça tourne en permanence, Donc ça, ça a été notre gros chantier l'année passée pour faire en sorte que ça soit un vrai cloud. Parce que ce que j'ai expliqué, c'est là, on avait 3B dans un pauvre entrepôt des restos. Ça ne peut pas être viable parce que sur le long terme, on va dire, imaginons que, et je ne le souhaite pas, mais imaginons que l'entrepôt crame, la donnée est perdue. Donc il a fallu réfléchir et travailler un peu avec différents partenaires pour avoir des... Alors, on a de la chance, en fait, on a un certain nombre de partenaires qui nous ont proposé gratuitement de l'hébergement. Et donc, de pouvoir comme ça installer des serveurs dans des vrais data centers. Alors, on est en train de développer trois régions. Donc, Chartres, qui est la région historique, parce que les serveurs étaient installés à Chartres. Mais après, tu vas avoir la région de Paris, qui est en cours de construction, et la région de Marseille. Alors, pourquoi on a choisi Paris et Marseille ? c'est simple, c'est que c'est les deux pôles de concentration opérateurs. Et il n'y a pas très longtemps, on est passé opérateur. Les restos, enfin, le cloud du cœur, a son numéro d'opérateur, comme la Orange, comme la Google, comme la plein de plateformes. Tous les clouds, d'ailleurs, ont leur numéro d'opérateur. Ça nous permet d'être le plus indépendant possible, on va dire, d'un point de vue technique. Et ça, on pourra revenir peut-être plus tard, mais d'un point de vue technique, en tout cas, sur la partie réseau, on est totalement indépendant, puisqu'on a notre propre réseau.

Bruno:
Donc, c'est-à-dire que tu n'as même plus besoin de passer par des fournisseurs.

Julien:
Effectivement, oui, parce qu'en fait, on a commencé à chiffrer en se disant, si on se déploie dans, estimons, 9 data centers différents, parce que ça fait 9 B, à chaque fois, c'est une B dans un data center, donc ça fait 9 data centers différents pour avoir un quorum sur chaque région. On s'est dit, si tu multiplies par 500 euros, multiplié par 2, par data center, on ne s'y retrouve pas à la fin, parce que l'objectif, c'est de faire des économies, pas te coûter de l'argent et on a regardé les coûts pour devenir opérateur, tout de suite on s'est orienté vers cette solution là parce que c'était environ 2000 euros par an, enfin 2000 euros la première année, enfin 2400 euros si je dis pas de bêtises pour pouvoir devenir opérateur et après t'as quelque chose de récurrent mais c'est ridicule par rapport à ce que ça aurait pu coûter si on était passé par des personnes extérieures bon par contre c'est l'inconvénient de devoir gérer son propre réseau.

Bruno:
Mais est-ce que ça veut dire qu'on peut imaginer un avenir où les réseaux du coeur peuvent proposer du coup de la connexion internet à des personnes en mode...

Julien:
Alors on pourrait alors c'est pas du tout dans nos objectifs mais on pourrait effectivement ça fait même partie des réflexions qu'on a eues pendant un moment en se disant, c'est pareil, on le visualise pas très bien comme ça mais les restos ce que les gens connaissent, notamment à travers les reportages qu'on peut avoir sur TF1 ou autre, on voit ce qu'on appelle les centres de distribution, on en a 2348, partout en France, donc tout le territoire est couvert, 2348, où on a dû prendre un abonnement Internet. Donc on s'est dit, est-ce qu'un jour on ne proposerait pas un service justement Internet pour pouvoir limiter drastiquement les coûts ? On n'y est pas encore. Déjà, on va se concentrer sur le cloud, peut-être qu'un jour, effectivement, on deviendra opérateur pour les restos. Et même pour les restos.

Bruno:
Pour des bénéficiaires, parce qu'au final, aujourd'hui, on peut quand même voir qu'il y a quand même une dépendance de plus en plus forte. Enfin, l'accès à l'information l'accès à internet est devenu quand même on n'est pas loin de considérer ça comme un besoin vital au même titre que de, Bien évidemment, on ne risque pas de mourir si on ne mange pas ce genre de choses. Mais tu vois, pour pouvoir évoluer dans la société aujourd'hui, sans connexion d'Internet, c'est de plus en plus compliqué.

Julien:
Je suis entièrement d'accord avec toi. Et puis surtout que au resto, on a d'ailleurs une branche qui se développe de plus en plus, c'est l'inclusion numérique. Parce qu'en fait, les personnes qu'on accueille, on accueille de plus en plus de personnes qui tombent dans la précarité d'une certaine manière à cause du numérique. Et parce que le numérique n'est pas forcément toujours très facile d'accès il suffit de regarder quand tu déclare ta fiche d'impôt j'ai beau être informaticien je sais toujours pas le faire correctement, et donc on essaie de développer cette partie là au resto pour la partie internet ça serait plus complexe parce qu'il y a des contraintes légales qui vont rentrer en compte et c'est pour ça que pour le moment on ne pourrait pas se dire on va partir là dessus mais c'est vrai que ça serait génial si on pouvait y arriver, même oui c'est, dans nos objectifs, déjà en tout cas pour le moment, c'est de pouvoir fournir du service pour les restos. Donc ça réduise les coûts des restos pour qu'on puisse aider au mieux derrière. C'est pas réduire les coûts pour qu'on accepte moins de noms derrière, non c'est pas l'idée. C'est vraiment pour qu'on puisse aider au mieux.

