Antonio Goncalves

357

Azure et IA

Antonio Goncalves

Dans l'ouragan des modèles, où est la vraie valeur du dev ?

Peut-être que notre plus-value aujourd'hui, c'est d'être des devs. Et devs, c'est pas que taper du code
Suivre IFTTD =>

Le D.E.V. de la semaine est Antonio Goncalves, Principal Software Engineer chez Microsoft et co-organisateur de Devoxx. Dans cet épisode, on plonge dans la complexification du métier avec l’essor de l’IA et des plateformes cloud comme Microsoft Foundry. Antonio raconte comment les développeurs doivent désormais arbitrer entre des milliers de modèles, tout en gérant les attentes métiers, la sécurité et le coût des tokens. Il partage son regard sur la transformation accélérée des pratiques, entre impact métier, outillage et nouveaux collègues… agents IA compris ! Un échange sans filtre sur une profession qui doit jongler entre vitesse, expertise et humanité.

Chapitrages

00:00:55 : Introduction à l'IA et son impact

00:01:51 : Présentation d'Antonio

00:03:41 : Transition vers la génération de code

00:04:37 : Intégration de l'IA dans les fonctionnalités

00:07:27 : Maturité des clients face à l'IA

00:09:53 : Complexité croissante dans le métier

00:14:52 : Accélération des tâches et des commits

00:16:04 : Évolution des méthodes de travail

00:20:32 : La génération sacrifiée

00:25:17 : Importance de l'apprentissage sans outils

00:28:31 : L'IA comme calculatrice moderne

00:33:26 : Comparaison avec les technologies établies

00:39:39 : Simplification via les outils modernes

00:49:02 : Innovations dans l'aviation et l'ingénierie

00:54:58 : Réflexion sur l'évolution du métier

00:59:25 : Intégration des tokens dans le travail quotidien

01:03:13 : Recommandation de ressources

01:04:00 : Conclusion et perspectives d'avenir

Cet épisode n'a pas encore été compilé !
Un épisode est généralement refactoré 3 ans après sa diffusion !

Un peu de patience ...
Pas d'extraits disponible :(
Bruno:
Notre métier, c'est de résoudre des problèmes. Le code n'a jamais été une fin, ce n'est que le moyen. C'est un outil parmi d'autres dans notre boîte à outils. Le marteau ne construit pas une maison, c'est le maçon qui va décider où taper. Sauf qu'aujourd'hui, notre marteau suggère, anticipe et parfois remodèle complètement le plan sans qu'on lui ait forcément demandé d'ailleurs. Il va remplacer aussi le tournevis, puis le ciment et puis peut-être même l'architecte. Et là, la boîte à outils devient un peu une boîte de Pandore. Mais alors, quand l'IA s'intègre dans chaque feature, que décide encore l'architecte ? Est-ce qu'on assemble de l'intelligence ou est-ce qu'on libère quelque chose qu'on ne sait peut-être pas encore vraiment refermer ? Et surtout, les 11 000 modèles de Microsoft Fondry, est-ce que c'est le catalogue du parfait artisan ou est-ce que c'est le dernier étage de la boîte qu'Epimété n'aurait pas dû ouvrir ? Pour répondre à ces questions de chantier, je ne reçois pas Clippy, mais il a tous les outils à sa ceinture. Antonio, bonjour.

Antonio:
Bonjour. Ça y est, en plus je suis portugais, le maçon, tout ça.

Bruno:
J'ai pas fait exprès. Je t'ai pas fait exprès. Je te jure, j'étais parti sur la boîte à outils et la boîte de Pandore, j'ai pas fait exprès. Alors Antonio, est-ce que tu pourrais te présenter pour les quelques personnes qui ne te connaîtraient peut-être pas ?

Antonio:
Alors, je m'appelle Antonio Goncalves, je suis un dev depuis un petit bout de temps. Et dans les trucs donc à part faire du dev j'ai écrit des livres quand même j'ai écrit des livres sur un machin qui s'appelait JavaE je sais pas si vous en souvenez et puis JavaE.

Bruno:
Oui les livres un peu moins.

Antonio:
Ouais les livres ouais je vous parle d'un temps, et puis j'ai écrit il y a une petite vingtaine d'années quand même le Paris Java User Group alors un Java User Group c'est un meet-up et il y a 20 ans et ben c'était compliqué d'organiser un meet-up parce qu'il y avait à peine les téléphones portables, Et ce meet-up a grossi et puis on est devenu une Devox France. Donc voilà, j'ai laissé de côté le Paris Jog, qui maintenant vit sa vie. Et j'organise Devox France une fois par an. Je participe aussi occasionnellement, dernièrement, au podcast Les Cascodeurs. On fête notre 15ème année voilà tout ça et puis quand même ce qui me fait vivre au quotidien c'est que depuis 4 ans j'ai intégré Microsoft donc j'ai été indépendant en plus de 20 ans et maintenant je suis salarié j'ai une fiche de paye et je bosse pour Microsoft je suis principal software engineer, voilà et je suis rentré pour faire il y a un peu plus de 4 ans maintenant pour faire du Java sur Azure. Et puis, il y a trois ans, on m'a dit, Java, tu laisses tomber, Azure aussi, tu fais de l'IA. Et je leur ai dit, mais j'y connais rien. J'ai lu Asimov, mais ça s'arrête là. Il m'a dit, non, non, t'inquiète, nous, on n'y connaît rien non plus, les clients non plus. Go ! Voilà, c'était la sortie de ChatGPT. J'ai fait comme tout le monde, j'ai regardé ça de loin. Et puis, rapidement, Microsoft m'a alors maintenant on va regarder ça de très très près.

Bruno:
— Oui, c'est effectivement un sujet un peu présent aujourd'hui, l'IA. Forcément, Microsoft, vous en faites en effet pas mal. Vous avez notamment pris des parts assez importantes dans OpenAI. Donc on sent qu'il y a quand même un engagement assez fort sur le sujet. Du coup, quand toi, aujourd'hui, tu t'intéresses à l'IA, c'est sur des sujets de génération de code avec de l'IA ou c'est sur de l'IA qu'on met dans les fonctionnalités, dans les features ?

Antonio:
Les deux mon capitaine parce que moi je fais toujours ce qu'on appelle du customer facing, c'est-à-dire que je travaille avec des clients. Alors ce qui est super c'est que mes clients ils sont développeurs. J'arrive à la fin moi, Microsoft fait des tas de trucs avant et moi j'interagis avec les développeurs. Et effectivement j'ai deux pans, un pan assez récent depuis à peine une année. Sur l'outillage, c'est-à-dire qu'on a Copilot, on a Copilot sur VS Code, sur IntelliJ. Maintenant, depuis 6 ou 7 mois, on a la CLI. Donc, il y a effectivement, je bosse avec des clients sur comment intégrer nos plugins ou la CLI. Et puis après le gros de mon boulot. En fait il y a 3 ans c'était vraiment des clients qui voulaient intégrer l'IA dans leur processus et donc aujourd'hui j'ai 80% de mes clients c'est comment je mets de l'IA, dans tout ce pataquès alors moi oui j'ai une petite affinité java mais j'ai aussi des clients qui font pas de java et quelques clients qui font du dotnet mais c'est surtout des clients Java, bien sûr sur Azure, déjà des clients qui se disent, tiens, et si je mettais de l'IA ici ou là ? Alors, il y a trois ans, moi, je regardais, tchat GPT arrivé, mes clients aussi. Donc, il y a trois ans, mes clients venaient me voir en disant, bonjour, je voudrais mettre de l'IA. Je dis, oui, c'est très très bien. Où ça ? Aucune idée. Et pourquoi faire ? Aucune idée. Et moi, j'étais là bas, ça tombe bien. Moi, je n'ai aucune idée. Voilà, maintenant on en est, ça fait plus de trois ans maintenant mes clients ils viennent en disant. Le use case est très, très clair. Ou même mieux, je fais ça depuis un an. Et je consomme énormément de tokens. Qu'est-ce que je fais ? Donc, on a parfois des chief financial officers, des CFO qui disent « Eh bien, c'est super, votre truc, ça coûte une métablinde. » Donc, soit on arrête tout, soit on divise par deux. Voilà. Donc, on n'est plus sur des problématiques comme ça. Moi j'ai aujourd'hui des clients qui vont très très vite. Et il y a 3 ans tout le monde découvrait. Et puis il y a 3 ans il y avait des développeurs qui avaient vu une librairie à la mode genre un Longchain4J. Et qui se dit tiens, ce serait super. Donc beaucoup de bottom-up. Maintenant, moi, je vois énormément de top-down. Donc c'est les boîtes qui disent il faut faire ça. Voilà.

Bruno:
— Mais donc dans ce que tu décris, on sent qu'il y a quand même aussi une certaine maturité qui est arrivée. C'est-à-dire qu'on n'est plus en mode faux de l'IA, ces tendances, machin, mais on ne sait pas trop quoi mettre et où. Là, ce que tu décris, c'est qu'il y a quand même une connaissance un peu plus approfondie du sujet. Et du coup, j'imagine qu'on est aussi sortis de simplement mettre un chatbot ici ou là avec un LLM qui répond à peu près correctement.

Antonio:
On est toujours là dedans on est toujours là dedans moi j'ai beaucoup de clients qui veulent mettre encore des chatbots internes le chatbot externe il fait toujours un peu flipper celui là parce que les LLM parfois, il dérive mais le chatbot interne pour mes salariés oui, j'ai un métier hyper contraint j'ai beaucoup de règles je suis une boîte d'assurance je suis une banque internationale en plus donc des milliers de PDF en français en anglais en chinois bref donc il y a toujours ça, avec la partie au fait mes 10 000 pdf en chinois en français je les mets où donc il y a quand même ça, ils ont des équipes de data scientist ou pas en plus, donc il y a quand même tous ces il y a quand même encore beaucoup de chatbots, et puis après il y a plein de use cases exceptionnels où même moi je me dis waouh, Je me souviens d'un client où... Des photos satellites. Et l'IA essayait de comprendre la géographie, la topologie, où se trouvaient les rivières, etc., etc., pour optimiser l'agriculture. Qu'est-ce que je plante où qu'est-ce que je plante quand pour optimiser pas que le rendement mais justement. Optimiser déplace ton champ de maïs ici etc etc donc il y a plein de use case comme ça et que sur de l'image en plus c'est dire ah ouais flûte bah oui parce que là on a du maïs il pousse bien, on a compris, la topologie de l'endroit et on découvre que là, au même endroit, enfin, un endroit un peu plus loin, on a à peu près les mêmes contraintes, les mêmes, tiens, pourquoi pas mettre du maïs. Et tout ça, de manière... En forme d'image. Donc il y a plein de use case comme ça.

Bruno:
Ok, un canon. Sur le compilier qu'on a enregistré juste avant, on a évoqué un peu rapidement la complexification de notre métier. C'est vrai qu'on a un métier dans la tech où on nous demande bien évidemment de faire en sorte d'avoir des applications qui fonctionnent, mais on nous demande de prendre en compte le fait que l'application doit être capable de scaler, donc avoir aussi des compétences un peu hops. On nous demande de nous assurer qu'il n'y a pas de faille de sécurité, qu'il n'y a pas d'injection SQL, que des contraintes de cyber et puis il faut prendre en compte RGPD et puis il faut prendre en compte la maintenabilité et puis il faut prendre en compte le coût donc on a quand même beaucoup de sujets qui se sont ajoutés sur notre escarcelle comme on dit, au fil des années et là maintenant on nous dit qu'il faut pouvoir mettre de l'IA aussi dans tes features, parce que il y a des LLM qui peuvent faire ceci cela qui peuvent t'aider, ça nous rajoute quand même un peu une techno et qui n'est pas une petite techno on ne parle pas d'un petit truc — Non.

Antonio:
Non.

Bruno:
— Comment est-ce que toi, tu vois la complexification que tous ces outils-là, que tous ces modèles-là et tous ces use cases apportent à notre métier ?

Antonio:
— Punaise. Ça va être exponentiel. Ça va être exponentiel parce que... On a créé notre métier, on interagit avec une machine, mais c'est quand même nous un peu le chef d'orchestre. C'est nous qui appuyons sur des boutons, on se réunit avec des êtres humains qui vont appuyer sur d'autres boutons. Voilà, moi je fais la partie front, toi back, machin, on se réunit de temps en temps. En fait, on a un métier entouré d'êtres humains quand même. Et tout ça, ça va changer. On utilise des API, on expose des API qui sont plus ou moins quand même gérées par des êtres humains. Enfin, il y a des API qui sont appelées par d'autres API, soit, mais... Et en fait, là, tout va être exponentiel. C'est-à-dire que l'Internet de demain ne sera pas un Internet pour des êtres humains, ce sera un Internet pour des agents. On a déjà le cas sur GitHub la semaine dernière. C'était très, très drôle, mais le papa d'OpenClo, Steinberg, il disait, moi, GitHub, il est quand même vachement down. Bah ouais, parce que le père Steinberg, avec son handle à lui, GitHub, il fait entre 10 et 50 000 commits par jour. Alors, GitHub n'avait pas imaginé ça quand on a créé GitHub. Donc imaginez-vous 50 000 commits par jour donc GitHub derrière il faut que ça se calme derrière ça fait rappel à des API, bah 50 000 fois plus enfin tout va devenir exponentiel, après bah moi je me réveille le matin je suis qu'un être humain, je dépose mes mots à l'école, j'arrive et j'ai 50 000 commits à revoir en 24h c'est juste pas possible le.

Bruno:
Ratio est fou en plus, c'est pas juste qu'on fait 10 fois plus.

Antonio:
C'est qu'on.

Bruno:
Fait effectivement on fait 10 000 fois plus.

Antonio:
Donc tout va devenir hyper exponentiel, et bien sûr nous on a toujours encore un peu mais quel modèle utiliser, tu parlais des 11 000 modèles donc effectivement il y a 10 ans c'était mais quel stack, front utiliser, même si je pense qu'on a toujours pas répondu à cette question mais le bac c'est plié, java voilà mais voilà maintenant c'est Quel modèle utiliser pour tel use case, tel modèle a une meilleure réponse que l'autre modèle ? Ça, il faut le calculer, mon ami. Comment on sait que tel modèle est mieux que tel modèle ? En plus, le modèle 5.2, parce que la 5.1, bref, je ne te passe même pas le RAG, l'embedding. Punaise, mais c'est d'une complexité et puis toute cette complexité, devsec alors là il faudrait créer un devsec cobsia, enfin je sais plus ce qu'il faut créer comme acronyme mais c'est vrai que ça s'enchaîne ça s'enchaîne donc c'est compliqué, en horizontal mais il y a 50 000 comites 50 000 comites qui font des trous de sécu, qui font des trous de machin qui viennent boucher, des trous de sécu qui viennent de créer, et nous on se retrouve en meeting pendant 30 minutes en 30 minutes il y a eu 12 000 comites qui sont passés derrière notre dos, les agents les machins le chef de projet qui gère des humains mais pendant que les agents tournent. Et puis si un agent il tourne pendant que je suis là, pourquoi il tournerait pendant que je ne suis pas là, ce que l'industrie fait depuis un siècle et demi, il y a des machines qui tournent, alors nous on fait un peu les 3-8, mais voilà quoi. Et bah pourquoi on arrêterait de coder après 18h ? Donc non, non, ça se met à coder après 18h, ça va... Donc moi je vois une exponentialité du machin, il va en avoir partout. Et nos interlocuteurs, ça sera bien sûr des êtres humains, mais pas que.

Bruno:
— Oui.