Bruno:
Donc du coup tu passes sur l'aspect régional, comment se passe après le déploiement côté national ?

Julien:
Alors côté national, ça a pris un peu plus c'est là où ça a pris le plus de temps mais c'est aussi la partie où ça s'est le plus structuré. Parce qu'en fait j'étais tout seul de la partie départementale, la partie régionale par contre la partie nationale c'est là où j'ai commencé un petit peu à en parler d'ailleurs à l'extérieur et les conférences d'ailleurs m'ont permis justement de recruter un paquet de gens, et c'est à partir de là qu'on a commencé à structurer alors ce qui s'est passé au démarrage c'est qu'on a fait une liste de tous les services qui avaient été déployés pour la région centre, Et l'Association Nationale s'est dit, en fait, ça serait cool que tu les fournisses aussi pour les autres. Bon, sauf qu'encore une fois, moi, j'avais déjà cette petite idée de me dire, ah, ça serait cool quand même de pouvoir héberger tout le monde, sachant que ça ne coûte rien, puisqu'on ne paie pas les laits, qu'on ne paie pas la machine. Il y a quand même beaucoup de choses qu'on n'a pas à payer. Et donc, ça ne serait que bénef. et donc c'est là où je me suis dit. On va proposer ces services-là à l'association nationale et on va essayer de justement s'organiser de sorte à ce qu'à la fois on puisse proposer des services qui tournent sur le cloud du cœur mais en même temps aussi qu'on puisse proposer de l'accompagnement sur comment les gens de l'association nationale qui déployaient des choses sur les grands clouds publics puissent commencer à migrer les choses sur notre propre plateforme donc il y a deux mouvements qui sont créés c'est la proposition de service donc ça c'est nous, on s'en occupe avec nos SEO, ce genre de choses et en même temps à côté de ça on fournit la plateforme où les gens commencent à déployer dessus même pour les applications nationales Ok.

Bruno:
Mais est-ce que du coup le changement d'échelle de presse nationale, vous allez obligé en fait d'aller encore une fois aller chercher les mêmes machines ou tout ce que vous aviez récupéré avec Deezer a permis déjà d'apporter Tout ce qu'on a récupéré avec Deezer.

Julien:
En tout cas pour la grande majorité, ça a permis de se lancer ce qui nous a un peu freiné pendant un moment c'est qu'on n'avait pas de disques donc il a fallu récupérer des disques. Bon ça tombe bien il y a tout un lot de grosses plateformes aussi un peu comme Deezer qui nous ont fait des dos notamment de disques donc ça nous a permis de continuer sans avoir à acheter quoi que ce soit et, Et on a eu la chance aussi, et ça, ça fait partie des projets, on va dire, les plus récents, c'est qu'il y a l'IA qui s'est rajouté dans tout ça, parce que forcément, c'était le buzzword à rajouter. On a l'IA qui s'est rajouté récemment, et là, maintenant, on est même à ajouter des GPU, en fait, dans les serveurs qu'on a récupérés. Donc, des GPU qu'on récupère, des GPU qui étaient partis pour la retraite, qu'on leur donne une seconde vie, on construit une intelligence artificielle là-dessus, et cette intelligence artificielle tourne sur le club du cœur. Donc c'est un cercle vertueux encore une fois on se réutilise en permanence et d'ailleurs on est les principaux consommateurs de ce qu'on fournit on consomme d'abord et ensuite après on fournit, et donc c'est arrivé parce que on a récupéré des bouts de supercalculateurs d'un gros énergéticien français. Qui faisait partir un de ces supercalculateurs à la retraite et donc on nous a dit est-ce que ça vous intéresse ? Oui carrément sur la partie réseau on est passé de 10 gig à 100 gig par B donc c'est juste énorme et donc ce qui était génial en plus c'est que ce type de switch là, c'est un type de switch qui est particulier, c'est de l'Infiniband c'est ce qui est utilisé justement, globalement si t'as suivi un peu ce qui s'est fait avec Nvidia Nvidia pendant un moment avait racheté une boîte qui s'appelle Melanox, mais l'ANOX justement leur spécialité c'était l'infiniband la fibre mais pas que, c'est un réseau qui est un peu différent de l'Ethernet mais qui est spécialisé pour avoir de très faibles latences et qui est très utilisé justement dans le calcul à type HPC et le HPC d'ailleurs le cloud et l'intelligence artificielle c'est la même chose, donc ça nous a permis comme ça d'en faire bénéficier sur le cloud donc on est passé à 100 gig sur tous nos serveurs et en même temps on est aussi ça nous a permis de faire parler les GPU entre eux puisqu'on avait le réseau qui était là pour ça plutôt que d'avoir ton pauvre lama, avec le GPU sur ton serveur, là en fait on a un VLM qui est partagé sur tout un ensemble de serveurs et ça nous permet comme ça de fournir. De fournir la progressivement alors on a commencé à bosser sur la partie équivalent à chat GPT parce que c'est globalement ce que les gens consomment mais aussi l'aide rédactionnelle pendant les réunions ce genre de choses, les réunions de bureau d'assemblée générale, d'avoir quelqu'un qui t'écoute et qui prend des notes, un peu comme ce que t'as dans les outils typiquement dans les réunions, mais ça va être aussi par exemple on a des trucs plus spécifiques avec. Pour le concert des enfoirés ils stockent une quantité astronomique de photos et d'ailleurs ça tombe bien parce que c'est en ce moment qu'ils sont en train d'enregistrer, prennent une quantité astronomique de photos et ces photos là en fait ce dont ils avaient besoin c'est de pouvoir les trier trier les visages, ça ça prend 3-4 mois si tu le fais manuellement là en l'occurrence on donne le boulot si tu veux une intelligence artificielle ils trient toutes les photos, ça a pris 3 minutes, donc en fait il y a plein d'utilisations comme ça on se dit mais ok l'intelligence artificielle au resto ça sert à quoi en fait en réalité ça sert quand même beaucoup, nous côté infrastructure vu qu'on gère tout ASCOD ça nous permet de gérer faire de l'infraste code et nous aider dans la review de Merge Request, ce genre de choses on l'a partout.