Antonio:
Open-clos, c'était marrant. Moi, j'ai un peu regardé... Pas trop, parce que j'avais autre chose à faire. Mais c'était rigolo de se dire tiens, c'est un réseau social d'agents où les êtres humains n'ont pas le droit d'interagir. Ils peuvent juste regarder. Et j'y ai passé une heure, mais pas plus. Les agents, en plus, c'était rigolo. Ils commençaient à parler en français, puis ensuite en anglais, puis ensuite en chinois. C'est rapidement crypté pour nous, les êtres humains. Le temps que tu termines, que tu scrolles, il y a eu 12 000 messages en plus. Voilà. Et là, tu dis, waouh, 12 000 messages en une minute, 50 000 commits en une journée. OK. Combien de PR ? Et donc, moi, je dois reviewer 9200 PR. OK.

Bruno:
D'environ 4000 lignes chacune en plus.

Antonio:
Voilà. Ouais, donc...

Bruno:
Mais tu vois, au-delà de la complication que ça apporte, parce qu'effectivement, les IA vont générer un volume qu'on est incapable humainement d'appréhender. Tu vois, je trouve que ça ajoute aussi une complexité à notre métier. C'est-à-dire que c'est une techno de plus où tu as quelqu'un du produit ou de la direction qui te dit, il faut mettre un LLM dans ton chatbot, ok, super. Mais du coup, c'est sur nous que repose le choix du bon LLM, l'intégration, que ça fonctionne bien, s'assurer que les réponses sont toujours pertinentes, toujours correctes, pas d'alucination, pas de recettes de tartes aux fraises ou je ne sais quoi.

Antonio:
Rapidement, on va te taper aussi sur l'épaule en disant, ça coûte super cher. Parce qu'on se dit, tiens, je vais prendre le meilleur modèle. À part que le meilleur modèle il coûte super cher donc comment je prends un modèle plus petit moins cher etc.

Bruno:
Donc tu vois tout ça je trouve que ça nous ajoute sur nous développeurs et développeuses comme une contrainte supplémentaire comme je le disais on nous a rajouté la cyber puis tu vois tu l'as dit effectivement le DevSecOps, DevSecOps ça commence à faire beaucoup tu vois je sais et puis le fait qu'effectivement maintenant quand tu bosses avec Claude ? Il génère des centaines de milliers lignes de code de manière extrêmement rapide. On a quasiment moins l'impression de travailler parce qu'on a l'impression que c'est l'IA qui fait tout. Je trouve qu'on a un métier qui est en transformation, mais même si on a l'impression qu'on a moins besoin de coder, j'ai l'impression qu'on se rajoute une complexité.

Antonio:
Oh que oui. Comme je disais, la DFC-COPCI, ça se rallonge. Comme tu dis, on nous demande le meilleur modèle pour tel use case, faire du RAG avec des données partout. Enfin bref, on fait des couches sémantiques aussi. Maintenant, on avait les trois couches, le back, le front, la base de données. Maintenant, on a besoin d'une couche sémantique, une couche pour le modèle. Parce que si tu donnes que du MCP à tes modèles et tu dis ma base de données, elle est là, mes outils sont là, mes tools sont là, mes machins, truc, c'est sympa. Mais le modèle il va vite être perdu donc maintenant on commence à avoir des couches sémantiques c'est à dire que on va agréger des tas de concepts, et on va pas exposer des tools ou des API ou des machins mais on va en fait exposer du sens et le seul interlocuteur ça sera l'LLM c'est pas pour nous c'est vraiment pour lui, donc tout ça se complexifie à côté on a des modèles qui génèrent énormément de codes Donc nous, notre stack, elle est complexe. En plus, on a maintenant des nouveaux collègues du bureau qui codent vachement plus que nous. Et bien, comme c'est une interface, on ne peut plus simple. Enfin, je pense que c'est l'avant-dernière interface. La dernière interface, ça sera, on se plug un truc sur le cerveau et on pense. C'est quand même une interface extrêmement simple. Et bien, on la met partout. Enfin, maintenant, on parle à tout le monde. On parle à sa bagnole. Enfin, on parle un peu à tout le monde. Donc, on en mettra dans les frigos, dans les toasters, les blenders, le réveil matin des gamins, etc. Donc on va en mettre partout, Donc il faut coder d'autant plus vite, ça ne sera pas nous, ça sera les agents, et une stack qui est de plus en plus complexe. Donc bientôt, Kubernetes, ça sera fastoche presque.

Bruno:
Mais alors ce qui est intéressant, c'est que pendant l'espèce de paradoxe, tu l'as dit, on a des nouveaux collègues qui arrivent, qui génèrent du code beaucoup plus que nous, mais on a quand même un métier qui se complexifie est-ce que, c'est deux paradigmes de se dire qu'on a des gens qui arrivent pour faire ce métier sans avoir toute la formation ou toute l'expérience qu'on a eu parce qu'on a quand même aussi appris dans la douleur, nous on a fait des mises en prod qui ont complètement planté on a fait, un délit avec on a oublié de mettre une clause qui du coup a supprimé un peu trop d'éléments, on en a fait des erreurs qui restent en toi et qui te font un apprentissage. Et donc on a d'un côté des gens qui arrivent qui n'ont pas tout ce bagage-là faire ce métier-là, mais en même temps on a un métier qui se complexifie avec ces outils-là. Est-ce que c'est possible d'avoir ces deux paradigmes en même temps ?

Antonio:
Moi je suis tout sauf un doomer, mais j'ai lu deux articles là, en six mois, hyper intéressants, dont un avait un titre accrocheur, mais toujours sur le même thème, la génération sacrifiée. Et ça m'a fait tiquer parce que ma grande, elle a 21 ans. Elle fait des maths et Claude Code lui fait du piton. Et je ne sais pas ce qu'elle fera comme taf. Prof de maths, a priori, non. Elle adore les maths, mais que faire ? Et c'est vrai qu'elle se dit, informatique, pourquoi ? Et en fait, je regarde ma gamine, je lis l'article et je me dis « c'est la génération aux sacrifices ». Et l'article était un peu sombre parce qu'il disait « bon, les facs, elles sont à la ramasse. Au mieux, elles font du tchat GPT avec les gamins, les gens à la faculté. Au mieux, les élèves trichent un peu avec du tchat GPT à la maison. Au mieux. », Et ils arrivent dans le monde du travail, qui est en plein darwinisme. C'est-à-dire que moi, mes clients, j'ai même des clients des grosses grosses boîtes. Les grosses grosses boîtes, ils sont partout. Mais moi, j'ai même des clients qui ont des devs partout. Et les projets IA, comme il faut que ça aille très très vite, ils les mettent aux US. En disant, l'Europe, c'est trop lent. Donc je vois ma gamine les profs qui sont à la ramasse ma gamine qui va trouver du taf dans 2-3 ans une industrie qui dans 2-3 ans sera sur des tapis roulants à Donf, où il y a des boîtes qui se disent même il faut que je gagne 4 mois et bah je vais aller aux US, donc les articles étaient un peu pour le coup un peu d'humeur en disant. Voilà, moi je suis ingénieur ça m'a pris 5 ans j'ai fait de l'algebra de boules, etc etc, tu vois, ma gamine, elle va pas faire tout ça elle aura un assistant qui va pondre du piton qu'elle pourra même mettre en prod tu vois, il y aura peut-être des bouts de machins qui partiront en prod et une industrie, qui est en train d'aller à fond la caisse je disais, j'ai mes petits cheveux blancs ont fait que j'ai connu quand même quelques ruptures. L'internet, surtout en France, avec le Minitel qui tirait des cas de fer, ça allait moins vite quand même. Donc là, il y a une accélération, une complexité de notre métier, une accélération des besoins. Les boîtes, elles veulent en mettre partout. Et les juniors qui arrivent avec des profs qui leur ont dit, il ne faut pas faire du tchat GPT parce que c'est mal.

Bruno:
C'est triché.