Bruno:
Mais donc au final en faisant juste de la récup, vous avez récupéré du matos de pointe, vous êtes quand même hyper bien récupéré, alors j'imagine que vous avez des lames qui peut-être ont une certaine vétusté mais j'imagine qu'un Deezer peut-être que ces machines elles avaient quoi ? Elles avaient 3 ans, 5 ans ?

Julien:
De toute façon on ne récupère pas entre si elles ont plus de 10 ans on ne récupère pas pour des questions de contraintes même si on ne paie pas forcément l'elec puisque quand on nous fournit un rack on nous fournit une puissance électrique, en règle générale c'est 3,5 kg bon tu ne fais pas tourner de l'IA avec 3,5 kg mais c'est la base de ce qu'on nous fournit, et donc les serveurs les plus anciens tu ne peux pas utiliser, dans un espace réduit tu ne pourrais pas en mettre beaucoup nous l'idée c'est quand même d'optimiser au maximum encore une fois on a un rack dans un data center à chaque fois Donc il faut qu'on puisse dans un si petit espace Pouvoir mettre un maximum de puissance Et donc c'est pour ça qu'on essaie de récupérer Des machines qui ont moins de 10 ans Pour sûr.

Bruno:
Mais donc vous avez quand même du matos Quasiment de pointe au final.

Julien:
Oui oui complètement En fait ça faisait fonctionner encore 10 heures Il n'y a même pas 2 ans, Donc oui c'est du matériel Qui est encore purement Qui serait utilisable Alors pas à l'échelle de 10 heures Parce que forcément on avait des contraintes de performance qui étaient autres mais qui pourraient être utilisables dans bien d'autres contextes, ça fait tendre les restos.

Bruno:
Tu nous parlais du coup aussi de faire communiquer directement les GPU c'est à dire qu'au final vous avez créé un système similaire à ce que faisait Google avec Borg il y a 20 ans ou ?

Julien:
Alors au niveau de la communication non pas vraiment c'est plutôt, enfin on a du cube pour pouvoir utiliser les GPU puisque, on a rien inventé mais ça ça tourne sur cloud par contre on fournit à travers les nodes de compute en fait des VGPU et ces VGPU là sont consommés justement, dans le cluster cube directement et ça nous permet comme ça en fait d'avoir un certain nombre de GPU disponibles, de VRAM aussi disponibles parce que c'est ce qui est le plus important finalement quand tu fais de l'IA c'est la quantité de RAM qui est dispo et d'ailleurs on voit bien avec les pénuries en ce moment, et donc là on est à peu près à 500 gigas de RAM, sur un rack classique on est quasiment à 500 gigas de RAM pour des GPU donc ce qui n'est pas négligeable on avait fait quelques tests au démarrage avec des petits GPU j'avais posté une photo il n'y a pas très longtemps d'ailleurs avec une GTX, 1080, un truc de gamer sauf que ça a 6Go de VRAM, on a essayé de mettre un modèle dedans, c'est juste pas la peine c'est pas du tout optimisé, oui tu vas faire tourner un Mistral 7B et encore c'est compliqué, là maintenant on arrive justement en faisant communiquer ces GPU on n'a rien inventé, c'est vraiment l'infidiband qui fait le gros du travail ça nous permet comme ça de faire tourner quasiment des modèles typiquement DevStral, ce genre de choses.

Bruno:
J'ai presque l'impression qu'au final, tu as travaillé sur un projet d'une ampleur, d'une richesse et d'une capacité d'apprentissage plus élevée avec ce que tu fais au Réseau du Coeur qu'avec ce que tu peux faire chez Deezer.

Julien:
C'est rigolo parce que souvent, on me pose la question de tes bénévoles chez Deezer et tes salariés au Réseau du Coeur. Non, non, ce n'est pas du tout le cas. Non, alors les sujets chez Deezer sont tout aussi riches. Et justement c'est ce que je trouve passionnant, c'est qu'il y a beaucoup de choses qui sont héritées de Deezer que j'ai pu appliquer au resto, parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont incroyables dans ce qu'on fait justement d'un point de vue technique chez Deezer et donc naturellement que j'ai pu répliquer et inversement aussi, c'est à dire qu'il y a beaucoup de choses que j'ai expérimentées au resto qui sont maintenant en production et qui progressivement en fait se sont vues apparaître aussi chez Deezer donc c'est vraiment aussi encore une fois un cercle vertueux Ma question.