Antonio:
Et là, j'étais à une table ronde, pas de bol des grosses grosses boîtes, Qui voient déjà le wagon, il est devant là. Elles savent qu'elles ont du retard. Il y a une boîte que je ne nommerai pas à 400 000 employés quand même à travers le monde. Donc bon, voilà. Qui se dit, soit je vire mes 350 000 employés, soit je les forme. Donc ils ont des plans de formation à l'IA sur 5 ans. C'est des millions de dollars autant vous dire qu'eux ils vont pas prendre un petit jeune qui sait juste tricher avec chat GPT ils sont occupés à former leur employé, pour qu'ils l'espèrent dans 1, 2, 3 ans ils aient déjà une masse, ils savent utiliser l'IA et à tous les étages la comptable etc, le petit jeune qui sort de la fac avec je sais tricher avec chat GPT dans 2 ans ça va être un peu chaud donc c'était la génération sacrifiée moi je disais ça en regardant ma gamine je me disais oh punaise ça va être chaud donc ouais, à part dire à tout le monde il faut s'y mettre, et au corps enseignant.

Bruno:
— Mais tu vois, ce qui est compliqué, c'est que ça fait des années qu'on a des calculettes. Et pourtant, à l'école, on nous apprend encore à faire des opérations. On part du principe qui, je pense, est quand même un peu sain. C'est de se dire qu'avant de savoir utiliser un outil, il faut savoir faire ce que fait l'outil. Et l'outil te permet de le faire plus vite. Alors moi, effectivement, je pense qu'on a à peu près le même âge. On était une génération, on nous a dit à l'école, vous n'aurez pas toujours une calculatrice sur vous, pour donc sachez faire vos opérations, bon il s'avère que maintenant on a tout le temps une calculatrice sur nous mais ça c'est un autre débat, et j'ai vu il n'y a pas très longtemps une conférence de Arthur Mensch, fondateur de Mistral, qui disait il est important d'apprendre à utiliser ces outils, mais il est aussi important d'apprendre à faire sans eux, pour tout un tas de raisons, parce qu'en fait, potentiellement à 15h, tu avais pu ton budget de token et donc il faut que tu termines ta journée en faisant les choses à la main ou peut-être que, je sais pas, il y a des coupures budgétaires ou peut-être que t'as plus accès à l'outil pour des raisons X ou Y, il faut aussi savoir faire sans. C'est-à-dire que toute cette période de formation, on doit apprendre forcément, aux jeunes à faire un métier sans utiliser ces outils-là. Mais qui sont pourtant des outils formidables aussi pour apprendre. Donc tu vois, je pense que c'est compliqué la remise en cause de la formation en ce moment, c'est un peu.

Antonio:
Mais la calculatrice est un bon exemple. Franchement, un jour, peut-être à la retraite, lorsque j'aurai du temps, j'adorerais me plonger sur l'histoire de la calculatrice, comment elle est arrivée à l'école. Je suis sûr qu'il y avait des réfractaires à l'époque, des profs qui disaient « Non, non, c'est terrible. » Les avancées qu'elle a permis, etc. Mais surtout, les bouleversements. Tu vois, parce qu'il y a un moment donné, on a dû dire aux profs « Ben si, on a dû revoir les programmes de maths aussi, tu vois ». Je me souviens encore, j'étais à la fac et j'avais demandé à mon prof de maths... La formule pour calculer pi. Il m'a dit, mais ça ne sert à rien. Je lui ai dit, non, mais je sais que ça ne sert à rien, mais j'aimerais calculer pi à la main, tu vois. Et donc, il m'avait... Donc, t'as ta calculatrice, je fais 3 fois pi divisé par machin, truc. Mais je lui ai dit, mais pi, en fait, on le calcule comment ? Et lui, il avait dit, non, mais là, t'appuies sur pi. Bon, il avait raison. Mais quand même. Et j'ai vu une super conférence TED. Alors, malheureusement, je n'ai pas retrouvé le nom. Sur un prof, un prof d'une université américaine, et en première année de licence de maths, il disait, moi, ce que je dis à mes gamins, donc, licence de maths, première année, 19, 20 ans, 18, 19, 20 ans, quoi. Modélisez-moi une cathédrale. Et j'avais trouvé ça superbe. Et il disait, justement, parce que je sais qu'ils ont manipulé un outil qui s'appelle calculatrice... Un outil qui s'appelle l'ordinateur avant, des langages. Alors bon, je ne sais pas si c'était en première année ou deuxième année, mais ils disaient, les gamins, il faut qu'ils connaissent R quand même. Et donc moi, en fait, ils arrivent et ils connaissent tout ça. Et je ne leur demande pas de connaître ça parce que je sais qu'ils le connaissent. Et je leur demande donc autre chose. Et j'avais trouvé ça super intéressant. Et donc, bah ouais, l'IA, peut-être pas à l'école maternelle, mais certainement au collège ou au lycée, bien sûr. Et pas que rédige-moi un poème à la forme de Molière, quoi.

Bruno:
— Ou une recette de sandwich à la manière de Victor Hugo, quoi.

Antonio:
C'est pas...

Bruno:
Mais d'ailleurs, c'est intéressant, parce que j'ai vu passer, je crois que c'était la semaine dernière ou la semaine d'avant, un graphe qui disait si on prend la population mondiale et que on colore les gens qui ont un compte chat GPT gratuit, et puis les gens qui ont un compte chat GPT payant et puis ceux qui sont les quelques-uns qui vont aller générer du code avec l'Aude tu vois en fait que la très grosse majorité de la population mondiale n'ont jamais touché, à l'IA, qu'il y en a une grosse portion qui a un compte chat GPT gratuit mais qui donc forcément est quand même très vite limité dans l'usage. Et je pense que, je crois qu'on en a déjà parlé sur ce podcast, mais pour beaucoup de gens, ils vont découvrir ChatGPT au travers d'un reportage au journal de 20h ou ce genre de choses. Il y a un journaliste à la télé qui va expliquer que c'est une révolution, et puis les gens derrière, ils vont tester, ils vont lancer le ChatGPT, ils vont effectivement demander, comme on l'a dit, une recette de sandwich à la manière de Victor Hugo. Ok, so what ? Enfin, tu vois, il n'y a aucune... Aucune appréhension pour eux. Il y a un côté hyper déceptif presque de se dire on m'a dit que c'est une révolution et puis en fait très vite je vois pas ce que je peux en faire et les résultats ne sont pas fous. Nous on est quand même un peu le nez contre la fenêtre sur ce sujet là.

Antonio:
Bien sûr mais tu vois les gamins ils utilisent la calculatrice à 10 ans je ne sais pas à quelle heure à quel âge, ma moyenne elle a 8 ans elle n'a pas encore mis le doigt sur une calculatrice bref, il y a un moment donné on dit ceci est une calculatrice, ma grande, je sais qu'elle avait fait du scratch pas de bol son papa l'emmenait dans tous les goûters les coding goûters, les machins mais je sais qu'au collège elle avait fait du scratch, c'est à dire que au bac ou même avant il y a des tas de gamins qui feront littérature des tas de gamins qui feront maçon des tas de gamins qui feront d'autres trucs mais tous ils savent au moins utiliser. Une calculatrice, un ordinateur, peut-être même certains auront fait un peu de scratch, tu vois. En tout cas, une chose est sûre, c'est que le starting block arrive, tu as eu ton bac, toi, ce que tu veux, c'est dev, et tu as déjà une connaissance de ces outils, comme tous tes camarades, mais c'est pas à ce moment-là qu'on va dire au fait, maintenant que tu veux être dev, on va t'introduire la calculatrice, l'ordinateur, l'algorithmie etc etc et donc je pense que l'IA va devenir une énième calculatrice on l'introduira comment, Au collège ou au lycée, je ne sais pas. Au début, peut-être pour faire proutre-proutre comme 4x4. Mais il y a un moment donné, quand tu fais une licence de maths, tu es super content d'avoir eu une calculatrice avec beaucoup de boutons que tu manipules déjà depuis une dizaine d'années. Idem l'ordinateur Tu vois moi Ma gamine Elle fait beaucoup de maths, Mais elle a un ordinateur à la maison Elle a fait du scratch au collège Donc elle sait comment ça fonctionne, Et l'IA il faut que ça soit pareil Après est-ce que tous les gamins Entreront dans des gros comptes Et feront de l'IA et feront du cloud code Certainement pas Mais pour celles et ceux Qui rentreront Ils auront déjà su ce que c'est qu'une calculatrice un ordinateur, une IA.

Bruno:
Mais donc, tu vois, toi, aujourd'hui, chez Microsoft, comme on le disait tout à l'heure, vous avez 11 000 modèles à disposition. D'ailleurs, je crois que c'est même pas un euphémisme. Je crois que vous avez vraiment 11 000 modèles à disposition. Tous ces modèles qui sont disponibles, c'est-à-dire que nous, on sait, il y a des modèles qui sont bien pour l'image, deux qui sont du text-to-speech, du speech-to-text, bref, on peut imaginer tout un tas de systèmes. Tout ça, en fait, Pour le commun des mortels, mais pour la majorité des gens, c'est quelque chose qui n'a pas de sens. Nous, on est en plein dedans. On a l'impression de se prendre une révolution de plein fouet. Mais en fait, pour le reste des gens, c'est quelque chose qui n'existe pas. Donc est-ce que c'est vraiment une révolution si pour la majorité des gens, ça n'existe pas ?

Antonio:
Il y a un chiffre, je ne veux pas trop dire de bêtises, mais chat GPT, si ma mémoire est bonne, c'est 500 millions d'utilisateurs en 6 mois. C'est-à-dire que c'est un truc extrêmement complexe derrière et extrêmement simple à utiliser. Et quand tu as une techno aussi simple, tu vas la mettre partout. Tu vois, aujourd'hui, la prise électrique, le plus, le moins, les câbles, la centrale nucléaire, tout ça, enfin voilà. Mais on a des prises électriques et je pense qu'aujourd'hui la plupart des êtres humains ne savent pas du tout comment, alimenter cette prise, ils mettent un truc à la rigueur, quand tu voyages t'as un petit adaptateur et en te disant pourquoi ils ne se sont pas mis d'accord sur un et un seul format et tu ne te poses pas trop de questions, et la force de chat de GPT à l'époque et de l'IA aujourd'hui, c'est que l'IA on va en mettre partout et on ne s'en rendra même pas compte, c'est à dire que monsieur et madame Michu, ils rentreront chez eux ils parleront à leur Alexa mais ils parleront à leur frigo et ils ne se poseront même pas de questions ils savent que le frigo est alimenté avec une prise électrique qui parle français et puis ça s'arrêtera là ils ne savent pas que la prise électrique est d'une complexité incroyable et que le frigo aussi donc je pense que. L'IA c'est la future prise électrique il y en aura partout parce que c'est super simple et il y aura, les personnes qui font tourner des centrales, et là je pense qu'il y a un peu de science, un peu de maths un peu d'ingénierie et il y aura les développeurs et les développeuses qui iront mettre l'IA dans les frigos parce que c'est un, lieu contraint, il faut avoir accès à internet, ça coupe, il fait chaud dehors, froid dedans, bref des tas de contraintes, donc c'est toujours c'est toujours des niveaux d'utilisation différents et, Monsieur et Madame Michou, ils ont peut-être pu les faire wahou parce qu'effectivement, ils continuent à demander des poèmes. Mais je pense qu'ils n'auront jamais les fait wahou parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus personne qui fait wahou face à une prise électrique. Et donc, quand ils parleront à leur frigo, il n'y aura plus les fait wahou parce que ça fait 10 ans qu'ils parlent à leur Alexa de toute façon.

Bruno:
Vous chez Microsoft comment est-ce que vous faites pour chez Azure surtout pour, essayer d'apporter justement de la simplicité dans tout ça parce qu'au delà du fait qu'il y a effectivement beaucoup de modèles disponibles t'évoquez aussi cette prise électrique qui est très simple mais la centrale nucléaire qui est quand même un peu plus compliquée on a évoqué Kubernetes, je ne sais plus si c'était sur l'épisode sur le compilé d'avant mais qui était un truc, c'est hyper compliqué mais ça te permet de faire de manière très simple un truc qui est hyper compliqué tu vois, comment est-ce que vous pouvez entre guillemets simplifier pour nous aussi en tant que développeurs et développeuses l'accès à ces technos-là ?

Antonio:
Alors moi, il y a un truc qui m'a ouvert les chakras, c'était il y a 6 ou 7 mois et je suis tombé dessus par hasard parce que justement, moi j'ai Microsoft Fondry devant moi, j'ai 11 000 modèles je clique, je fais des machins, des appels d'API et tout, puis j'avais loupé un truc, que Microsoft a créé et je sais pas si les autres l'ont créé aussi Mais c'est vrai que nous, on n'est pas bridé uniquement à OpenIA. Nous, on a 11 000 modèles. On a une grosse partie de Ging Face, etc. On a tous les modèles cloud. On a même Gemini en preview. Alors là, je n'ai pas compris le deal. Et donc, je ne sais pas si les autres le font parce qu'ils n'ont peut-être pas cette contrainte. Je ne vois pas Anthropik héberger 11 000 modèles, des choses comme ça. Mais en tout cas, nous, on a créé le modèle router. Et quand je suis tombé dessus, je me suis dit mais l'avenir c'est ça. C'est-à-dire qu'on interroge un modèle qu'on appelle le modèle router. Et tu ne te poses pas de question, c'est une API. Alors, en plus, comme tout le monde aujourd'hui, on a fait un copier-coller de l'API OpenAI. Donc, tu fais le même curl. Tu appelles un endpoint, un modèle router. Et derrière, il a, aujourd'hui, je ne sais plus, mais il a accès à une vingtaine de modèles. Encore, il a encore un GPT-4. Il a un deep-sync. Et oui, il a bien sûr, il est très, très gros. Et en fait, c'est super smart, mais tu poses une question à un modèle, enfin tu envoies un prompt à un premier modèle et lui, tout ce qu'il a à faire c'est quelle est la complexité de ce prompt, quel est le contexte on m'a demandé la date de naissance de Victor Hugo facile, GPT 4.1, allez hop on m'a demandé un truc hyper balèze avec un contexte de 50 000 tokens, sonnette 4.6. Et maintenant, je n'utilise que ça. Et en plus, on a énormément de clients qui disent ça coûte super cher. Bah oui, pourquoi ? Parce que les devs, ils ont mis le plus gros modèle qui fait absolument tout. T'es sûr que là, t'as pas faux. Et là, comment on fait pour diviser par deux ? Comment on fait pour réduire le contexte, réduire le machin, réduire le bidule ? Et là, tu dis, alors, attendez, parce que quand même, là, votre cas, bon, il est balèze, mais quand même. Utilisons le routeur de modèle. Et ce qui est pas mal, en plus, c'est que dans l'API de réponse, il te dit quel modèle est interrogé. Et donc là, les gars, ils font diviser par deux juste ça, tu vois. C'est qu'ils ont un contexte identique, prompt identique. Le modèle router dit, bon, Claude Sonnet 4.6, c'est peut-être pas la peine. Et donc, ne serait-ce que là, tu vois. Et puis après, donc là, il y a déjà, effectivement, on a 11 000 modèles. Soit tu veux celui-là parce que tu es un pro du modèle. Soit tu peux utiliser quelque chose d'un peu plus simple, comme un routeur de modèle. Et puis après ça, le RAG, pareil. Alors là, le RAG, tu as mille et un papiers, les embeddings, tu vois, comment je... Comment je donne une représentation du sens ? Tu vois, moi, les premières fois, quand on m'a dit, alors ça, c'est des modèles à part, c'est les embeddings, ils encodent le sens. Moi, je dis, non, on encode le contenu. Non, on encode le sens. Je dis, mais comment ça, le sens ? Donc, t'as pareil, t'as plein, plein de modèles. Selon si tu veux encoder du français, de l'anglais, facile, mais du français médical du français etc donc t'as plein plein de modèles comme ça et donc aujourd'hui t'as un peu des routeurs de modèles pareil où tu vas tu vas rembédé avec le meilleur modèle derrière donc, c'est compliqué et ça va se complexifier mais on a de plus en plus d'outils bon il y a l'outil l'outil numéro 1 c'est le markdown je pense que ça. Voilà, maintenant on te dit, il faut créer un agent, tu te dis, oh, il faut créer des skills, c'est compliqué, ben non, tu fais du markdown, voilà. Donc, ça se complexifie, mais l'outillage arrive. Bon.