Bruno:
C'était est-ce que chez Deezer Vous allez à ce point là Bas dans les couches.

Julien:
Alors dans En l'occurrence dans la team dans laquelle je suis Nous on gère l'infrastructure de Deezer Donc globalement si Deezer tombe C'est soit mon téléphone soit celui d'un de mes collègues Qui va sonner, En fait c'est le travail Que j'ai au quotidien chez Deezer Qui aussi a permis d'acquérir certaines compétences Qui ont permis de créer ce cloud.

Bruno:
Mais donc du coup aujourd'hui j'imagine que t'es plus tout seul à gérer ça.

Julien:
Chez les restaurants je suis plus tout seul effectivement, c'est la partie la plus dure d'ailleurs gérer des humains, on est passé de une personne à 14 maintenant ah oui, donc on est 14 sur le projet, alors tout le monde n'est pas forcément tout le temps sur le projet d'ailleurs c'est l'organisation la plus complexe, dès que tu commences à avoir des humains, forcément quand t'es tout seul tu vas vite ça c'est très bien, après quand t'es plusieurs forcément C'est le dicton qui dit ça. Tout seul, on va vite. À plusieurs, on va plus loin. Mais... Le gros souci c'est de faire en sorte que tout le monde soit d'accord sur la direction sur les choix techniques que l'on fait, et donc ça c'est encore un truc que j'ai récupéré chez Deezer que je trouve fonctionne vachement bien, c'est qu'on fait beaucoup de tout ce qui va être d'architecture d'architecture d'architecture review ce genre de choses, dès qu'on va proposer quelque chose, s'il y a un changement on fait une ADR, si c'est un changement beaucoup plus vaste on va faire une archi-review et donc ça permet comme ça au niveau de l'équipe de faire en sorte que tout le monde soit d'accord sur la manière dont le truc va être déployé, qu'il n'y ait pas une décision qui soit préparée à une personne et qui soit pas maintenable derrière, parce que l'idée c'est que s'il y a quelqu'un qui part, ce qu'il a fait c'est pas de reproduire ce qui s'était passé avec le PC qui traînait dans un coin c'est à dire pas d'informations, là l'idée c'est que on ait toutes les informations pour que quelqu'un puisse reprendre derrière, on n'est pas éternel et surtout pas au resto et donc c'est pour ça on cherche au maximum à pouvoir faire en sorte entre guillemets que les gens puissent, intégrer le projet, contribuer parce que les informations sont stockées, toutes nos décisions sont stockées.

Bruno:
Ce qui est fou c'est que du coup vous appliquez toutes les best practices.

Julien:
D'une entreprise c'est.

Bruno:
Presque j'ai presque envie de dire que j'ai connu peu de boîtes qui appliquent de manière aussi propre toutes les best practices de la tech.

Julien:
Alors c'est en fait c'est un truc qu'on s'est mis en tête globalement très rapidement en se disant, il y a une chose qui fait que le projet peut perdurer c'est d'appliquer les bonnes pratiques justement, alors pas de manière bête et méchante mais en tout cas de chercher à les appliquer au maximum parce qu'on veut que ça dure le plus longtemps possible et que ça se développe le plus longtemps possible et c'est vrai que quelque chose qui fait fuir globalement des gens, ça peut être salarié ou bénévole, peu importe, qui arrive sur un projet, c'est s'il manque les infos. Et s'il n'y a pas d'onboarding, on va dire, digne de ce nom. Et justement, là, on a pris vraiment beaucoup de temps, c'est sur ces parties-là, pour que les gens puissent contribuer. Parce qu'en fait, on a vraiment pensé le projet pour que ça soit un projet, littéralement, c'est une infrastructure open source, d'une certaine manière. On a un tchan de contribution, tout le monde vient dire, coucou les gars, j'ai une merge request, est-ce que vous pouvez regarder ? Ce genre de choses. On a vraiment fait un fonctionnement open source, on a un canal sur Slack qui est dédié au vote par exemple, dès qu'on a une décision une ADR qui est prise, qui a été déposée, la personne va poser une question sur le Slack en disant est-ce que vous êtes d'accord avec ou pas et dans le fil de discussion on en discute et ça permet de l'améliorer en fait l'idée c'est de toujours réfléchir en mode collectif, si on fait quelque chose il faut que ça soit maintenable par tout le monde. Après ça va contre courant avec ce qu'on a utilisé comme techno pour pouvoir faire fonctionner le cloud mais ça fonctionne on utilise OpenStack souvent quand je dis OpenStack les gens voient ça un peu comme un gros mot, mais OpenStack par rapport à notre usage c'était ce qui marchait le mieux on voulait pouvoir faire du compute as a service du DNS as a service du LB as a service, du cube as a service, globalement tout ce que les gens avaient sur leur cloud public on voulait le faire en mode cloud en mode accessible on voulait pas inventer la roue non plus bah il y avait qu'OpenStack en fait finalement qui répondait à ça par rapport à notre cas d'usage, c'est sûr que s'il y avait pas eu besoin d'autant de trucs on serait peut-être pas parti sur OpenStack on serait peut-être parti sur directement sur du cube ou sur autre chose mais là en l'occurrence ça répondait à notre besoin on j'aime bien dire souvent qu'on fait du ce qu'on appelle du contexte drive and development tu vois c'est, on adapte nos choix techniques à notre propre contexte, On préfère les solutions techniques qui sont proches du contexte et qui répondent à notre besoin, plutôt que de se dire ok, cette solution-là, elle est hyper sexy, mais en réalité, elle répond qu'à un besoin. Enfin, elle couvre qu'à un problème de mon besoin.