Bruno:
— Ce qui est assez marrant, c'est que dans ce que tu décris, tu parles des notions de prix, des gens qui vont utiliser un modèle qui n'est pas forcément adapté aux besoins, parce que trop compliqué, trop lourd, ou peut-être par rapport à la demande. Je sais pas pourquoi, mais je retrouve un peu des débats qu'on avait peut-être il y a 20 ans, au début du web en disant, ben non, la techno pour créer un site web, c'est du Ruby on Rails, non, il faut faire du PHP, non, il faut faire de ceci, cela. En fait, c'est un peu les mêmes choses. C'est-à-dire que tu as des gens qui ont créé des sites en prenant des technos hyper complexes, hyper lourdes pour faire une simple homepage d'un, je ne sais pas, d'un coiffeur ou je ne sais quoi. Enfin, tu vois, il y a eu des usages comme ça. Est-ce qu'au final, c'est pas la même courbe qui est en train de se mettre en place ?

Antonio:
Mais on est au dev, c'est coop, c'est AI, tu vois, c'est que bien sûr, ça se complexifie et on en revient à, punaise, moi, je trouve que la première marche, elle est haute, quoi. Moi, je suis arrivé, alors déjà, j'avais mon petit bac plus 5, j'étais à peu près câblé, mais la première marche, je suis sorti de l'école et je suis arrivé au boulot, bon, voilà. Là maintenant ça fait une sacrée marche c'est à dire que, il faut pas maîtriser ça parce que ça va à une telle vitesse que tu peux pas maîtriser mais si en 2026 tu sais pas ce que c'est que du RAG, ou du MCP comment vas-tu appréhender les skills le ACP, des trucs qui arrivent donc on en revient au métier de dev c'est. Taper du code avec un assistant soit, comprendre à peu près ce que fait l'assistant, ok, mais c'est tout ce vocabulaire qui a un historique, c'est-à-dire que les patterns, tu vois, moi, lorsque je suis devant, là, je fais de plus en plus TypeScript, je n'y connais rien, ben, j'y connais rien, et puis je demande à mon LLM de m'aider, et il va me dire, ça, c'est une API de proxy. Bon ben voilà, je sais ce que c'est qu'un proxy je connais le vocabulaire après il l'implémente comme ça en TypeScript, oui soit il utilise un machin que je connais pas mais je sais que c'est un proxy c'est à dire qu'on a un vocabulaire historique, il faut savoir ce que c'est qu'un proxy et puis on a tout ce vocabulaire qui arrive, qui change en plus, donc on a effectivement le defc copse AI tu vois ça devient et puis on a même oublié le network on en remarque hop euh euh, C'est hyper compliqué. Ça va très très vite. Il faut connaître le vocabulaire du passé. Et il faut aussi connaître le vocabulaire du présent. Parce que l'avenir arrive vachement vite.

Bruno:
Dans cette accélération que tu évoques, il y a aussi un phénomène qu'on voit qui est assez fou. C'est que maintenant, on chiffre de la future à une vitesse qui est colossale par rapport à avant. Et je sais pas si j'ai vu passer ça il y a une, donc il y a une vraie remise en cause du manifeste agile qui est en train de se mettre en place parce que manifeste agile on se dit on fait des sprints de deux semaines aujourd'hui en fait tu peux avoir une personne qui est avec son cloud son cursor, son ce que tu veux qui en une journée est capable de te, sortir l'équivalent de ce que une équipe fait en deux semaines sur un sprint, donc maintenant on parle de Bolt je crois et donc il y a même, il y a des boîtes qui essaient de limiter le fait de faire 3 bols par jour l'équivalent de 3 sprints avant de dire on n'en fait pas plus de 3 par jour parce qu'en fait sinon, on n'arrive pas à suivre tu vois il y a quand même, le rythme avant déjà tu avais ton backlog qui était un truc qui était rempli tu disais ça va j'ai du boulot pour 3 ans maintenant tu le regardes tu te dis peut-être que la semaine prochaine je ne sais pas quoi faire c'est.

Antonio:
Complètement dingue moi je me souviens je t'entends parler et je me voyais à une mission dont je tairais le nom et tu vois, début on crée l'équipe, ça se met en place etc etc et le Scrum Master était là, bon alors machin, il y a les potistes jaunes les potistes roses, machin, bidules les sprints de 3 semaines etc etc, il va falloir mettre des poids sur les tâches, je vous propose d'utiliser la suite de Fibonacci, et tu parlais de ça et j'ai pensé à ça parce que c'est vrai que tout ça est devenu ridicule, ça c'est un poids de 2, ça c'est un poids de 7 tu vois à la rigueur c'est utiliser Claude Sonnette et Claude Opus à la rigueur c'est que t'en es là. Tu vois là moi je je bosse sur copilote CLI c'est-à-dire que même Microsoft a le copilote qu'on connaît tous et depuis 6 ou 7 mois on a la CLI qui est script en TypeScript, c'est pour ça que je me mets au TypeScript, punaise on chip 2-3 fois par jour. Et l'époque de on va se mettre autour de la table, on va secouer le bignou et on va faire une étude et dans deux mois où on vous dit si on peut utiliser cet outil ou pas, et bien ça va être chaud avec des releases trois fois par jour, et trois fois par jour parce qu'on est sur les 3-8 de la planète Terre mais quand on va mettre des agents qui vont comiter on sera à je ne sais pas combien par jour. Même nos clients nous disent nous disent bah oui nous on utilise la dernière release on update trois fois par jour, alors j'espère qu'on fera pas ça pour toutes les industries j'espère qu'Airbus ils vont pas se mettre à réaliser 4 fois par jour leur firmware mais pour des outils comme ça, bon voilà on met à jour alors déjà avec les téléphones on avait pris l'habitude de mettre à jour des applis, tu te dis bon forcément c'est mieux, mais ça c'est du B2C, maintenant du B2B moi mes clients ils s'en fichent ils veulent le dernier update maintenant, Donc eux, ils sont habitués déjà à la maison, ça fait 10 ans qu'ils mettent à jour leur Android. Maintenant au boulot, ils voient tous ces outils qu'ils mettent à jour, leurs clients aussi. C'est que tout le monde tire un peu, je ne vais pas dire vers le haut mais tire la ficelle c'est à dire qu'à un moment donné même mes clients finaux qui se sont habitués à la maison à mettre à jour 10 fois et maintenant au boulot, ils utilisent des outils qu'ils mettent à jour 4 fois par jour et même eux ils sont sollicités et ils ont des utilisateurs finaux qui disent votre truc il est bugué comment ça attendre 4 mois mais vous êtes fou.

Bruno:
Et puis au milieu, il y a vous avec GitHub qui vont retrouver à voir tous ces gens qui pushent 8 fois par jour qui vont trouver à voir.

Antonio:
Tant que c'est les êtres humains qui pushent ça se qu'est dès que c'est 50 000 comits faits par des agents sur une journée ça va être chaud.

Bruno:
C'est marrant parce que tu as évoqué le cas d'Airbus je me permets une petite disgression parce que le cas est marrant, en ce moment je fais une émission en live sur TikTok qui s'appelle la stack des autres, où en fait je vais décortiquer la stack d'autres entreprises, c'est-à-dire je fais des recherches et je regarde un peu les technos qu'ils utilisent et je donne un peu mon compte-rendu et mon avis sur ce qui est fait, et j'en profite du coup pour faire un peu de vulgarisation sur certaines choses et figure-toi que donc là on est vendredi quand on a rejet de ça, mercredi j'ai fait l'émission de la semaine et j'ai fait la stack d'un avion Airbus, et donc j'ai décortiqué techniquement comment fonctionne un avion Airbus et donc tu dis, t'espères que Airbus le fera pas je pense que l'avion Airbus est peut-être parmi ceux qui sont le plus prêts à le faire. Parce que déjà, eux, ils n'utilisent que du ADA pour toutes leurs technos internes. Donc déjà, ils ont un système qui est quand même hyper fiable et hyper stable. Parce que si vous ne connaissez pas le langage ADA, je vous invite à aller vérifier un peu ce que ça permet de faire. Mais surtout, ils ont Airbus, ils ont créé un outil qui s'appelle... SCADE qui leur permet d'avoir une formalisation mathématique de l'absence formelle de bugs sur chaque ligne de code, et que leur système c'est à dire que chaque donc ils ont 7 ordinateurs de bord. Qui sont 7 configurations hardware différentes pour éviter que tu aies des problématiques et sur chaque machine tu as des logiciels qui font la même chose mais codés différemment qui permet du coup d'avoir un contrôle donc sur chaque machine t'as deux logiciels qui font la même chose mais pas codés de la même façon donc c'est quand même tu vois il y a quand même un truc et donc avec leur truc de Skade ils ont une formulisation en mathématiques de l'absence de bugs sur les 18 millions de lignes de code incroyable qui sont hébergées sur un avion donc à mon avis eux ils sont prêts tu vois à passer à l'automatisation peut-être par ça c'est.