Bruno:
Il y a quand même un point qui me... Je ne sais pas si c'est que tu es dans ta manière de raconter, ou tu as un petit peu de scénariser les choses, que tu nous racontes que tu as fait ça au niveau départemental, puis régional, puis national, tu rends l'impression qu'il y a eu un mouvement comme ça. Mais dans ce que tu racontes ce que j'entends aussi c'est que tu débarres dans un bureau où t'as un PC dans un coin qui est en train de prendre la poussière t'arrives dans un contexte où effectivement les réseaux du coeur y'a quand même avant tout une volonté d'aller aider des gens et de distribuer des moyens pour que les gens puissent, retrouver un peu de dignité, et des ressources essentielles donc on est quand même dans un contexte qui est pas hyper tech sa vie, comment tu fais pour leur dire pour leur pour justifier parce qu'au début ton projet on voit juste un fou qui est en train de brancher des trucs dans les toilettes en plus c'est vraiment ça.

Julien:
En fait si tu veux au resto j'ai rapidement appris que le seul truc qui fonctionne c'est la preuve par exemple, si t'arrives et que tu commences à expliquer un truc technique même si t'es le meilleur vulgarisateur de la planète de toute manière la moyenne d'âge on va dire au resto c'est 70 valets, expliquer des trucs techniques à des gens.

Bruno:
Qui n'aiment pas l'informatique et qui ne sont pas en train de bosser et puis en.

Julien:
Plus l'informatique ils le voyaient comme un outil qu'ils utilisent au travail et c'est plus contraignant pour eux qu'autre chose de l'avoir encore au resto, et donc de leur montrer juste de leur montrer que les choses fonctionnent et que ça en plus ça les aide au quotidien, c'est le meilleur vendeur entre guillemets t'as même pas besoin de t'exprimer oui mais.

Bruno:
Je me doute bien qu'effectivement quand tu montes par l'exemple les gens ils voient la valeur du truc mais c'est à dire qu'il y a quand même un moment oui donc pour reprendre l'image c'est qu'il voit juste un gars en train de monter de brancher.

Julien:
L'ordinateur dans les toilettes j'ai des.

Bruno:
Ordinateurs en plus sans écran.

Julien:
Et à mesure que.

Bruno:
Tu continues tu nous évoques aussi tous ces services pour faciliter le déploiement, le principe des ADR toute cette méthodologie et ses best practices.

Julien:
Tout ça c'est pas arrivé tout de suite les ADR c'est arrivé sur la fin mais en.

Bruno:
Fait c'est comment tu fais sur cet ensemble pour leur dire on va faire les trucs, mais vous allez voir ça va apporter des choses venez avec moi on va y aller.

Julien:
Il y a plusieurs choses la première c'est que déjà j'ai eu beaucoup de chance c'est que quand je me suis lancé dans l'AD28 l'association départementale de Réloir, le président à l'époque m'a fait énormément confiance il m'a dit de toute façon, j'y connais rien je te fais totalement confiance ta carte blanche tu fais ce qui te semble bon et donc c'est là où j'ai commencé à faire le truc et tout de suite en fait il a vu le gain déjà d'une part c'est que avant ça tombait en permanence maintenant ça tombe plus parce que justement au pire quand ça tombe il y a une alerte j'étais alerté et je venais dépanner le truc, donc ça il a vu le gain tout de suite et donc après le bouche à oreille il en a parlé et ensuite c'est comme ça que ça grossit et l'autre point c'est que, J'ai perdu le fil de ce que je voulais.

Bruno:
C'était comment est-ce que tu peux vendre ? Comment tu justifies l'intérêt de tout ce que tu es en train de construire ?

Julien:
L'autre point, c'est que il y a quand même toujours une question de coût. Encore une fois, on l'a répété plusieurs fois, mais 1€ un repas, quand tu as cette métrique-là en tête en permanence, et que tu te dis, les caméras, par exemple, ça fait combien si on passe. Si on prend un enregistreur et on achète les caméras ? Ça faisait 3 000€. ok c'est gérable c'est pas énorme mais par contre les chambres froides ça fait combien ça fait entre 1500 et 4000 euros par chambre froide par an on en a combien 389 ça fait 6 millions on va peut-être réfléchir autrement. Et donc en fait c'est surtout l'argent qui a tout de suite drivé le truc en disant il y a des solutions techniques qu'on est capable de développer mais pour ça il faut que justement vous nous faites confiance et on va comme ça pouvoir éventuellement réduire les coûts et les sondes de température ça a été le meilleur exemple parce que c'est un truc qui est pas hyper, complexe, en réalité nous c'est un Grafana, on a des en fait on a fait un peu d'électronique si tu veux avec des petits ESP donc des petites cartes électroniques tout à fait classiques, on a pris des standards du marché encore une fois, on cherche pas à réinventer la roue on prend des cartes électroniques et ces cartes électroniques là, balancent en fait des informations dans un broker MQTT et ça affichait dans un Grafana mais eux c'est juste génial pour eux ils n'avaient pas de ils savaient pas en fait quand une chambre froide par exemple tombait en panne, faut savoir que c'est environ 70 000 euros à peu près de denrées alimentaires qui partent à la poubelle donc c'est juste énorme, le coût en plus de ça de l'alerting de la supervision de ce truc là bah en fait ça coûte hyper cher parce que je l'ai dit un 6 millions pour les pour les chambres froides qu'on a référencé pour toute la france. C'est juste pas viable on peut pas faire ça tous les ans et donc d'avoir un truc où ils ont un dashboard graphique où ils voient en plus des jolies courbes ils sont alertés sur leur téléphone dès qu'il y a un problème et en plus de ça, si tu veux ils s'en foutent un peu de comment, où est-ce que ça tourne eux ce qu'ils voient c'est le résultat final et d'ailleurs c'est le côté plus drôle c'est que là on est en train de staffer les équipes sur la partie service et accompagnement parce que c'est là où on a le plus de demandes c'est justement à ce qu'on déploie de plus en plus de choses qu'on migre de plus en plus de choses parce que les gens, eux ce qu'ils voient c'est les services en finalité et ils savent aussi que, c'est ce truc là qui les fait tourner parce que quand c'est coupé parce qu'on a eu plusieurs coupures de courant, malheureusement en fait le service n'est plus disponible donc ils voyaient pas l'intérêt jusqu'au jour ou pas quand ça marche plus tout de suite effectivement oui en fait on voit tout de suite le gain de ce truc.

Bruno:
Ce qui est assez fou aussi je trouve c'est que, Au travers de tous ces services, t'as quand même permis de faire beaucoup d'économies sur plein de sujets divers et variés, de aussi rendre les gens plus efficaces et donc aussi, au final, de permettre de faire des économies de ce côté-là. Tu aurais même pu avoir une approche de dire, bon bah ok, en fait, je vous ai permis de gagner tant de ce côté-là, donc ce serait mieux qu'on en reprenne un petit peu pour le projet. Mais au final, t'essayes au maximum de dire, en fait, c'est économisé, c'est un euro un repas, donc tout ce qu'on économise, on le met dans les repas.

Julien:
On a eu beaucoup de chance ces derniers temps Parce que justement d'en parler en public De ce projet Il y a par exemple des conférences Qui ont lancé Comment dire Des tombolas mais qui ont lancé justement, Des cagnottes Pour le projet Donc nous ça nous a quand même permis d'acheter 2-3 trucs qu'on peut pas avoir en don Mais en fait on essaie de limiter au maximum Les achats parce que encore l'idée c'est de Faire quand même économiser, Si on le peut plusieurs dizaines de millions de repas donc c'est pas négligeable et chaque euro entre guillemets compte, moi ce que je vois c'est que un euro c'est un repas, et c'est une personne qu'on va pas pouvoir aider si on le dépense, donc ça me fait mal au coeur entre guillemets de devoir dépenser des sous donc c'est pour ça qu'en permanence on essaie de choper du matériel à droite à gauche, de réutiliser au maximum quand on peut pas en plus de ça, au resto quand une machine est prête, à finalement partir parce que normalement la machine elle est plus utilisable on l'a fait recycler par des personnes qui sont en insertion donc c'est des personnes qui sont, bénéficiaires des restos mais en même temps aussi embauchées par les restos pour leur apprendre un métier et donc on leur fait démonter les machines et récupérer les matières précieuses ça permet encore une fois de réinvestir dans des repas derrière donc tu vois le truc il est en permanence. On cherche au maximum à créer des repas pas dépenser de l'argent pour faire fonctionner une offre Oui, c'est bon.

Bruno:
Ce qui est aussi intéressant, c'est que dans tout ce que tu as décrit, on voit qu'il y a quand même une innovation hyper forte, des techno de pointe. Est-ce que tu penses que cette innovation, elle est drivée plus par le fait que, comme vous avez zéro moyen, tu es obligé de... Tu vois ce que je disais en intro, c'est comment tu maintiens le bricolage sans tomber dans la bricole. Et en plus, je me trouve ça fou. Tu me parles de vos ADR et tout. Je te dis, moi, j'ai vu des boîtes qui payent des gens hyper cher qui n'ont pas des niveaux aussi... Ma question est peut-être un peu floue, mais tu vois, toute cette... Parce que pourtant, tout le monde est bénévole, on essaie de faire avec le moins de moyens possible, et pourtant, vous faites un truc au top-notch, l'ensemble des best practices. C'est quoi ? Je me doute bien que tout n'est pas parfait, c'est pas le sujet. Mais tu vois, est-ce que tu penses que comme au final, tout le monde vient dans un engagement total et profond, tout le monde fait au mieux, comment ça se fait que vous arrivez à innover autant avec aussi peu de moyens et une telle.

Julien:
Pour rebondir sur ce que tu dis on a un truc qu'on essaie de s'appliquer au max en tout cas on sait que c'est la base de tout ce qu'on fait c'est qu'en fait on est en permanence contraint et le travail sous la contrainte ça t'oblige à avoir des choix techniques qui sont forcément, qui sont un peu hors du commun dans le sens où par exemple on ne sait pas, tout le matériel qu'on a est hors garantie, puisqu'il partait à la poubelle donc il a fallu prendre des logiciels qui fonctionnent sur du matériel hors garantie, donc globalement Linux en fait ce qu'on va retrouver chez les grands cloud providers, sauf qu'eux ils ne le font pas pour la même raison que nous, c'est pas pour faire durer le matériel le plus longtemps possible, c'est juste que ça ne coûte rien, et qu'eux ils gagnent de l'argent derrière Mais vous le.