Antonio:
L'ingénierie pure et.

Bruno:
Dure quoi là on est sur un niveau d'ingénierie assez fou Mais je reviens sur un autre épisode qu'on a fait il y a quelques semaines. On a reçu Julien Lépine d'AWS qui nous a raconté qu'ils ont complètement réécrit Bedrocks avec de l'IA. Le projet de base devait prendre 18 mois avec deux personnes, avec deux équipes. Deux ou trois équipes je crois et au final ils l'ont fait avec une petite équipe de six, en j'ai plus le chiffre exact en tête mais je crois que c'est l'ordre, de sept mois tu vois quelque chose comme ça alors Bedrock tu vois on est quand même sur un truc un peu coeur chez AWS donc sur les jours je trouve qu'il y a une contraction des roadmaps qui est en train de se faire et aussi des équipes nécessaires pour le faire qui est à la fois fascinante, et à la fois un peu presque un peu inquiétante tu vois je sais pas comment vous chez Azure, chez Microsoft Est-ce que vous avez aussi ce genre d'expérience ?

Antonio:
Oui, nous, on a eu une CLI qui n'existait pas il y a 6 mois. Microsoft et toutes ces boîtes-là, c'est des boîtes. Moi, je suis sur Mac depuis 15 ans. Avant, j'étais sur Linux, etc. Mais souvenez-vous, c'est Windows 3.1, Windows XP. C'est en plus des boîtes qui maintiennent, c'est-à-dire qu'il y a encore du Windows XP sur Terre et c'est encore maintenu. Je ne sais pas si vous imaginez le délire. Donc c'est des boîtes qui ont ces contraintes là mais qui en même temps font le grand écart qui vont à toute vitesse et puis une boîte comme Microsoft ou les autres vous imaginez bien qu'on va pas vibe coder un portail azur le mettre en prod, que ça parte en cacahuète qu'on leak des machins là c'est le Nasdaq qui s'effondre la planète Terre, vous voyez c'est complètement fou, et là tu parles VWS, moi je suis toujours, je cite toujours l'exemple d'Amazon, le site web d'Amazon enfin je pense qu'on a oublié mais ce site web il a pas bougé depuis 20 ans on continue à faire nos courses dessus mais c'est le truc le plus obsolète qu'on utilise au quotidien, On est en train de parler d'Amazon, quoi. Il y a du lourd derrière. S'ils n'ont pas pu refactorer leur truc et le mettre au goût du jour, c'est parce que techniquement, ils ont dû essayer 30 fois, ils se sont plantés 30 fois. Et je pense que ça doit être super compliqué.

Bruno:
Mais c'est aussi que le format actuel fonctionne.

Antonio:
Oui.

Bruno:
Pourquoi réparer quelque chose qui n'est pas cassé ?

Antonio:
Bien sûr. Oui, bien sûr. Et puis, à un moment donné, on parle d'Airbus. On fait des métiers différents. et il y a un moment donné, tu peux te permettre d'aller vite la CLI où on la chip 4 fois par jour si ça casse, de toute façon on la rechip et si ça génère pas du code pendant 10 minutes, c'est pas grave, Airbus ou un portail ou des données ou des choses comme ça tu vas faire vachement gaffe.

Bruno:
Bien sûr Et donc chez Microsoft aujourd'hui vous, alors je sais pas parce que toi t'es plutôt en contact avec les clients de Microsoft Mais je ne sais pas si tu as une vue sur le code qui est généré par Microsoft. Je ne sais pas si tu sais quelle est la proportion de code aujourd'hui qui est généré par Copilot et autres sur des releases.

Antonio:
Je n'ai pas les chiffres. En tout cas, nous, donc il y a trois ans, on nous a dit il faut vous mettre à l'IA. Il y a deux ans et demi, on a dit, on a reçu des mails, etc. A partir de maintenant, lorsque vous embauchez quelqu'un, c'est IA, et c'est quelqu'un. C'est-à-dire que la secrétaire, la comptable, IA. Donc on nous force à utiliser l'IA au quotidien. C'est-à-dire que tu rentres de vacances, on a les tutos sur tu rentres de vacances, t'as 412 mails, surtout il ne faut pas les lire. Donc, bien sûr qu'on nous encourage à utiliser nos propres outils, donc à utiliser nos CLI, nos VS Code pour gérer nous-mêmes notre code. Et là moi je vois, j'interviens plus sur la partie CLI en TypeScript, bah oui, j'ai pas les chiffres mais clairement vu ce qu'on release, vu ce qu'on sort, vu ce qu'on merge, vu ce qu'on c'est pas que des êtres humains derrière, ça c'est sûr et certain, en plus, un mec comme moi, tant mieux parce que TypeScript, je connais pas donc quand je pousse une feature tu vois, je demande 4 fois moi à l'LM, j'appuie sur un bouton, ils ont une pipeline que je comprends pas qui me dit c'est vert et puis voilà donc même moi, c'est à dire que je développe maintenant dans un langage que je connais beaucoup moins, j'ai mon LLM qui me génère mon code que je comprends à peu près, lorsque je comprends pas je demande à mon LLM pour qu'il me l'explique et on en revient au vocabulaire je comprends ce qu'il vient de me dire, et puis après la feature elle est poussée et en tout cas moi le code que je commite en TypeScript, j'en tape pas beaucoup à la main quoi.

Bruno:
Est-ce que ça a changé ton rapport à notre métier ?

Antonio:
Bien sûr. En fait il y a même j'ai écrit 8 livres, Java E5 en français, qui a pas mal cartonné à l'époque et comme il a cartonné il y a après ce qu'il est venu me voir et il m'a dit tu voudrais pas écrire en anglais mais ouais, Java E6 I speak English quite well mais bon quand même j'utilisais les ancêtres de Dippel, des choses comme ça donc, j'ai écrit tous mes livres de manière artisanale avec quelques outils un traitement de texte alors moi j'écris avec de la ski doc mais bon bref tu vois un petit outil quand même c'était mon idéux, un petit outil qui tu vois d'epl qui me permet de machin, et mon dernier livre là sur le long chain 4g alors comme je l'ai commencé il y a un petit bout de temps, je l'ai commencé à la mano avec mes petits outils comme d'hab mais la deuxième version j'ai pas mal utilisé l'IA. Et je me suis dit, mais en fait, ma pluie à lui, elle est où ? Est-ce que c'est rédigé du Shakespeare ? Ou est-ce que c'est, ce qui me passionne le plus, imaginer la table des matières, tu vois ? Imaginer le déroulé, comment j'enseigne une techno, comment j'explique A avant B mais après C, quel code mettre ? Donc, en fait, le livre était déjà fait, la première version, mais je me suis dit, en fait, le métier de mon futur livre, ça sera moi qui mets en place la structure. En plus, avec la ski-doc, tu vois, tu mets machin. Après, je tape mon code. Alors, à l'époque, je le tapais tout seul. Maintenant, je vais me faire aider. Mais ça me permet de mettre mon code. Je l'inclus dans ce machin donc là j'ai de la ski doc du level 1, 2, 3 j'ai des bouts de code je balance des phrases je me dis là il faudrait faire ça là il faudrait faire ça, et puis après en fait écrivain c'est pas remplir le blanc en fait je vais demander à un LLM de produire les 4 phrases en bas et les 4 phrases en dessous, et là je me suis dit en fait mes prochains livres s'il y a des prochains livres, je les appréhenderais de manière différente. Je dirais toujours que je suis un écrivain. J'ai juste utilisé d'autres outils, mon IDE pour faire de la skidoc, Dipple, peut-être même pas remarque, et un LLM. Et bien maintenant, c'est pareil. Et en fait, je me dis la plus-value du dev, et ça rejoint ce qu'on disait au début. Uniquement codé. Et je reviens sur le distinguo entre codeur et développeur. Et peut-être que notre plus-value aujourd'hui, c'est d'être des devs. Et des devs, c'est pas que taper du code, puisqu'on a quelqu'un, on a un nouvel outil qui va taper du code. Et nous, on fera le dev, c'est cop, c'est AI qui se complexifie avec les 50 000 commits par jour.