Bruno:
Faites aussi parce que ça ne coûte rien au final.

Julien:
Alors oui, bon après on essaie aussi de rendre à la communauté, puisqu'on a d'ailleurs ouvert notre GitHub pour pouvoir partager nos différents projets open source qu'on a sur le projet, mais pas que, on essaie de contribuer un maximum sur différents projets, notamment autour de la communauté OpenStack, mais pas que. Et il y a aussi un truc, c'est qu'au niveau de l'équipe, globalement, tout le monde savent que ce qu'ils font, c'est un impact direct sur l'humain. Et c'est vrai que faire un truc pareil en entreprise, ça serait beaucoup plus complexe. Enfin, en tout cas, pour ma part. Dans le sens où, là, tout de suite, tu as un impact sur l'humain, donc tu sais que tu aides quelqu'un. Ce que tu fais, c'est en train d'aider quelqu'un. Là où en entreprise, tu es en train d'aider éventuellement ton patron. Ou autre c'est très bien mais c'est pas tout à fait la même, métrique encore une fois là c'est des humains derrière qu'on aide donc c'est je pense aussi beaucoup plus motivant puis il y a aussi tout de suite le rapport passion qui se rajoute à ça dans l'équipe c'est que des passionnés, c'est des gens qui, jusqu'à 23h minuit une heure du mat en pleine semaine sont encore dessus, tu fais bosser des passionnés parce que déjà le projet est extrêmement technique mais en plus de ça parce que derrière ça aide des gens quand tu arrives à mêler la passion plus le fait d'aider c'est le combo gagnant.

Bruno:
Il y a un engagement personnel de tout un chacun qui fait que ça amène tout le monde tu parlais de pas mal d'open source ce qui est normal, ce qui est logique, est-ce que j'imagine que vous avez une dépendance assez forte à toute la communauté open source, juste ma question est-ce que, vous sentez une... Réduction des contributions open source ou de la communauté open source en global et qui du coup peut être pénalisante pour vous au final ?

Julien:
Alors oui on a senti effectivement une baisse au niveau des différentes communautés, alors nous il faut savoir qu'on met l'accent sur les logiciels libres d'abord, c'est pour ça qu'on est sur du Debian, on essaie de prendre au maximum des logiciels qui sont soutenus par des fondations, c'est la raison pour laquelle on est parti sur OpenStack parce que c'est une fondation derrière, même chose pour Kube, enfin bref globalement il y a tout plein de projets comme ça qu'on utilise parce que c'est des fondations et donc il y a beaucoup plus de contributeurs parce que c'est des gens dans les entreprises qui sont payés pour contribuer. Par contre effectivement on s'est rendu compte aussi qu'il y avait certains projets notamment, OpenStack n'est pas exempt de cette problématique parce qu'on a eu il y a quelques temps justement le système d'object storage d'OpenStack qui a été un peu déprécié et donc parce qu'il y a de moins en moins de contributions dessus, il y a plein de raisons à ça, et donc nous on l'a vu effectivement arriver, on a plein d'autres projets où on s'est dit on va peut-être passer sur autre chose parce que les contributions sont pas au rendez-vous, où le patch il est passé on l'a patché avant que l'éditeur l'ait fait ou la personne qui maintienne le projet l'ait fait, donc souvent ce qu'on fait c'est qu'on fait une pull request et puis on propose le patch mais quand c'est des patchs de sécurité ou autre, mais mine de rien ça demande du temps c'est pour ça qu'on essaie de choisir aussi des projets qui ont beaucoup de contributeurs c'est la raison pour laquelle par exemple pour la gestion de déploiement enfin de la gestion de configuration d'utilisant Siebel c'est que mine de rien il y a Red Hat quand même derrière et il y a une grosse communauté qui contribue sur le projet, Il y a plein de choses comme ça où on essaie de prendre des gros projets. On n'essaie pas d'aller dans des trucs trop de niches parce qu'on sait très bien que nous, on n'a pas la force de pouvoir maintenir sur le long terme ce truc. Donc on a cette gouvernance de dire qu'on prend au maximum des projets qui ont une forte contribution, qui ont les licences compatibles aussi, parce qu'on n'a pas spécialement envie d'être embêtés sur des points de vue de l'égalité. Voilà un petit peu comment on réagit par rapport à tout ça.

Bruno:
S'il y a parmi l'ensemble des auditeuristes d'autres personnes qui souhaitent aussi comme toi mettre à disposition leurs compétences, pour cet engagement c'est quoi tes conseils pour rejoindre les réseaux du coeur et contribuer à tout ça ?

Julien:
Alors en termes de conseils en fait ça dépend vraiment de ce que vous souhaitez faire c'est tellement large le club du coeur de ce qu'on y fait parce que ça part de, des gars qui vont installer les machines je dis des gars parce qu'en fait pour le moment on a une équipe très masculine mais on, cherche à recruter des profils féminins mais en tout cas sur la partie infras c'est beaucoup plus complexe ça c'est.

Bruno:
Pas que au resto du coeur.