Bruno:
Est-ce que ça veut dire que du coup, tu pourrais peut-être imaginer un système où toi, tu livres que ton ASCII doc rudimentaire on va dire, et du coup tu pourras dire aux gens tu veux plutôt une version en 100 pages plutôt en 200 pages, plutôt en 1000 pages, et du coup en fonction de... Ça génère le truc à la volée.

Antonio:
C'est une super idée mais en fait il faudrait presque dire on a combien de tokens tu veux, et puis dire moi j'ai un LLM avec 1 million de tokens j'achète le PDF à 20 millions de tokens, je le mets dans mon LLM et je lui pose des questions et il me résume.

Bruno:
T'as vu passer, il y a quelques semaines, j'oublie tout le temps son nom, je ne suis pas très bon avec les noms, le CEO de Nvidia, Ah oui, Jensen, qui disait qu'il faut considérer le budget token comme étant un avantage au même titre que la mutuelle, les tickets restaurants et autres, et qu'en fait, un développeur que tu vas payer 150 000 ou je ne sais pas combien de milliers d'euros ou de dollars qu'ils ont là-bas. Si tu n'as pas un budget équivalent, enfin, dans certaines proportions, en token, en fait, tu perds complètement de l'argent. Il faut aussi t'assurer que les gens le consomment, parce que s'il n'est pas consommé, c'est qu'il n'est pas...

Antonio:
Et bien justement, tout à l'heure, je parlais de ces grosses boîtes. Alors je n'ai pas encore beaucoup d'exemples, mais je l'ai déjà entendu deux, trois fois. Ces grosses, grosses boîtes internationales qui se disent maintenant mes projets IA, ils vont être aux US. Et c'est souvent en partie pour ça. C'est-à-dire que l'Europe, c'est compliqué, c'est lent. Tu vois, ton modèle, t'es 4 millions de tokens, il faut que t'ailles voir la RH, le truc, le machin. On te dit non, non, tu utilises Cloud, sinon rien. Alors que tu dis non, GPT pour ce use case là. Et en fait, je te passe même les Hayact, le RGPD qui fait toujours un petit peu peur. Et en fait, bah ouais, moi j'ai des grosses boîtes qui se disent j'ai une bonne R&D en France, mais je vais plutôt ce projet là, je vais plutôt le mettre là bas parce qu'ils peuvent aller très très vite. C'est à dire qu'ils ont accès à une carte bleue ils achètent les millions de tokens qui veulent ils utilisent l'outil qui veulent IntelliJ, VS Code, Cloud, Coopilot je m'en fiche je veux juste que le truc y ship et alors là c'était malheureusement des cas très très vrais, et on les connait tous ces grosses boîtes et malheureusement soit c'est vrai soit c'est un peu devenu. Tu vois, devenu un peu la légende, l'Europe, tout est compliqué, alors on va faire ça ailleurs. Mais il y a malheureusement deux cas que j'ai vus de mes yeux vus, et c'était vraiment vrai, quoi. C'était se dire, bah, flûte, laissez vos devs cramer du token, utilisez le modèle qu'ils veulent, caper à minima, et laissez-les faire, et tu vois, c'était l'époque, punaise, moi je me souviens, quoi. Mais j'arrivais avec mon Mac et mon IntelliJ ID, et on me disait, tu vas bosser sur Windows et sur Eclipse. Je me dis mais pourquoi je suis là je suis là pour bosser sur votre projet ou je suis là pour utiliser Eclipse sur Windows enfin ça n'a pas de sens quoi, et donc là c'est un peu pareil brider les gens et dire tu feras de l'Eclipse sur Windows, c'était débile et là dire bah non t'attends qu'on ait secoué le bignou et qu'on te dise dans 4 mois quel outil, quel modèle combien de tokens t'as droit et bah il s'est passé 4 mois et aujourd'hui franchement 4 mois c'est énorme.

Bruno:
Il se passe beaucoup de choses canon, merci beaucoup Antonio pour toute cette discussion j'aurais deux dernières questions pour toi qui sont les questions rituelles du podcast la première c'est est-ce qu'il y a un contenu que tu souhaiterais partager avec l'ensemble des auditeuristes ?

Antonio:
Alors, moi j'aime beaucoup Anthropik je trouve qu'ils ont des super cours en ligne ils ont des podcasts des interviews, voilà, moi j'ai je vous conseille d'aller sur Anthropik je crois que c'est skillsjar anthropic.com ils ont plein de petits cours assez faciles les LLM 101, code code 101, qu'est-ce qu'une skills qu'est-ce qu'un machin et ils ont des podcasts, Où voilà, ils parlent un peu de leurs soucis techniques. Même eux, tu vois, ils sont rigolos parce qu'ils sont en train de faire l'avenir sans savoir ce que c'est l'avenir. Tu te rends compte, MCP, c'était un peu un hasard. Claude Code aussi, la CLI, c'était un peu un hasard. Voilà, même eux, ils ne savent pas trop où ils vont, mais ils vont. Et ils parlent de ça, je trouve que c'est toujours assez marrant. Donc voilà, moi, ça fait un petit bout de temps que je suis leurs cours, leurs articles. Ils ont des super articles, leurs podcasts. Donc, je dirais Anthropique.

Bruno:
OK, très bien. Et dernière question la plus importante de ce podcast. Antonio, tu es plutôt espace ou tabulation ?

Antonio:
Un petit peu déçu, Bruno, que tu me poses cette question en 2026, parce que d'après toi, qu'est-ce que je vais faire ? Espace, c'est la convention dominante en Java et dans la plupart des langages modernes. Java, c'est moderne, c'est lui qui le dit. Les standards recommandent 4 espaces par niveau 4, pas 2, parce que maintenant, on a des 38 pouces. De toute façon, 4 espaces. Les tabulations posent des problèmes d'affichage selon les éditeurs et rendent les diffs moins lisibles.

Bruno:
Ok. Très bien. Merci beaucoup, Antonio.

Antonio:
Merci à toi Bruno.

Bruno:
Merci à tous d'avoir reçu cette conversation. Donc voilà, on a effectivement un métier qui est en train de changer. Mais je pense qu'il y a une révolution qu'il faut embrasser. Comme le disait Antonio, on n'est pas codeur. On est avant tout des développeurs et des développeuses. Donc il faut aussi profiter de ce changement de métier qui nous déleste aussi d'une partie du métier qui n'était peut-être pas la plus intéressante d'aller taper des lignes de code. Donc profitons-en, continuons à explorer. Et puis à explorer aussi la différence entre TCP et UDP parce que c'est aussi un point important. Sinon, moi comme toujours, je vous remercie de partager ce podcast autour de vous. N'hésitez pas aussi à aller checker le MCP de FTTD qui est super utile, que vous pouvez avoir directement dans votre cloud code ou dans votre curseur pour avoir toute l'expertise qui a été partagée en sept ans de podcast ici, mcp.fttd.io. Je vous remercie beaucoup, je vous souhaite une très bonne fin de semaine. Je vous dis à la semaine prochaine et d'ici là, codez bien.