Julien:
C'est pas qu'au resto du coeur c'est en règle générale, on va de l'infra jusqu'au soft du coup qui est déployé dessus et donc voilà s'il y a des choses qui donnent envie aux gens entre guillemets dans toute cette myriade de choses à nous rejoindre nous on est tout à fait on est tout à fait ouvert, Sachant que c'est un bac à sable aussi géant C'est l'occasion d'essayer des choses Sans que ça coûte de l'argent Et en même temps que ça aide derrière Donc ça c'est juste incroyable Oui.

Bruno:
Mais en fait J'entends qu'effectivement t'as l'occasion de tester plein de trucs.

Julien:
Mais je.

Bruno:
Pense que t'es dans un contexte Où c'est encore moins possible de casser.

Julien:
Oui parce que.

Bruno:
Si tu casses des trucs.

Julien:
D'où le fait qu'on s'est appliqué plein de règles Les ADR, les archi-reviews ce genre de choses C'est parce que ok on a de la sandbox On peut faire des choses, on peut essayer des choses L'idée c'est que ça soit pas non plus Le labbis entre guillemets Que t'avais chez toi que finalement, Tu répercutes sur les restos, c'est pas l'objectif Par contre si tu sens que Il y a quelque chose que t'as envie d'essayer Mais que t'as pas les moyens pour le faire chez toi Ou ailleurs, Et que tu penses qu'en plus ça peut avoir un intérêt justement pour l'association, c'est tout bénef, parce qu'en fait nous, ça nous aide, véritablement, et ça va aider des gens de manière indirecte derrière et en plus de ça, t'as pu l'essayer, et le deuxième conseil que je donnerai c'est aussi quand même de faire un de passer un peu de temps quand même sur le terrain, au resto parce qu'en fait le principal axe de motivation on va dire pour, vraiment beaucoup contribuer sur ce projet, c'est de faire du terrain. Parce qu'en fait, mine de rien, quand t'es derrière ton PC en permanence, c'est un peu comme si t'étais dans une tour d'ivoire. Tu vois pas véritablement la misère. Donc tu vois que tu es en train de faire des choses, que ça va aider, mais tu sais pas à quoi ça va servir exactement. Alors que d'aller sur le terrain, ça te permet tout de suite de te rendre compte que là, ouais, ok. En fait, ce que je fais, ça m'adresse à aider ces personnes-là. Donc c'est hyper important.

Bruno:
Et puis c'est aussi sur le terrain qu'il y a besoin aussi d'un monde en permanence.

Julien:
Complètement. On est 78 000. Je crois que sur les périodes de collecte nationale, on est un peu plus de 100 000. Sur le club du coeur on est 14 donc tu vois le ratio est pas là c'est.

Bruno:
Pas encore une boîte tech.

Julien:
C'est ça.

Bruno:
Canon merci beaucoup Julien pour tout ça c'est un projet merveilleux.

Julien:
Merci à.

Bruno:
Toi merci beaucoup de nous avoir partagé tout ça j'aurais deux dernières questions pour toi qui sont les questions rituelles du podcast la première c'est est-ce qu'il y a un contenu que tu souhaiterais partager avec l'ensemble des auditeuristes.

Julien:
Est-ce qu'il y a un contenu que je voudrais partager alors oui mais là je vais nous faire un peu d'autopub il n'y a pas très longtemps on a sorti une plateforme en fait qui open source, sur le github du cloud du coeur pour rassembler tout un lot d'alertes, s'il y a des gens qui utilisent notamment Prometheus qui est un peu un standard on va dire pour l'alerting, écrire des alertes c'est un peu chiant et donc on a créé justement une plateforme où en fait on vient centraliser des alertes qui peuvent être utilisées par n'importe qui, donc on les rend accessibles à n'importe qui nos alertes on les rend accessibles à n'importe qui puisqu'il n'y a aucune info des restos dedans et donc voilà c'est ce projet, c'est ce projet justement d'alerte que.

Bruno:
Que vous partagez très bien très bien et la dernière question qui est la plus importante de ce podcast est-ce que tu es plutôt espace ou tabulation ?

Julien:
Je suis plutôt espace.

Bruno:
Très bien merci beaucoup Julien merci à toi et merci à tous d'avoir suivi cet épisode voilà si vous avez envie de vous engager alors ça soit la Rassaut du Coeur ou bien évidemment d'autres types d'associations je pense qu'il y a suffisamment, de projets associatifs divers et vrais dans lesquels on peut s'engager on l'a déjà dit plusieurs fois à ce micro avec beaucoup d'invités je pense que on a la chance d'avoir des compétences, d'avoir un métier qui peut servir énormément de domaines sur énormément de sujets, et je pense que c'est important de pouvoir aussi mettre ces compétences sur une amélioration de la société. Quelle qu'elle soit quelles que soient vos envies et donc si vous avez du temps si vous avez des moyens de le faire, si vous avez une capacité, à débloquer ça n'hésitez pas à le faire auprès des réseaux du coeur ou d'autres sujets moi de mon côté je vous remercie beaucoup de partager toujours ce podcast autour de vous, encore plus sur des épisodes comme ça parce que c'est aussi un moyen de propager des messages, donc je vous remercie beaucoup je vous souhaite une très bonne fin de semaine, je vous dis à la semaine prochaine et d'ici là, codez bien.